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Les atypiques

Ces «atypiques» candidates aux fédérales

Jamais les femmes n'ont été aussi nombreuses à se présenter aux élections fédérales. A quoi ressemblerait une députation romande entièrement composée d'élues? Voici l'une des 6 catégories qui vous présenteront les 49 femmes réunies par L'illustré en vue des élections du 20 octobre.

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Sophie Michaud Gigon. Didier Martenet

Sophie Michaud Gigon: l'avocate des consommateurs

44 ans, conseillère communale et secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC), Verts/VD.

élue

C’est dans les bureaux de la Fédération romande des consommateurs (FRC), dans le quartier du Flon à Lausanne, que sa secrétaire générale nous reçoit. Sophie Michaud Gigon est candidate des Verts, mais aussi de la FRC. «L’écologie et la défense des consommateurs vont finalement bien ensemble. Les consommateurs doivent avoir des alternatives, et c’est aux politiques de poser le cadre», dit-elle. Cela fait «plus de dix ans» que cette quadragénaire mère de deux enfants de 10 et 6 ans et demi fait du lobbying à Berne, pour Pro Natura d’abord et, depuis 2017, pour la FRC. Elle connaît donc les rouages de la Berne fédérale. Et puis, rappelle-t‑elle, elle œuvre depuis 2007 au Conseil communal pour «la durabilité, la nature, la qualité de vie». Sous la Coupole, celle qui se décrit comme «une femme de compromis» se promet de continuer «à chercher à faire avancer les choses», de «dépasser les barrières partisanes et linguistiques». Ce n’est pas un hasard si elle a étudié l’allemand, à Lausanne mais aussi à la prestigieuse université allemande de Tübingen et à Zurich. «J’avais déjà cette volonté d’agir au niveau national», confirme-t-elle.

Depuis toujours, Sophie Michaud Gigon aime «le côté vivre ensemble, les équilibres, comment la société s’organise». L’implication dans la vie politique, c’est de famille: ses deux grands-pères étaient conseillers municipaux radicaux à Saint-Prex. Aujourd’hui, elle a «la chance de porter des thèmes qui sont le bon sens même. La transparence sur ce qu’on mange, ce qu’on achète, dans quelles poches va l’argent qu’on dépense, quel cadre fixer pour accompagner la digitalisation…» Sa candidature se justifie d’autant plus que «le parlement actuel n’est pas représentatif de la modernité de la population et de ses besoins. J’espère vraiment que cette législature qui s’annonce sera celle du changement dans l’ensemble du pays. Et je ne parle même pas d’évidences comme le congé parental ou le mariage pour tous. Ce côté réac du parlement suisse m’agace prodigieusement.» C’est dit tranquillement, posément, sans que notre candidate ne se départisse de son sourire.

Mon combat

«Lutter pour la qualité et la transparence afin d’aller vers une consommation plus durable.»


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Roxanne Meyer Keller. Keystone

Roxanne Meyer Keller: La syndique rurale

Syndique d’Avenches et députée PS/VD.

non élue

Elle avait été la première à se lancer dans la course (remportée par Cesla Amarelle) pour le ticket rose-vert du Conseil d’Etat. Députée depuis 2002, cette mère de trois enfants aux origines modestes mise sur son expérience de syndique de gauche d’une municipalité de droite.

Mon combat

«Le travail caché des femmes. Pas seulement celui qui consiste à préparer des purées pour le petit dernier, mais aussi celui, souvent non déclaré, de comptabilité dans une exploitation agricole, de gestion de stock d’un commerce de village ou encore d’intendance et d’accueil dans des métiers de service.»


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Lena Lio. LEO DUPERREX

Lena Lio: La transfuge de Mandchourie

Conseillère communale, UDC/VD.

non élue

Parents déportés lors de la Révolution culturelle, départ à 15 ans pour Moscou, retour à Pékin, apatride: étonnant parcours retracé dans Appelons-la Cosmos! Naturalisée, la Pulliérane, députée vert’libérale en 2012, a échoué à se faire réélire avec le parti agrarien qu’elle a rallié en 2017.

Mon combat

«La préférence nationale car dans une société tiraillée entre des échanges mondialisés et un mode de vie hérité d’une histoire nationale, seule la préférence nationale permet à chacun de profiter des bienfaits d’un monde connecté et globalisé, tout en protégeant contre les excès de la mondialisation.»


