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© © Didier Ruef

Une troupe de danse unique en Europe

Publié lundi 30 novembre 2020 à 09:00
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Publié lundi 30 novembre 2020 à 09:00 
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Tous les membres de l’école et compagnie de danse contemporaine Mops_DanceSyndrome à Locarno sont atteints de trisomie 21, ou syndrome de Down. Le photographe Didier Ruef leur a emboîté le pas plusieurs mois durant. Plongée dans un projet artistique hors normes.
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Fondée en 2008, la compagnie Mops_DanceSyndrome est entièrement composée de jeunes adultes trisomiques de 18 à 35 ans. Le syndrome de Down se manifeste notamment par un retard cognitif et des problèmes musculo-squelettiques, très variables selon les individus. Dans l’atelier du Teatro dei Fauni, à Locarno, Amedea entraîne ses partenaires Gaia, Simone, Elisabetta et Vinzenz avec la directrice de la troupe et chorégraphe Ela Franscella. 

© Didier Ruef
Amedea Aloisi dans la dernière création de la compagnie, «Choreus Numinis».

Amedea Aloisi dans la dernière création de la compagnie, «Choreus Numinis». Aujourd’hui âgée de 32 ans, elle a rejoint le groupe en 2006 en en entendant parler par Simone. «Moi aussi, j’aime danser», a-t-elle déclaré. «Les performances ne sont jamais parfaites, mais c’est ce qui est beau. Et à chaque fois, une émotion très forte se dégage», raconte Didier Ruef.

Les mercredis et jeudis, les danseurs arrivent de tout le Tessin pour se retrouver dans l’atelier. De 9 heures à 17 heures, ils alternent échauffement, improvisations et répétitions. Ici, Vinzenz Häussermann bouge bras et jambes en prenant modèle sur un petit squelette en plastique. «Ces femmes et hommes trisomiques ne sont pas des faire-valoir. C’est tout sauf un atelier protégé», souligne Didier Ruef.

© Didier Ruef
A droite, Vinzenz Häussermann, Simone Lunardi, Amedea Aloisi et Elisabetta Montobbio (de g. à dr.) répètent et improvisent une danse avec des ballons.

La troupe se produit notamment dans un EMS à Gordola (TI) . Vinzenz Häussermann, Simone Lunardi, Amedea Aloisi et Elisabetta Montobbio répètent et improvisent une danse avec des ballons sous la supervision de la professeure Camilla Stanga . Les ballons estampillés «Tanti Auguri» («Tous nos voeux») sont d’habitude utilisés pour les anniversaires.

© Didier Ruef
 

Simone avait 19 ans lorsqu’il a participé à un stage donné par Ela Franscella. Leur rencontre a été le déclic pour la chorégraphe, qui travaillait déjà avec des personnes trisomiques. Quinze ans plus tard, ils travaillent toujours ensemble.

Chaque membre de la troupe reçoit un cahier personnel ou  il tient son «journal de danse». «La danse t’entre dans le coeur. La danse t’ouvre l’univers», a écrit Amedea dans le sien. Interrompu par la pandémie et les risques induits par le syndrome de Down, le travail a repris en septembre.

© Didier Ruef
Un groupe soudé.

Ela Franscella (quatrième depuis la gauche) se dévoue corps et âme à sa troupe, avec laquelle elle veut montrer que le handicap peut devenir une force et enrichir la société. Sa démarche lui vaut le soutien de fondations comme Pro Helvetia et maintes récompenses.


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