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Révolution dans les rouages

Même s’il travaille dans le monde horloger depuis vingt ans, rien ne prédestinait Thomas Baillod à créer une marque de montres. Et pourtant, c’est bien ce qu’il a fait, un peu à l’insu de son plein gré. C’est l’histoire d’un succès espéré mais qui le dépasse.

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David Marchon

Thomas Baillod est issu d’une vieille famille neuchâteloise dont on peut retracer les origines jusqu’au XIVe siècle. Son père, Gil Baillod, qui fut le rédacteur en chef de L’Impartial, n’a pas réussi à lui donner le goût du journalisme. Thomas a choisi de suivre des études d’économie internationale à Neuchâtel et à Saint-Gall. Il travaille d’abord dans la publicité, puis, pendant une quinzaine d’années, pour des marques horlogères suisses. Au printemps 2017, tandis qu’il suit un cours de stratégie digitale, Thomas Baillod a une sorte d’épiphanie. Il découvre la puissance du digital, et notamment l’user generated content, le contenu généré par l’utilisateur, qui lui donnera l’idée d’un modèle de distribution révolutionnaire: l’user generated commerce, la vente générée par l’utilisateur.

Pendant trois ans, il peaufine son concept de vente «phygitale», à la fois physique et digitale, qui permettrait aux maisons horlogères de récupérer une bonne partie des marges absorbées par les intermédiaires. Il invente alors le concept d’Afluendor, un néologisme issu des termes «ambassadeur», «influenceur» et «vendeur». En achetant une montre, le client acquiert le droit d’en vendre un certain nombre et, en échange, en reçoit une gratuitement. «C’est celui qui achète qui fait le storytelling: plus besoin de marketing, ni de frais de publicité», explique-t-il.

Au départ, Thomas Baillod essaie de convaincre quelques marques horlogères, mais il se heurte à des refus. Il décide alors de créer sa propre montre pour prouver la viabilité de son système. «Elle est entièrement faite en Chine pour garantir le plus grand écart entre valeur perçue et coût.» Il annonce la vente de la première montre portant le nom crypté de BA111OD, sans publicité, via LinkedIn, le 11 octobre 2019. Le succès est immédiat! A la fin de l’année 2020, il aura vendu 2000 montres. Thomas Baillod vient de créer un nouveau modèle serti de diamants «de laboratoire» au prix de 595 francs (+ TVA). Il a mis 60 montres en prévente mi-octobre; «elles ont été vendues en deux heures». Il lance début novembre sa propre Afluendor App. Et il n’a pas l’intention de s’arrêter là: son prochain modèle de montre pourrait bien être «Swiss made». A suivre…

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Par Isabelle Cerboneschi publié le 25 novembre 2020 - 00:00, modifié 18 janvier 2021 - 21:16