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Isabelle Tasset Vacheyrout. DR

Isabelle Tasset Vacheyrout: La touche-à-tout

Coprésidente du PDC/VD.

non élue

La section vaudoise du PDC souffre, les tweets de Claude Béglé n’ont rien arrangé. Mais son ancienne assistante parlementaire veut croire que le centrisme a de l’avenir. Journaliste économique diplômée de Sciences Po Paris, cette mère de quatre adolescents vient de publier le plaidoyer Place aux jeunes! (Editions Cabédita).

Mon combat

«Je veux plus de moyens pour les jeunes. Abonnement CFF et primes maladie demi-tarif, bourses pour les étudiants. Un système scolaire moins sélectif. Eviter que 15% des Vaudois soient sans formation à 25 ans. Professionnaliser la protection de la jeunesse (plus de personnel formé, meilleur suivi).»


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Sarah Pearson Perret. FLORIAN CELLA/24HEURES

Sarah Pearson Perret: L’américano-suisse de pro natura

50 ans, également candidate aux Etats, Vert’libéraux/NE.

non élue

Elle est la voix romande de Pro Natura. Après dix ans à l’Office fédéral de l’environnement, Sarah Pearson Perret, biologiste de formation, est devenue, il y a bientôt deux ans, la secrétaire romande de la plus ancienne organisation de protection de la nature en Suisse. A 50 ans, elle a aussi décidé de se lancer dans la campagne des fédérales et est tête de liste des Vert’libéraux neuchâtelois. Rien d’atypique à première vue. Pourtant, Sarah Pearson Perret a une vie originale. Née à Rome d’un père américain, pasteur, et d’une mère argovienne, elle arrive à Genève, adolescente, ne parlant pas un mot de français avant de s’installer à Neuchâtel par amour.

Mon combat

«Il sera d’obtenir des mesures efficaces pour sauvegarder la biodiversité et protéger la nature. Nous sommes confrontés à une disparition sans précédent de nos animaux, de nos plantes et de nos milieux naturels. Il est extrêmement urgent d’inverser cette situation pour nous et nos enfants.»


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Chantal Donzé. DR

Chantal Donzé: La «surdouée»

Avouant un QI de 131, elle est enseignante au gymnase, PDC/VD.

non élue

En 2015, celle qui était alors membre du Conseil de Ville de Bienne avait fait une campagne classique, pour ne pas dire discrète. Cette fois, cette mère de trois enfants désormais installée à Yvonand, qui enseigne l’économie et le droit au Gymnase d’Yverdon-les-Bains, a décidé de faire parler d’elle. D’abord, la Nord-Vaudoise a révélé au Temps, avec l’UDC Raoul Sanchez qu’elle a rencontré au sein de la société internationale Mensa, qu’elle faisait partie des 2% de la population mondiale à avoir un QI supérieur à 131 sur l’échelle de Wechsler et que sa personnalité HP serait un atout sous la Coupole. Avant de publier sur Facebook un questionnaire sur le PDC, avec 100 francs cash à la clé. 

Mon combat

«La politique familiale est ce qui me tient le plus à cœur. Je siège bénévolement dans le comité de Pro Familia Suisse comme déléguée des Femmes PDC Suisse. Les problèmes des familles dans toute leur diversité, de la condition de la femme et des relations intergénérationnelles y sont traités.»


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Nathalie Schallenberger. Lucas Vuitel

Nathalie Schallenberger: La verte orange

Egalement candidate aux Etats, avocate, PDC/NE.

non élue

Aujourd’hui au PDC, c’est chez les Verts que Nathalie Schallenberger a commencé sa carrière politique. Elue au Conseil communal de La Chaux-de-Fonds, elle deviendra présidente de l’exécutif jusqu’en 2016 et devra notamment gérer les affaires Legrix et Monnard. Rien que ça.

Mon combat

«Ma première action sera de me battre dans les débats qui viendront sur la révision de la prévoyance professionnelle, pour que toute personne retraitée dont les revenus ne couvrent pas, ou à peine, le minimum vital touche une rente qui assure ce minimum vital et ne paye plus d’impôts.»


