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© Christophe Simon/AFP

Alain Delon, en Suisse pour surmonter le mal

Publié mercredi 14 août 2019 à 19:34
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Publié mercredi 14 août 2019 à 19:34 
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Frappé durement dans sa santé, le légendaire acteur français Alain Delon se remet d’un AVC en Suisse, dans une clinique privée à Genève. Il devrait poursuivre prochainement sa convalescence en Valais.
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C’est le nouveau combat contre lui-même d’un homme qui n’aura jamais été apaisé. Alain Delon, 83 ans, entame aujourd’hui l’une des plus difficiles batailles de son existence: celle contre la maladie, qu’il redoutait tant – comme chacun d’entre nous. Un combat que la légende du cinéma français entend bien gagner, lui qui a été pendant plus de soixante ans sur les devants de la scène, où il a toujours surmonté les épreuves, ne lâchant jamais rien.

>> Lire l'entretien avec Alain Delon: «Je dois tout aux femmes»

La rumeur circulait depuis plusieurs semaines dans les rédactions et le Tout-Paris. Et puis, finalement, ce sont les propres enfants de l’acteur qui l’ont confirmé la semaine dernière, les uns après les autres, à l’AFP, puis sur les réseaux sociaux: Alain Delon a été frappé par un AVC, peu de temps après la remise d’une Palme d’or d’honneur à Cannes pour l’ensemble de sa carrière. C’était quelques jours seulement après sa dernière apparition publique aux 70 ans de Paris Match, le 11 juin, peu après la soirée de lancement du livre de Sarah Briand sur Romy Schneider («Romy, une longue nuit de silence», Ed. Fayard), dans lequel il témoigne longuement.

Un peu plus tôt, il confiait à Catherine Ceylac, de France 2, souffrir d’une maladie «entraînant une perte de mémoire», due à un «problème de la thyroïde», comme un indice de ce qui devait survenir quelques jours après. «Je passe mon temps à chercher mes mots, c’est terrible», ajoutait-il encore. Admis à l’Hôpital américain de Neuilly le 14 juin à la suite d’un malaise, les proches se voulaient alors rassurants: ce ne sont que des «vertiges et des maux de tête, vraisemblablement dus à une arythmie cardiaque».

«Il a eu beaucoup de chance»

«Mon père a bien fait un accident vasculaire cérébral, suivi d’un hématome sous-dural aigu, précisera sa fille, Anouchka Delon, vendredi 9 août sur son compte Instagram. Il a eu beaucoup de chance, car tout s’est bien passé. Rien d’étonnant, c’est un battant. Il continue d’avoir la chance d’être bien entouré, et de se remettre de ses difficultés.»

Après plusieurs semaines d’inquiétude, sa vie n’est plus en danger, rassurait déjà vingt-quatre heures plus tôt son fils aîné, Anthony: «Les fonctions vitales sont parfaites» et «son état est stabilisé». Révélant que son père avait été opéré dans la nuit du 10 au 11 juillet à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, «où il est resté trois semaines en soins intensifs et où toute sa famille s’est relayée à son chevet».

Aujourd’hui, le samouraï se remet progressivement, lentement mais sûrement, assurent des proches. Et «il pense déjà à ses futurs projets», ajoutait encore Anouchka dans son message sur les réseaux sociaux: «Ce qui importe, c’est de se relever, à son rythme, mais de se relever...»

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Alain Delon apparaît au lancement du livre de Sarah Briand sur Romy Schneider, paru chez Fayard, dans lequel il a témoigné. C’était le soir du 23 mai dernier, à Paris.

Hospitalisé à Genève

D’après nos informations, Alain Delon est hospitalisé depuis le 31 juillet dans le secteur VIP de la Clinique des Grangettes, à Chêne-­Bougeries, à un jet de pierre de son domicile genevois, situé dans le quartier de Champel. Il devrait, dit-on, poursuivre sa convalescence prochainement en Valais, dans un lieu tenu secret, en montagne, pour guérir notamment de récurrents problèmes respiratoires. Un canton suisse qu’il affectionne tout particulièrement. Dans les années 1960, Lino Ventura lui avait fait découvrir Crans-Montana, où il est «retourné souvent, très heureux», ainsi qu’il le confiait encore il y a quelques mois à L’illustré, logeant le plus souvent au Grand Hôtel du Golf, notamment avec ses enfants Anouchka et Alain-Fabien.

Lors de son dernier passage, le 19 décembre 2018, il passait une journée chez le vigneron Dominique Giroud, dans ses caves du Château Constellation, à Sion. Il s’enthousiasmait alors, une fois de plus, devant le magnifique panorama des Alpes qu’il avait sous les yeux, ému aux larmes, ne parvenant à détacher son regard des sommets.

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Publiée dimanche soir sur la page Instagram d’Alain-Fabien Delon, le samouraï souriant devant l’objectif, dans sa chambre d’hôpital.

Dimanche, c’est le dernier fils d’Alain Delon, Alain-­Fabien, le fils rebelle, qui publiait en soirée sur les réseaux sociaux une photo de son père souriant dans sa chambre d’hôpital – probablement prise le même jour à la Clinique des Grangettes, à Genève. «Merci pour vos nombreux messages qui me vont droit au cœur, a écrit le jeune acteur et mannequin de 25 ans dans sa story sur Instagram, disparue depuis de la Toile. Comme vous pouvez le voir, il va de mieux en mieux et il vous embrasse.» Un cliché particulièrement touchant repris dans le monde entier. L’acteur porte une montre suisse, une Blancpain, à son poignet droit – et non plus à son poignet gauche, comme il en avait l’habitude.

Unis dans la détresse

Depuis son nouveau port d’attache des Bahamas, son avocat et ami genevois Dominique Warluzel, touché lui aussi par deux AVC successifs en 2013 et 2014, a suivi ces jours derniers, avec des sentiments entremêlés de nostalgie et de souvenirs, les nouvelles lui provenant de la vieille Europe sur l’hospitalisation du vieux lion: «Je ne sais pas où il est aujourd’hui, et même si je le savais, je ne vous le dirais pas, lâche-t-il d’entrée. Il a été mon meilleur ami durant trente-cinq ans, j’ai été son meilleur ami durant trente-cinq ans. Ça a été une amitié fusionnelle. Nous nous sommes brouillés cent fois, nous nous sommes réconciliés cent fois, et à la cent-unième fois, il y a cinq ans, nous ne nous sommes pas réconciliés. Je le regrette, je le déplore, glisse-t-il encore. Il a partagé ma vie, j’ai partagé la sienne. Il a été frappé dans sa santé comme j’ai été frappé dans la mienne, les choses finissent dans la tristesse, pour lui comme pour moi. Unis dans la vie, unis dans la détresse...»

>> Lire aussi l'interview de Dominique Warluzel: «J'ai encore échappé au pire»


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