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© Julie de Tribolet

Etre une femme en 2020, c'est...

Publié jeudi 5 mars 2020 à 09:21
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Publié jeudi 5 mars 2020 à 09:21 
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A l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, L’illustré est allé à la rencontre de Romandes de tout âge. De la nonagénaire à la fillette, découvrez leur perception parfois fraîche et étonnante de la condition féminine.
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Fina Siegrist, 91 ans

Julie de Tribolet
 

«Il faut continuer sa vie de femme, même à 91 ans», assure Fina Siegrist, qui fait encore à manger pour ses arrière-petits-enfants la semaine, tous adeptes de sa polenta et de son risotto. Elle marche tous les jours même quand il pleut. «Je vais danser aussi une fois par mois, c’est important de se faire plaisir.»

Bien sûr, elle a ses idées sur le rôle de la femme, trouve difficile pour les jeunes de tout concilier, que la place d’une maman, «eh bien, c’est avant tout auprès de ses enfants». Alors, elle aide les jeunes générations comme elle peut. «Elle a un cœur grand comme ça», dit une de ses petites-filles.


Marlène Baertschi, 21 ans

Julie de Tribolet
 

«Etre féministe mais pas dans les extrêmes. Un garçon qui me tient la porte, je ne vais pas trouver ça macho comme certaines de mes copines.» Marlène Baertschi, 21ans, aimerait être parfois prise au sérieux tout autant que son frère dans les discussions. «On doit encore prouver aux hommes de la génération de mon père qu’on peut être intelligentes et pas seulement des cuisinières», sourit l’étudiante en lettres à Genève.

Elle n’aime pas les clichés dans lesquels la société pourrait l’enfermer. «J’étudie l’histoire de l’art, une matière qui passe plutôt pour féminine, mais j’adore aussi les dinosaures, ce n’est pas réservé aux garçons!»


Rhode Mas Ouedraogo, 37 ans

Julie de Tribolet
 

«Oser s’affirmer comme boulangère, il n’y a pas que les hommes qui peuvent faire du bon pain.» Rhode Mas Ouedraogo est coutumière du fait qu’on la prend souvent pour la serveuse, et pas pour l’artisane du pain. «Je suis femme, black et boulangère, ce n’était pas gagné d’avance, j’ai souffert de racisme et de sexisme», avoue cette Africaine de 37 ans originaire du Burkina Faso installée à Neuchâtel et mariée à un Suisse.

«Heureusement, l’égalité règne au sein de mon couple», sourit celle qui aurait bien aimé avoir des enfants, «mais ce n’est pas facile quand on se lève à 3h30 du matin».


Pascale Fesquet et Christine Balsiger, 53 et 56 ans

«Montrer qui nous sommes, être dans la visibilité, la transparence, mais aussi la vigilance, aller vers les autres de façon décontractée et ouverte pour déjouer les a priori éventuels, fières de notre chemin accompli individuellement et en couple comme deux femmes qui s’aiment», affirment cette éducatrice et cette cadre bancaire de 53 et 56 ans, installées à Saint-Triphon (VD).

Pascale Fesquet et Christine Balsiger sont reconnaissantes de l’héritage transmis par les aînées qui les ont précédées. «Nous sommes à un âge où l’on peut assumer sereinement ce qui peut être considéré comme un triple ostracisme: être une femme, homosexuelle et âgée de plus de 50 ans. Nous ne sommes pas dans le repli sur soi.»

Julie de Tribolet
 

Leilou Spano, 17 ans

Julie de Tribolet
 

«Ne pas me gêner d’oser dire à un garçon qu’il me plaît», revendique Leilou Spano, 17 ans, apprentie dans un magasin de sport à Verbier (VS). «J’ai réussi à faire ma place au milieu d’une majorité de garçons, ça se passe bien, même si je sens bien des fois que les clients sont un peu plus méfiants quand je règle leurs skis, juste parce que je suis une fille!»

Une fille de son temps, championne junior de stand-up paddle, libre dans ses mouvements et sa tête. «Ce qui est cool dans mon sport, c’est qu’on ne fait pas de différence entre les filles et les garçons!»


Corinne Colombo, 54 ans

«Se sentir plus forte et plus solide à 68 ans, à la fois dans ma vie de femme et de peintre», confie Corinne Colombo qui n’a pas craint de partir au bout du monde à 54 ans pour suivre son cœur. «Je suis d’une génération où on attendait des femmes qu’elles soient souples, gentilles, des pouponnières ou des gardes-malades. Heureusement, cela a changé, même si je plains parfois les jeunes femmes d’aujourd’hui qui doivent trouver une crèche ou prévoir des soins orthodontiques avant la naissance de leur bébé.»

La Lausannoise se réjouit de la venue au monde de son premier petit-enfant. Si c’est une fille, elle sera un joli modèle.

Julie de Tribolet
 

Eva, 8 ans

Julie de Tribolet
 

«Dire aux garçons de ma classe que c’est pas vrai qu’une fille ne peut pas faire les mêmes métiers qu’eux!» Eva, 8 ans, de Neuchâtel, a d’abord positivé en se disant que la vie serait plus facile pour une fille, puisqu’elle a moins de choix à faire. Puis sa maman lui a expliqué qu’elle pouvait devenir pilote d’avion, mécanicienne ou astronaute, et aller dire aux garçons qu’ils ont tout faux!

Bon, pour l’instant, elle veut travailler plus tard avec des animaux!


Valentine Rusconi, 59 ans

«Avoir osé être celle qui travaille à l’extérieur dans le couple.» Parce que son salaire d’institutrice était plus élevé, Valentine Rusconi, 59 ans, a donc décidé avec son mari que c’est lui qui resterait à la maison pour leurs deux enfants.

La Neuchâteloise s’énerve encore des clichés qui perdurent. «Les petites filles en rose, certains garçons chez mes élèves qui se comportent en petits machos! Une femme doit décider pour elle-même!» dit-elle. Elle s’y attache.

Julie de Tribolet
 

Magali Pfeil, 44 ans

«Etre passionnée et avoir du caractère sans qu’on dise que je suis enragée et autoritaire.» Magali Pfeil, 44 ans, médecin-cheffe du service des urgences de l’hôpital de Rennaz (VD), élevée dans un foyer où régnait l’égalité, revendique la possibilité pour les femmes d’assumer leurs ambitions tout en respectant leurs valeurs et en restant authentiques.

«Cela exige parfois une certaine forme de résilience. Les hommes passent souvent par la grande porte pour atteindre leurs objectifs, nous, les femmes, devons emprunter parfois la petite, il faut être malignes, pour arriver au même endroit.»

Julie de Tribolet
 

Laurence Donzé, 40 ans

«Difficile, parce qu’il faut être à la fois une bonne mère, une travailleuse motivée, une femme épanouie. Vous voulez l’égalité, disent les hommes, prouvez-nous que vous êtes fortes et que vous savez tout faire!» Laurence Donzé élève seule trois enfants à Gorgier (NE). Cette technicienne en microtechnique dans l’horlogerie faisait partie du 1% de femmes à se lancer dans cet apprentissage.

Elle se réjouit que les mentalités évoluent notamment avec la libération de la parole des femmes. «Mais j’ai toujours du mal à comprendre que l’égalité des salaires ne soit toujours pas acquise dans ce pays.»

Julie de Tribolet
 

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