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© Andy Guinand & Philippe Henry

Les trésors du lac de Neuchâtel

Publié mardi 29 octobre 2019 à 09:03
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Publié mardi 29 octobre 2019 à 09:03 
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Un archéologue subaquatique a découvert trois épaves dans les profondeurs des eaux neuchâteloises. Avec la fondation lausannoise Octopus, il sonde les trouvailles avant de les «réensabler» pour les conserver. Décryptage de leur épopée.
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Andy Guinand
Le pilote de drone Andy Guinand a réalisé cette photo ambiance «Le grand bleu» la nuit du 7 octobre.

Exhumer en 2019 des traces de l’histoire suisse, c’est le rêve de nombreux Indiana Jones locaux. Mission accomplie pour l’archéologue subaquatique Fabien Langenegger: ce dendrochronologue – spécialiste de la datation des pièces de bois – a mis la main sur trois épaves cachées dans le lac de Neuchâtel. «Avec l’érosion du lac, on trouve depuis 2014 des choses intéressantes. Des pirogues, mais aussi les restes d’une forêt immergée de 7000 ans», raconte le chercheur, qui surveille par voie aérienne les «anomalies» des eaux pour dénicher ces trésors lacustres.

Philippe Henry
 

En avril dernier, avec le soutien de la Fondation Octopus, il a étudié un chaland datant de 1776. La semaine passée, ils ont analysé les restes d’une balise bâtie sur une barque de 1537. Les deux épaves ont depuis été recouvertes pour leur conservation. «Sous l’eau, le bois est à l’abri de l’oxygène et des bactéries. On ne peut pas extraire les épaves, sinon elles s’effritent et disparaissent», explique Julien Pfyffer, fondateur de l’association experte dans le monde marin. En 2020, ils vont finalement observer la troisième découverte, la plus ancienne, qui date de 120 ans après J.-C.

>> Voir la modélisation 3D interactive de la barque du XVIe siècle:

 

>> Voir une séquence vidéo en accéléré des archéologues subaquatiques vus du ciel:

 

Antoine Bugeon
Le dessin reconstitue la balise – fabriquée avec la barque du XVIe siècle – qui guidait les navigateurs vers l’entrée du canal de la Thièle et du lac de Bienne.
Philippe Henry
S’armant de patience, les plongeurs dépoussièrent les planches de la barque du XVIe siècle pour qu’elle révèle ses secrets.
Philippe Henry
Une pièce en argent datant de 1622 a été trouvée. Un batz du comté de Neuchâtel, régi par Henri II d’Orléans-Longueville. Sur la monnaie, on remarque une couronne et les chevrons qui apparaissent sur les armoiries de la principauté jusqu’en 1848.
dr
Sur la carte 26 (datée en 1646) de la collection Schauenburg, une construction en pleine eau avec une base quadrangulaire est mentionnée près de l'embouchure de l'ancienne Thièle.

XVIIIe siècle chaland coulé

La première exploration, celle du chaland datant de 1776, a eu lieu au printemps. L’illustration permet d’imaginer à quoi ressemblait l’embarcation avant qu’elle ne sombre par accident au milieu du lac en direction de Morat (FR).

Chargée par des blocs finement taillés de pierre d’Hauterive (NE), elle a probablement coulé à cause d’une cargaison trop importante. Les archéologues l’ont découverte à 3 mètres de profondeur. La deuxième image est une photogrammétrie, soit une composition de 700 clichés qui permet l’étude détaillée de la barque une fois à terre. Avec cet outil technologique, les scientifiques peuvent zoomer sur le cliché jusqu’au plus petit grain de sable.

Antoine Bugeon
 
Fondation Octopus
 

 

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