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L'édito

Profitons de ces jours d’otium

Balade printanière contemplative, initiation à la méditation, lecture d'un bon bouquin: en ces vacances de Pâques, L'illustré qui est disponible dès ce mercredi 3 avril en kiosque, vous propose d'éteindre téléphone et télévision afin de redevenir maître de votre temps libre.

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Fresque antique romaine représentant probablement la poétesse grecque Sappho

L’«otium», c’est la version romaine de la «skholè» des anciens Grecs, qui signifie loisir.

 
Alamy Stock Photo

L’«otium», comme sa terminaison en «um» l’indique, est un mot latin. Un mot latin qui n’a pas d’équivalent en français. En revanche, notre langue a repris «negotium» pour en faire «négoce». «Negotium», c’est la particule négative «nec» précédant ce mystérieux «otium». Le négoce est donc l’antithèse de cet «otium» qu’il va falloir maintenant expliciter.

Eh bien, l’«otium», c’était la version romaine de la «skholè» des anciens Grecs. «Mais qu’est-ce que la «skholè»?» direz-vous, avec une légitime pointe d’impatience. La «skholè» signifiait «temps libre», «loisir», mais c’est aussi la racine du mot «école». Car il y a plus de deux mille ans, l’enseignement était perçu comme distrayant, récréatif. Le travail intellectuel était considéré comme un loisir, une évasion, une suspension du temps et de ses contraintes. Que s’est-il passé pour que le loisir actif, fécond et désintéressé de l’Antiquité s’estompe au profit du divertissement addictif, passif, futile et monnayé? Le négoce l’a visiblement emporté sur l’«otium». On considère utile et fécond uniquement ce qui se négocie. Le reste n’est qu’inutiles rêverie et poésie.

En ces vacances de Pâques, l’occasion est pourtant belle de régler, une heure par jour, son téléphone sur mode avion, d’éteindre la télévision, de fermer le capot de son notebook pour s’offrir une dose d’«otium». Ouvrir un bon bouquin, faire une balade printanière contemplative, reprendre son instrument de musique, réfléchir à la vie, à sa vie, s’initier à la méditation, observer les oiseaux en train de construire leur nid, écouter un chef-d’œuvre musical ou un podcast intelligent (mais préalablement téléchargé, car notre smartphone est, rappelons-le, sur mode avion)...

La vie est trop courte (moins de 30 000 jours en moyenne) pour être vécue comme un poisson rouge dans son bocal. Reprendre possession de son temps libre, c’est reprendre possession de sa vie, c’est lui donner du sens. L’«otium» n’est pas négociable. C’est un droit humain qui devrait être inscrit dans la Constitution. Oui, l’«otium», c’est l’homme.

Au menu de «L'illustré-TV8» disponible dès ce mercredi 3 avril en kiosque:


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L'illustré n°14, le guide des balades transfrontalières

 Goûter à l’ailleurs au rythme de la marche, prendre un bol d’air à deux pas de chez soi, quitter la Suisse le temps d’une promenade, c’est possible! Suivez le chemin...

 
Photo de couverture Julie de Tribolet
Par Philippe Clot publié le 3 avril 2024 - 11:40