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Le web, une révolution trentenaire

Publié jeudi 21 mars 2019 à 11:22
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Publié jeudi 21 mars 2019 à 11:22 
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Le 13 mars 1989 au Centre européen de recherche nucléaire (CERN), à Genève, un informaticien anglais imaginait un nouveau moyen de partager des fichiers informatiques. Trente ans plus tard, plus d’un humain sur deux s’informe, s’exprime ou consomme sur le world wide web (www.). Résumé d’une conquête en chiffres.
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Tout a commencé le 13 mars 1989, dans un bureau du CERN, à Meyrin (GE). Tim Berners-Lee, ingénieur logiciel au CERN de 33 ans, dépose une note sur le bureau de son supérieur hiérarchique. Il s’agit d’un schéma d’une mise en réseau inédite de plusieurs ordinateurs. «Vague, mais motivant», écrivit le chef sur le document, qui ne pouvait pas imaginer qu’il venait de complimenter avec désinvolture une invention qui allait profondément modifier la communication et le commerce: le World Wide Web (www), nom donné par Tim Berners-Lee lui-même à son invention en mai 1990 déjà.

Mais les premières années de cette nouvelle manière de relier des ordinateurs restent confidentielles. Il faut attendre le développement des premiers navigateurs pour que le web devienne attractif, d’abord pour la communauté scientifique, puis pour les premiers particuliers qui avaient relié leur PC ou leur Macintosh à internet via leur très lente connexion téléphonique.

Trente ans après sa première ébauche sur un bout de papier, la Toile héberge aujourd’hui près d’un milliard et demi de sites à disposition de plus de quatre milliards d’utilisateurs. Elle est devenue à la fois une agora et un supermarché sans frontières.


Manuel Forney
 
Manuel Forney
 
Manuel Forney
 
Manuel Forney
 

L'éditorial: Il faut sauver le WWW

par Michel Jeanneret, rédacteur en chef

 

Ce devait être à l’origine une manière de connecter entre eux des ordinateurs pour favoriser le partage des savoirs; c’est devenu l’outil privilégié de propagation des croyances et des mensonges, en lieu et place de la connaissance et de la vérité. Ce devait être un outil de démocratisation de l’information; on parle pourtant aujourd’hui de «fossé numérique», puisque seulement 36% de la population africaine y a accès, contre 95% des Américains. Ce devait être un outil social, destiné à créer du lien; c’est aujourd’hui le déversoir de toutes les haines, le véhicule de la déprime globalisée. Ce devait être aussi un lieu sûr; trente ans plus tard, il est pourtant entre les mains de voyous qui font du business par le biais d’une utilisation totalement opaque de nos données privées.

Question de confiance

Le web n’est pas la première invention géniale détournée de ses buts initiaux et nous sommes bien sûr les victimes consentantes de son bras esclavagiste (nos smartphones). Il n’est pas non plus étonnant que cette nouvelle place du village global soit désormais celle où l’on commerce, mais après nous être toutes et tous exaltés de manière un peu naïve, il est temps de reconnaître que quelque chose cloche au royaume du web.

Jusqu’ici, une approche très libérale a prévalu, permettant à des sociétés de menteurs comme Facebook d’engranger des bénéfices colossaux sur notre dos – 22 milliards en 2018 (en hausse de 39%) – sans broncher. Il est temps d’agir. Pour la protection des utilisateurs que nous sommes, mais aussi pour le bien de cette nouvelle économie. Comme dans toute relation commerciale, la confiance est au centre de tout. Or celle-ci est mise à mal par l’absence de règles du jeu. Le web a engendré de grandes et belles choses, mais il a également lâché quelques monstres dans la jungle. L’heure est venue de les remettre en cage.


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