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© DUKAS

Meghan, un «ouragan» à Buckingham

Publié dimanche 3 février 2019 à 13:32
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Publié dimanche 3 février 2019 à 13:32 
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Capricieuse, autoritaire, dépensière, la duchesse de Sussex est torpillée par la presse britannique. Elle a mis Harry au régime sec et bouscule les habitudes des Windsor. Mais, à trois mois d’accoucher de son premier enfant, l’Américaine ne lâche rien.
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Depuis quelques mois, dans la constellation Windsor, Meghan Markle est celle par qui le scandale arrive. La pièce mal ajustée d’une drôle de mosaïque. «La Firme» en a formaté d’autres bien avant elle. Mais il faut avouer que la désormais duchesse de Sussex est hors norme. On la savait Américaine, actrice, divorcée, métisse, indépendante, belle et élégante. Menant depuis bien longtemps sa vie de femme libre avec de la personnalité, du tempérament et un éclat qui, volontairement ou pas, peut faire de l’ombre et attiser les jalousies.

Pour la monarchie, sa façon de capter la lumière est un bonus. Destiné, pensait-on, à donner du relief au tableau et à faire entrer un vent frais dans les couloirs de châteaux séculaires. On ne croyait pas si bien dire. Avant ses noces, la belle a tenté de faire désodoriser la nef de la chapelle Saint-George afin de la débarrasser de l’odeur d’humidité qui y régnait. Sapristi! Cette brise rafraîchissante, cette figure porteuse de régénérescence est un véritable ouragan. C’est même devenu son sobriquet.

>> Voir la galerie de photos "Le baby bump de Meghan"

Dukas/Polaris, Karwai Tang/WireImage, Jeff Spicer/Getty Images
Depuis une année, la duchesse de Sussex aurait dépensé 995 245 francs en robes et accessoires. Ici, une tenue de soirée Roland Mouret à 6000 francs (1), un ensemble Givenchy à 24 000 francs (2) et une robe Dior à 10 000 francs (3).

Depuis son mariage avec le prince Harry le 19 mai 2018 et en marge de sa grossesse – elle est enceinte de 6 mois – Meghan alimente un feuilleton quotidien assez peu flatteur dans la presse britannique. Le spectre de Lady Di, dont elle porte certains bijoux et mélange les couleurs, comme le vermillon et le violet à Birkenhead le 14 janvier, n’est jamais loin.

Aisance et aplomb

C’est que Meg est volontaire. Elle sait y faire. Elle ne se soustrait jamais à ses obligations, évolue en public avec une aisance et un aplomb rares, la main toujours posée sur son ventre rebondi et chaussée d’escarpins aux talons vertigineux. Comment fait-elle? Elle les choisit toujours une pointure au-­dessus, afin de ne pas souffrir.

La première «victime» de Meghan est consentante: c’est Harry, son mari. Transi d’amour, on le dit hypnotisé, et même un peu soumis. Mais que lui a fait l’envoûtante Californienne? Elle l’a mis au régime végane, ce qui a eu pour effet de lui faire perdre du poids. Il a arrêté la cigarette, l’alcool, mais aussi le thé et le café. Ce qui a l’heur de l’apaiser. Elle a, comme tant d’autres femmes, éloigné ses amis et amies les plus dévoyés. Meghan a ensuite revu la coupe de ses vêtements. Harry, désormais, est plus chic. Enfin, elle l’a initié à la pratique du yoga méditatif, auquel elle se consacre en vue de son accouchement, et l’a mis au sport. Le cadet de Diana est désormais membre d’un club de fitness sélect, le KX Private Members Health Club de Chelsea, dont la salle des engins possède un parquet de bois façon voilier et dont l’interminable règlement stipule que les membres ne doivent pas s’incommoder mutuellement avec leurs odeurs corporelles.

