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© Julie de Tribolet

Vétérinaire de zoo, un défi quotidien

Publié vendredi 6 novembre 2020 à 15:33
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Publié vendredi 6 novembre 2020 à 15:33 
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Au zoo de Zurich, Jean-Michel Hatt et son équipe veillent sur la santé des milliers de résidents. Chaque jour réserve son lot de surprises et d’émotions.
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julie de tribolet
 

Transport de toucan. Calfeutré dans une cage de transport pour minimiser son stress, Gorgonzola, le toucan à bec noir, encore un peu secoué d’avoir subi un frottis pour soupçon de trachéite, est ramené dans son enclos par le grand patron lui-même. De nombreux habitués du zoo saluent Jean-Michel Hatt au passage: il faisait ses premiers pas dans le parc, comme assistant, il y a presque trente ans. Un animal qui le fascine particulièrement? «Le lapin.»


Julie de Tribolet
 

En quarantaine. A leur arrivée, 40 grenouilles tomates de Sambava, du nom de la région de Madagascar dont elles sont originaires, sont examinées pour rechercher la présence d’un redoutable champignon qui a déjà tué 7% des amphibiens dans le monde. «C’est comme les tomates, les jeunes sont moins rouges, car elles ne sont pas mûres», précise, pince-sans-rire, le Dr Hatt.


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Le défi. Le poids de la lionne n’ayant pu être qu’estimé, la difficulté réside notamment dans le dosage des produits de sédation, administrés par deux fléchettes tirées à la sarbacane. Une narcose insuffisamment ou trop dosée pourrait en effet mettre en danger la vie du félin... ou du personnel soignant. En juillet dernier, une soigneuse du zoo a été tuée par une tigresse de Sibérie.


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Scotché. Problème d’arthrose, de fracture, de muscle? Pour le savoir et soigner la boiterie de Doneli, nandou de Darwin, il faut faire des radios. Le patient étant trop récalcitrant, cela se fera sous narcose. N’ayant pas radiographié d’autruche depuis quinze ans, le docteur, avec May Velasco Gallego (de dos), vétérinaire en cours de spécialisation en médecine des oiseaux, et l’aide-vétérinaire Gabriela Hürlimann, se basera sur l’exemple du manchot pour définir la dose de radiation nécessaire. Les pattes ont été scotchées pour sécuriser le positionnement du malade.


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Examen. aux jumelles Néné le capucin se grattait à s’arracher le poil. Pas question d’endormir un animal afin de l’amener à la clinique pour si peu. En l’observant aux jumelles, le vétérinaire suppose que le petit singe souffre d’une irritation liée à la mue. «On va continuer à l’observer, cela devrait se calmer dans les prochaines semaines. Entretenir la santé des animaux représente une bonne partie de notre travail au zoo.»


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Check-up à domicile. Avec l’aide du gardien-chef des manchots, le vétérinaire contrôle la respiration de Die Traümerin (La Rêveuse), les manchots étant sensibles aux mycoses pulmonaires. Il en profite pour vérifier l’état de l’œil droit de l’oiseau, blessé lors d’une prise de bec avec un congénère. «Le spectre de maladies est très large. Je suis médecin, radiologue, chirurgien, pathologiste…»


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Lecture de crottin. Les excréments sont d’excellents indicateurs de santé pour tous les animaux. Jean-Michel Hatt examine ici ceux de Fridolin. L’âne gris, mis au régime pour cause de surpoids, souffrait de diarrhée la veille. Mais il est visiblement remis.


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En quête d’indices. Pour comprendre ce qui est arrivé à ce requin-chabot ocellé, retrouvé mort au matin dans son aquarium, le vétérinaire pratique une autopsie. Il doit commencer par découper la peau, rugueuse comme du papier de verre, afin de pouvoir prélever le système digestif et le foie pour les envoyer en pathologie. «Il y a toujours des interventions que je fais pour la première fois.»


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Faire vite. C’est la Dre Maya Kummrow, bras droit de Jean-Michel Hatt, qui assure la permanence matinale ce jour-là. Protégée par un tablier de plomb, elle prend des radiographies de la lionne avec un appareil qui, pour être portatif, n’en est pas moins lourd. Il faut travailler vite, avec concentration,
sans prendre de risques.


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La fin d’une lionne. Joy, la lionne indienne, saigne de la gueule. La vieille dame, née au zoo de Francfort en 2003, ne semble pas souffrir, mais perd suffisamment de sang pour bouleverser les visiteurs. L’examen de la bouche, maintenue ouverte par une pièce de bois, et la palpation de la gorge ne suffiront pas au diagnostic. Il faudra une radio et une endoscopie pour confirmer la tumeur. Quelques jours plus tard, le choix sera fait d’endormir Joy, en présence de tous ses soigneurs, comme le veut la coutume.


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