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© Keystone

Pourquoi tous les shampoings ne se valent pas

Publié lundi 25 novembre 2019 à 08:55
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Publié lundi 25 novembre 2019 à 08:55 
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A l’heure de la vague bio, nos préoccupations sur le plan écolo et de la santé s’installent dans nos salles de bain. Et influencent nos choix jusqu’à la racine de nos cheveux.
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Certains composants des shampoings ont tendance à inspirer de plus en plus de méfiance, car ils ont un impact négatif tant sur la qualité des cheveux que sur l’environnement lorsqu’ils se retrouvent dans les eaux usées. La question légitime que nombre de femmes se posent aujourd’hui est la suivante: doit-on opter pour des shampoings sans SLS, sans silicone, sans parabène, sans quats? Et, avant tout, quels sont vraiment les effets de ce que l’on applique sur notre tête depuis des lustres?

Ces substances qui nous veulent du mal
Le sodium laureth sulfate (SLS) est un ingrédient synthétique issu du soufre, de l’alcool laurique et de la vaseline. Il existe dans les savons, les gels douches, les dentifrices, mais aussi les shampoings. C’est en fait un ajout purement marketing, car, dans l’inconscient collectif, plus ça mousse, plus ça nettoie, et le SLS, justement, ça fait mousser! De plus, il rend le cheveu brillant et en apparence en bonne santé.

Pourtant, à long terme, cet assemblage de molécules fragilise le cuir chevelu, amoindrit la kératine naturelle et ternit la couleur. Donc il n’y a pas photo: il est souhaitable de virer le SLS de notre fibre capillaire. Que dire des autres produits un peu «pouerk»?

Halte aux silicone, quats, parabènes et huiles minérales
Encore une matière de synthèse, qui a une plutôt bonne réputation puisqu’il lustre et démêle notre crinière. Mais à la longue, le silicone, qui est gras, bouche les pores et étouffe le poil tout en empêchant les autres actifs présents dans les soins de pénétrer. En gros, il encrasse et fragilise la fibre capillaire, qui, si elle est assez longue, devient vite fourchue.

Malines, les marques de shampoing ont décidé de remplacer le silicone par les ammoniums quaternaires, que l’on appelle familièrement les quats. On les retrouve dans les après-shampoings, les masques et tous les soins capillaires qui démêlent, gainent et ôtent l’électricité du cheveu. Mais finalement, ils agissent exactement comme le silicone et, à la longue, déshydratent notre chevelure.

Autre petite laideur que l’on peut trouver au cœur de la liste des agents lavants, les fameuses huiles minérales. Sur le papier, comme ça, elles ont l’air plutôt sympathiques, mais que nenni! Ce sont des corps gras obtenus grâce à la distillation de la houille et du pétrole. Inutile de préciser que c’est hautement toxique. Point positif, la sonnette d’alarme a tellement été tirée que cet or sombre a de plus en plus tendance à disparaître de nos onguents capillaires.

Bien sûr, il ne faut pas oublier, dans cette liste noire, nos ennemis les parabènes. Ces agents conservateurs empêchent la prolifération de bactéries dans les produits capillaires. Donc, a priori, ils seraient les bienvenus. Cependant, sur le plan de la santé, il a été démontré dans une étude publiée en 2004 par Philipa Varbre, professeure à l’Université de Reading, au Royaume-Uni, qu’il existait un lien probant entre les parabènes et le cancer du sein.

Les solutions dans le commerce
Il existe évidemment d’autres options pour éviter certains de ces désagréments, comme privilégier des soins capillaires qui excluent ces composants chimiques. Certains sont vraiment très bien, tels les nouveaux Botanicals Fresh Care de L’Oréal (environ 15 fr. dans les grandes surfaces), qui ont certes des agents allergisants comme la lavande ou la rose mais aucune saleté nuisible pour le corps ou l’environnement. Autres marques éthiques compatibles avec notre santé et notre volonté écolo, Weleda (env. 10 fr. le flacon), John Masters Organics, Josh Rosebrook, 100% Pure, Innersense ou Nuori. On les trouve en ligne ou dans de grands magasins. La bouteille de 170 ml coûte aux alentours de 30 francs.

Il existe une autre solution encore, fort appréciée chez les jeunes têtes et les «beautystas». Il s’agit des shampoings solides que l’on trouve dans les boutiques bios, chez Lush, qui a été l’une des premières à lancer ces soins sur le marché, et bien sûr en ligne. Il faut faire attention, car certains de ces blocs contiennent des huiles essentielles qui peuvent déclencher des allergies chez les femmes enceintes et les enfants.

Mais à part ça, ces nouvelles merveilles, en plus d’être écolos, sont économiques, puisqu’un pain serait l’équivalent de trois bouteilles ordinaires. Les détractrices de ces savons – oui, oui, ça existe – trouvent que leur chevelure est un peu cartonneuse et moins souple qu’avec un shampoing liquide. C’est souvent le cas pour les cheveux colorés, mais si l’on persévère et que l’on utilise un shampoing solide adapté aux crinières teintes, on obtient à la longue un résultat équivalent au shampoing liquide.

Pour les amatrices de recettes de grand-mère
Pour celles qui ont le temps et l’envie de concocter un shampoing, voici quelques suggestions de décoctions maison. Pour les cheveux gras, on recommande les poudres minérales. Elles nettoient tout en absorbant le sébum des cheveux et du cuir chevelu. Les plus prisées sont celles au rhassoul ou à l’argile. Il faut compter trois cuillères d’eau pour trois cuillères de poudre. Ensuite, il faut laisser gonfler, remuer un peu pour que cela fasse une pâte, appliquer et laisser poser un bon quart d’heure. Pour l’argile, l’idéal est de la mettre sur les racines et le cuir chevelu s’il est gras car elle assèche. Quant au reste du cheveu, préférez le rhassoul, à appliquer sur les pointes et les mèches pour les nourrir et les nettoyer. On aime bien mettre en après-shampoing un yaourt et, ensuite, pourquoi pas rincer au vinaigre de cidre et à l’eau. N’ayez crainte, l’odeur disparaît dès que l’on sèche les cheveux. Si l’on reste dans les liquides, un après-shampoing à la bière est aussi pas mal pour nourrir et éclaircir les cheveux, qui adorent le houblon. Le mieux est de s’envelopper la tête dans une serviette et de laisser poser une petite demi-heure.

Deux autres aliments qui peuvent se retrouver sur notre tête: les œufs et l’avocat. Pas en même temps, bien sûr. Commençons par les œufs. Ils contiennent de la saponine qui est un produit lavant. Il faut les battre comme si on faisait une omelette, les étaler sur les racines, les rincer à l’eau tiède – et surtout pas chaude si l’on ne veut pas des bouts de crêpes sur la tête.

Les avocats, eux, servent de masque et pas d’agents lavants. Il faut les écraser, en faire une purée et hop, l’étaler! Quinze minutes, plus tard, vous rincez et vos cheveux sont tout doux et tout retapés.

Dernière recette, la mayonnaise en masque. C’est un vrai reconstituant, surtout si on la fait soi-même, car on y trouve de l’huile (utilisez plutôt l’huile d’olive), des œufs et du vinaigre. Une fois qu’elle est montée, enduisez vos cheveux dans la longueur en évitant le cuir chevelu, enveloppez votre tête dans une serviette chaude ou dans un film alimentaire. Laissez poser au minimum quinze minutes, mais sachez qu’une heure ou deux, c’est royal.

A vos spatules, mixeur et consorts.


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