Dukas/Polaris et Paul Ellis/AFP
Les faux pas cumulés de Meghan en visite chez la reine ont troublé Kate, qui lui prodiguait ses conseils. Entre la star californienne et la future reine, l’entente aura été de courte durée. A l’occasion des préparatifs du mariage de la duchesse de…


Mais est-ce vraiment un mal? Harry, assez impulsif et imprévisible, s’est assagi. Meghan a compris que, une fois devenu père, il verra ressurgir les tourments psychologiques engendrés par la disparition brutale de sa mère. Une épreuve qu’il affrontera seul. Sans tenir la main de William, tenu à distance désormais. Le courant ne passerait pas entre lui et sa belle-sœur. Avec elle, Wills, le futur roi, serait un peu froid. Le prince Charles, qui s’en est ému, lui aurait demandé de faire un effort.

Meghan serait-elle à ce point irascible? Des témoins rapportent qu’elle a réussi à faire pleurer Kate au prétexte que la robe d’enfant d’honneur que devait porter sa fille Charlotte n’était pas assez seyante à son goût. La duchesse de Cambridge avait pourtant prodigué de précieux conseils à sa belle-sœur, nouvelle arrivante. Notamment lors de son premier Noël chez la reine. En cette occasion, Meghan avait multiplié les écarts de conduite et Kate le lui avait reproché.

Getty Images
Trois millions de travaux. C’est ici, à Frogmore Cottage, que vont s’installer Meghan, Harry et leur futur bébé.

La solidarité ayant ses limites, la rivalité n’a pas tardé. Si Meghan est une star made in Hollywood, Kate, elle, montera un jour sur le trône. Tout est là. Fine mouche, la reine Elisabeth a demandé que les deux femmes se montrent plus amènes l’une envers l’autre. Du moins lorsqu’elles sont sous les feux des projecteurs. D’aucuns vont jusqu’à évoquer, à propos de Meghan, la figure traumatisante de Wallis Simpson. L’Américaine ambitieuse, arriviste et deux fois divorcée fit abdiquer Edouard VIII en 1936. Selon le FBI, elle eut un amant nazi et aurait transmis des documents pendant la guerre. Une fois chez elle, elle ne manquait jamais une occasion de faire tourner son personnel en bourrique. Mais comparaison n’est pas raison.

Dukas, Georges De Keerle/Getty Images
Bien avant Meghan, duchesse de Sussex, en 2019, Lady Di, princesse de Galles, a porté du rouge vermillon et du violet en 1980 (ci-desus à dr.). Deux couleurs également vues sur la reine et Kate.

Capricieuse et autoritaire

En public, Meghan n’a pas besoin de conseils. A la voir saluer les artistes du Cirque du Soleil au Royal Albert Hall le 16 janvier ou des petites gens qui la gâtent de peluches et de fleurs deux jours plus tôt, elle a tout juste. Elle connaît l’abécédaire des apparences, dégaine son regard en dedans, à la limite du compassionnel, et cligne des yeux en rafale. On lui reprocherait presque de trop bien jouer à défaut d’être naturelle. Et ça agace.

Meghan a surtout le don de faire fuir son entourage, notamment ses collaboratrices. On lui obéit ou on la quitte. Elle a d’abord perdu Mélissa Touabti, son assistante personnelle, cheville ouvrière de son mariage et autrefois employée chez Robbie Williams. Mise sous pression, elle a craqué au bout d’à peine six mois. L’inspectrice attachée à sa sécurité a, elle aussi, donné son congé. Enfin, Samantha Cohen, secrétaire particulière du couple, décrite comme particulièrement têtue, a également jeté l’éponge. Il faut dire que, selon des sources rapportées par le Daily Mail, Meghan serait capricieuse et autoritaire. Elle dicte ses ordres dès 5 heures du matin, par SMS ou par e-mail. Un bombardement qui ne s’embarrasse d’aucune espèce de diplomatie.

