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Huis clos

«Pour quelques bulles de légèreté…»

Après ses billets dans le supplément Sport, l'humoriste romand Thomas Wiesel revient dans L'illustré avec «Huis clos», sa chronique de confinement.

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Laura Gilli

Je ne pensais pas un jour me mettre des rappels pour ne pas rater une conférence de presse du Conseil fédéral. Mesures de distanciation sociale obligent, cette semaine, j’ai davantage vu Guy Parmelin et Alain Berset que mes potes.

Nos héros sont multiples: du personnel soignant, qui lutte sans relâche pour sauver les patients de plus en plus nombreux, aux métiers de l’alimentation, la vente et la livraison, qui bravent des scènes dignes des pires Black Fridays pour qu’on puisse continuer à s’approvisionner en PQ et en pâtes, en passant par les enseignants et les travailleurs sociaux, qui font de leur mieux pour maintenir l’enseignement et le soutien à distance.

Et nous, les autres? On applaudit au balcon, on soutient moralement, on aide son prochain, on reste chez soi au maximum pour leur faciliter la tâche. Et en tant qu’humoriste, métier étant la définition même du superflu, tout en haut de la pyramide de Maslow des besoins, on essaie d’alléger la tension, de donner de petites bulles de légèreté aux gens, ceux sur le front et ceux chez eux.

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  DR

Que ce soit Simonetta Sommaruga qui annonce la fin des groupes de jass, Alain Berset qui déclare la fermeture des salons de coiffure ou cet Espagnol qui tente de braver le confinement avec son déguisement de T-Rex, cette semaine, j’ai sauté sur chaque info qui peut être détournée pour essayer de faire rire les gens, via ce média formidable qu’est internet. Et jusqu’à la fin de ce confinement, je vous en livrerai un résumé et un best of dans les pages de L’illustré, parce que les gens qui n’ont pas internet (ou dont la connexion est mobilisée par une personne partageant leur logis et qu’ils tentent de ne pas insulter trop de fois par jour) ont le droit de rire aussi.

Le Conseil fédéral a prononcé un confinement qui n’est pas un confinement mais qui ressemble quand même vachement à un confinement, mais ils veulent pas encore trop appeler ça un confinement pour pouvoir se laisser la marge quand même de prononcer un confinement une fois que les légendaires discipline et obéissance des Suisses commenceront à s’étioler. Enfin, c’est mon analyse, mais après sept jours entre quatre murs, mes neurones se connectent moins facilement que mon wi-fi (jusqu’à ce qu’on le fasse exploser à force de regarder Netfl… hum! de télétravailler). Réjouissez-vous de ma chronique dans trois semaines, écrite entièrement en rébus et en romanche.

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Mais d’ici là, il y aura plein de conférences de presse du Conseil fédéral aux phrases aussi illuminatrices que celles d’Ueli Maurer: «Si vous avez besoin d’argent, allez à la banque» (très sympa de sa part de reprendre l’enseignement à la maison pour nos enfants, bientôt: «Si vous avez soif, buvez») ou d’Alain Berset: «Nous allons voir ce qu’Uri va décider» (phrase prononcée pour la dernière fois en 1291). Ça promet. En attendant, restez chez vous.


Par Thomas Wiesel publié le 25 mars 2020 - 08:19