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© Francois Wavre / Lundi13

«Nous ne pouvons pas abandonner ces mères»

Publié mercredi 1 avril 2020 à 08:32
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Publié mercredi 1 avril 2020 à 08:32 
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L’éducatrice vaudoise Sandra Mischler dirige le foyer de Montelly. Elle inaugure notre série «Les héros du quotidien», ces personnes qui, malgré la crise sanitaire, continuent de travailler sur le terrain.
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Agé d’une année à peine, le bébé a d’abord pleuré face aux visages masqués des éducatrices, avant de s’habituer. «La capacité d’adaptation des enfants est incroyable», sourit Sandra Mischler. Cette quinquagénaire chaleureuse dirige le foyer de Montelly de la Fondation jeunesse & familles (FJF), qui accueille des mères en détresse psychologique et les aide à nouer le lien avec leur enfant. Actuellement, deux femmes, l’une avec sa toute petite fille, l’autre avec son nourrisson de 2 mois, vivent ici. «La situation les fragilise encore, les angoisses remontent. Nous parlons beaucoup avec elles.»

Organisation et quotidien ont été chamboulés, entre l’éducatrice à risque confinée chez elle, les horaires de deux autres qui ont dû être adaptés pour des impératifs familiaux, la petite dont la garderie est fermée, les suivis à l’extérieur qui se font désormais par téléphone, la stagiaire qui travaille comme les autres… Sans parler de la toux et de la fièvre d’une des mères, mise en quarantaine à l’étage sans avoir été testée. «La maman n’aurait pas supporté la séparation la nuit. On fait au mieux», explique Sandra Mischler. Toute l’équipe s’est mobilisée, y compris l’autre maman, qui fait plus que sa part de nettoyage. «Heureusement, nous avons des directives claires de la FJF, une directrice générale qui s’est démenée pour nous trouver du matériel de protection et une grande solidarité au sein de l’équipe. On se découvre pleines de ressources et de créativité!» A la maison, après quelques remontages de bretelles, l’éducatrice peut compter sur le soutien de ses trois grands enfants, son mari étant également sur le terrain.

A aucun moment, dit-elle, ni pour elle ni pour ses collègues ne s’est posée la question de ne plus aller travailler. «On ne peut pas lâcher ces mères.» Pour l’heure, le foyer vit au jour le jour, mais, déjà, Sandra Mischler pense à l’après. «Nous avons de la place. Les admissions pourront reprendre dès que la situation de la maman en quarantaine se sera améliorée.»


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