Et elle ne s’accommode guère du carcan protocolaire. Sa liberté de parole est entière. En femme de convictions, elle s’exprime en son nom, ce qui chez les Windsor ne se fait pas. «Les femmes n’ont pas besoin qu’on les aide à s’exprimer, a-t-elle souligné en février dernier, lors du forum inaugural de la Fondation royale du duc et de la duchesse de Cambridge et du prince Harry. Il faut leur donner le pouvoir de faire entendre leur voix.» Harry, William et leurs deux épouses, qui avaient gagné le surnom de Fab Four après être apparus souriants et complices en public en 2018, n’ont pas réussi à masquer leurs dissensions. Le cadet et son épouse ont décidé, eux, de ne pas vivre à Kensington Palace. Exit la belle entente.

DUKAS
Meghan s’adonne avec assiduité à tous ses devoirs. Comme cette visite de charité dans un home pour personnes âgées le 18 décembre dernier.


L’idée que Meghan est trop dépensière vient parachever le tableau. Elle a fait deviser pour 3,5 millions – deux fois plus que Kate et William – les travaux de leur résidence de Frogmore Cottage. Les aménagements ont été commandés à la décoratrice Vicky Charles. Elle compte dans son carnet de commandes les couples Beckham et Clooney et a été priée d’installer une salle de yoga. Doria Ragland, la mère de Meghan, qui enseigne la discipline, rejoindra sa fille et son gendre à la naissance du bébé.

Garde-robe de luxe

Avec la duchesse de Sussex, ce qui attire le regard et nourrit les commentaires, ce sont ses vêtements et leur prix. Les royals n’ayant pas le droit d’accepter de cadeaux, il faut passer à la caisse. Et elle ne s’en prive pas. Sa robe Dior à 10 000 francs portée lors d’une soirée en faveur de la Royal Air Force s’ajoute à ce petit manteau crème Armani à 1000 francs. Les accessoires? Un sac Fendi vaudra jusqu’à 8800 francs. Quant à la jolie paire 
de chaussures Dior, c’est 2000 francs. En une année, Meghan a ainsi dépensé, selon la spécialiste Katie Nichols, près de 1 million de francs. Exactement 995'245 depuis sa sublime robe de fiançailles signée Ralph & Russo à 71'000 francs. Sans compter bien sûr sa robe de mariée à 500'000 francs. Pour calmer ses contempteurs, Meghan a récemment exhibé une babiole H&M baptisée Mama à 34,80 francs.

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Mille sujets britanniques attendaient Meghan et Harry dans le nord de l’Angleterre. «Je suis enceinte de six mois et ne connais pas le sexe du bébé», a fait savoir la duchesse, restée dehors quarante-cinq minutes.

Qui paie? Lorsque les vêtements sont utilisés en vue de représenter la couronne, Charles sort son chéquier. Il tire un revenu annuel avoisinant 28 millions du duché de Cornouailles. Ses pratiques, pour légales qu’elles soient, sont contestées puisque faiblement imposées. Il y a là les revenus locatifs et la vente de produits bios sous la marque Duchy Originals. Harry possède 40 millions, tout comme William. Meghan a 5 millions de francs et Kate le double. La fortune globale de la famille royale est estimée à 88 milliards.

Crainte d'un cauchemar fiscal

L’épouse du prince Harry, toujours citoyenne américaine, pays dans lequel elle est imposée en tant qu’expatriée, continue à s’acquitter de son dû. Elle ne pourra devenir citoyenne britannique qu’après cinq ans comme tout un chacun. D’ci là, la couronne craint un cauchemar fiscal: la divulgation des revenus qu’elle reçoit et plus encore. Des informations sensibles susceptibles de révéler des détails inédits sur les avoir des Windsor pourraient être transmises au gouvernement américain. En effet, Meghan doit rendre compte aux autorités américaines des revenus du prince Harry et des aides financières fournies par la reine et le prince Charles.

Blimey! Elle n’est pas devenue duchesse pour vivre comme une cendrillon. Loin de se laisser déstabiliser par le qu’en-dira-t-on, elle peut faire siennes les paroles du tube de Gloria Gaynor, le fameux «I Am What I Am»: «Je joue de mon propre tambour. Certains trouvent cela bruyant, je trouve cela joli. Et qu’importe si j’aime ce qui miroite et qui brille.»


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