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Tout une romande

Myriam Kridi du Kirghizistan à Lausanne: le début d'une nouvelle vie

L’actuelle directrice du Festival de la Cité a appris qu’elle était enceinte alors qu’elle voyageait avec son compagnon au fin fond du Kirghizistan.

TOUT UN ROMAND

François Wavre | lundi13

«Fraîchement en couple, mon partenaire et moi entamons un voyage d’un mois entre le Kirghizistan et l’Ouzbékistan. Lors d’une exténuante journée d’environ douze heures de marche en pleines montagnes kirghizes, j’éprouve beaucoup de peine à suivre mon ami qui me répète sans cesse: «Mais pourquoi tu traînes comme ça?» En tant que bonne marcheuse, je ne comprends pas pourquoi je fatigue tant. Peu de temps après, sur le marché d’une grande ville, Och, nous mangeons des brochettes de foie… avariées. Malades durant deux jours, mon copain se remet petit à petit, mais de mon côté, les vomissements ne cessent pas. Quelques jours plus tard, alors que mon état ne s’améliore pas, je prends conscience que je suis peut-être enceinte.

Nous avions traversé la frontière à ce moment-là, nous nous trouvions en Ouzbékistan. Je me rends en pharmacie dans l’optique de me procurer un test de grossesse. Seul obstacle, la langue. Ne parlant ni ouzbek, ni russe, la langue qui, en tout cas à l’époque, servait là-bas de langue commune – un peu comme l’anglais nous permet ici d’outrepasser les frontières linguistiques –, je me retrouve à tenter d’expliquer la situation à l’aide d’un dictionnaire bilingue. On me tend alors un objet qui ressemble plus à une carte de crédit qu’à un test de grossesse, pour l’équivalent de 1 franc suisse! Croyant ne pas être comprise, j’entame une seconde tentative d’explication à l’aide de mon dictionnaire, mais il s’agit bien d’un test de grossesse. Et effectivement, j’étais enceinte! De ma première fille, June, âgée à présent de 6 ans. La seconde, Céleste, est aujourd’hui âgée de 3 ans et demi.

TOUT UN ROMAND

Mon autrice fétiche: «Les livres m’ont accompagnée tout au long de ma vie. Ils m’ont parfois donné la force de me sortir de situations délicates. Marguerite Duras m’a permis de me sentir moins seule lors de périodes difficiles, avant de rencontrer le père de mes enfants notamment. Si ça ne va pas, lisez-la!»

SIPA/Dukas

Nous n’avions pas prévu d’être parents. Cela ne nous a pas empêchés de nous en réjouir! Pour ma part, j’ai toujours pensé que je n’aurais pas d’enfants. J’estimais que faire des enfants avec quelqu’un qui n’est pas féministe et engagé était trop lourd à gérer pour une femme. J’avais choisi de vivre ma vie sans trop de contraintes. Il s’avère que mon compagnon a très bien porté, parfois pour plus de la moitié, la charge que représente le fait d’avoir des enfants. Apprendre que j’étais enceinte apparaissait alors comme une bonne nouvelle parce que j’avais ce pressentiment. C’est grâce à ce partage que j’ai pu accéder à la direction du Festival de la Cité.

Bien que mon ami s’occupe beaucoup de nos filles, j’adapte mes horaires en fonction des leurs. Avant d’être maman, lorsque je bossais au Théâtre de l’Usine à Genève, il m’arrivait de travailler jusqu’à 23 heures. Aujourd’hui, je vais parfois chercher mes enfants à l’école et à la crèche mais, dans tous les cas, je rentre au plus tard à 18 heures, pour profiter d’être avec elles. Si je n’ai pas fini, je reprends une fois qu’elles sont couchées. Dans le cas de mon couple, nous nous adaptons tous les deux à notre famille. Malheureusement, dans d’autres situations, c’est souvent uniquement la femme qui voit ses horaires ajustés par les enfants.»

>> Le Festival de la Cité se tiendra dans les rues de Lausanne, du 6 au 11 juillet 2021. Découvrez le programme.

Par Erica Berazategui publié le 7 juillet 2021 - 08:37