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© Sedrik Nemeth

Zoé Claessens, la princesse du BMX

Publié mercredi 20 novembre 2019 à 08:36
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Avec le soutien de la
Publié mercredi 20 novembre 2019 à 08:36 
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Médaillée d’argent aux JO de la Jeunesse à Buenos Aires et vice-championne du monde junior en 2018, la Vaudoise collectionne les titres en BMX Race. A 18 ans, elle entre dans la cour des grands. Et compte bien se détacher du peloton.
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Eté comme hiver, quitte à déblayer la neige sur le circuit parsemé de bosses, Zoé Claessens enfourche son bicross. «La première qualité en BMX, c’est d’être explosive. Il faut tout donner sur les 30 à 40 secondes que dure une course», rigole la collectionneuse de trophées. Après l’argent aux JO de la jeunesse en Argentine, et le titre de vice-championne du monde junior BMX UCI, le prodige de Villars-sur-Yens (VD) ramène l’or des Championnats d’Europe en 2019.

>> Voir la rencontre avec Zoé Claessens au centre de l'UCI en vidéo:

Une histoire de famille

Perchée à 8 mètres de hauteur au «start» de la piste, les yeux cristallins de la rideuse s’illuminent, Zoé est dans son élément. «La vitesse me plaît. J’aime aussi créer des passages, des sauts, des enroulés. Dans cette discipline, on ne fait pas toujours les mêmes mouvements», explique-t-elle en manipulant son vélo avec virtuosité.

Il faut dire que la championne suisse est née «un guidon entre les mains». Son père, Vincent, a fondé le club BMX d’Echichens où la petite Zoé a commencé son entraînement en admirant ses frères. «Deux de mes sœurs s’y sont mises ensuite. Seule la troisième a préféré faire de la danse», sourit la gymnasienne.

Zoé Claessens décroche la première place aux Championnats d’Europe de BMX en Lettonie.

Année sabbatique

Pour s’adonner entièrement à une passion qui lui a déjà fait parcourir le globe, l’étudiante de 18 ans a pris une année sabbatique pour s’entraîner au Centre mondial du cyclisme UCI à Aigle. «Mon papa a convaincu la direction de l’école à Morges où je finis ma matu en culture générale», se réjouit-elle. Entre écrire sur les bancs d’une classe et pédaler, le choix est vite fait.

Au centre de formation olympique, bienvenue dans la routine journalière de cette maison des athlètes. Les surdoués de BMX déjeunent ensemble. Alors que les garages à vélo sont personnalisés aux couleurs du Danemark, du Japon ou encore du Royaume-Uni, Zoé Claessens porte fièrement le drapeau suisse sur le sien. Pendant près de trois heures, elle va rouler avec ses camarades. S’ajoutent à cela des sessions de sprint et de musculation, «la bête noire» de la Vaudoise, qui, avec ses 65 kilos pour 1 m 75, doit prendre encore un peu de masse. «Après deux mois, ça commence un peu à me plaire», corrige-t-elle en bonne élève. Les sacrifices, cela ne fait pas partie de son vocabulaire. Zoé porte en elle la détermination et la persévérance du Taureau, son signe astrologique.

Le frère de Zoé Claessens (à g.), Vincent, lui aussi féru de bicross. Avec eux, Nadine Aeberhard, athlète du cadre national de BMX comme la Vaudoise.

Objectifs Mondiaux et JO

En 2020, les sorties entre amis ne sont pas sa priorité. Son objectif, ce sont les compétitions internationales. Dont les JO de Tokyo en juillet prochain. «Cela dépendra évidemment de mes résultats aux Mondiaux en Australie au début de l’année», s’inquiète un peu celle qui ne décroche jamais et qui espère être qualifiée.

Coachée par un entraîneur de légende – l’as du BMX Liam Phillips – Zoé mange, dort et rêve trajectoires de bicross pour briller dans la catégorie des adultes, l’élite. Même si elle a déjà pu se frotter à ses idoles dans le passé, elle les rejoint officiellement à la fin de l’année. «Zoé a un grand potentiel, relève le pilote. Elle représente la nouvelle génération de la discipline féminine. Elle est techniquement bien au-delà de ce qu’on a pu voir en compétition junior.»

Observation

Dans le centre des stars olympiques, pendant son temps libre, Zoé Claessens observe les cyclistes qui fusent sur la piste intérieure. «En BMX, on va moins vite qu’eux mais c’est parce qu’on a des obstacles sur le circuit», décrit-elle avec une pointe de fierté.

Quand on aborde l’objectif de faire une carrière professionnelle à long terme, la Vaudoise fait preuve d’une certaine maturité pour son âge. «Peu de gens vivent du BMX en Suisse. Je ne me vois pas en faire mon métier. Ni même continuer à rouler comme mon père, quand j’aurai plus de 50 ans», lance, taquine, celle qui se voit plutôt enseignante pour la petite enfance. Le BMX n’est pourtant jamais très loin car, lors de ses stages, elle avoue avoir réalisé un exposé sur la pratique pour inspirer d’autres talents.


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