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Mirjam Ballmer. Charly Rappo

Mirjam Ballmer: La Bâloise qui veut conquérir la romandie

36 ans, députée au Grand Conseil, Verts/FR.

non élue

En mars dernier, elle a siégé au Grand Conseil, où elle a remplacé Laurent Thévoz l’année dernière, avec sa fille. Du jamais vu à Fribourg depuis l’an 2000. Dans la foulée, cette mère de deux enfants également déléguée à l’Assemblée constitutive de fusion du Grand Fribourg a déposé une initiative parlementaire pour qu’il soit possible de se faire remplacer en cas de congé maternité, maladie ou accident. Elle est moins connue que d’autres Vertes de sa génération, sans doute aussi parce qu’elle vient d’outre-Sarine et a rallié les Verts fribourgeois en 2016. A Bâle-Ville, où elle est élue à 25 ans, elle a coprésidé les Verts et été candidate au National en 2015. Géographe, elle travaillle dans la gestion de projets liés aux politiques environnementales, notamment auprès de Pro Natura et aujourd’hui à la Conférence pour la forêt, la faune et le paysage (CFP) à Berne.

Mon combat

«Ce sera de réaliser très vite des mesures efficaces pour affaiblir la crise climatique et la crise de la biodiversité. Ce qui signifiera en premier lieu d’en organiser le financement à long terme.»

>> Lire les portraits:


L'éditorial: Parce qu'un Suisse sur deux est une femme

Par Albertine Bourget

Les élections fédérales du 20 octobre battent des records en termes de nombre de candidats. Surtout de candidates, puisqu’elles sont près de 40% à se présenter sur l’ensemble du pays (43% à Genève, 40% à Fribourg et à Neuchâtel).

Dans une année marquée par la mobilisation autour du 14 juin et du réchauffement climatique, cette hausse nous a donné une idée un peu folle: si seules des femmes étaient élues, à quoi ressemblerait la prochaine législature? Pour en dresser les contours, nous nous sommes basés sur la députation romande qui siège actuellement au Conseil national, en prenant en compte les sortantes, la répartition des sièges par canton et en excluant les sièges alémaniques à Fribourg et en Valais. Nos calculs sont ensuite devenus un véritable casse-tête: nous aurions voulu vous présenter la répartition la plus équitable possible, mais les candidatures féminines, tous âges confondus, sont bien plus nombreuses à gauche et au centre qu’à droite. A titre d’exemple, à Fribourg, l’UDC ne présente pas une seule femme. Le résultat final: un panel largement teinté de vert et qui penche à gauche.

Ce tableau forcément subjectif déplaira peut-être à certain-e-s. Tant pis. A l’heure où nos élues ne représentent que 31,7% du National et 13% des Etats (qui compte autrement dit 87% d’hommes), il est plus que temps de s’engager pour une meilleure représentativité de la population suisse. Sans passer par des quotas, mais en votant, tout simplement. Quitte à privilégier les noms féminins dans l’urne, sachant qu’au-delà de sa propre appartenance partisane, être femme influence le vote: voir par exemple le congé paternité ou l’égalité salariale. Le changement passera par là.


Le «making of» de la Une de L'illlustré

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La Une de L'illustré no 39, du 25 septembre 2019.

Réunir 49 candidates au Conseil national alors qu’elles étaient en pleine campagne électorale: un véritable tour de force. Au total, 40 d’entre elles ont pu réorganiser leur agenda afin
de monter sur notre échafaudage dans une halle du Palais de Beaulieu à Lausanne le vendredi 13 septembre.

Nos invitées ont été priées de se répartir sur la structure mesurant 6 mètres en fonction de leur degré de vertige. Le tour de force était également technique pour notre photographe et ses assistants, afin que toutes les candidates soient soigneusement éclairées et mises en valeur par le biais d’une juste disposition.

>> Voir aussi la vidéo du montage en accéléré:

«Making of»

L'échafaudage et les candidates aux fédérales

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La photo de Une du numéro 39 de L'illustré consacrée à une cinquantaine de candidates romandes aux élections du 20 octobre a été l'objet d'une mise en scène particulière et d'un exercice assez périlleux. La vidéo de l'opération en accéléré. Sebastien Agnetti

(Photo Sébastien Agnetti. Production Marion c/o Minuit Pile et Natalia Mottier. Assistants Natacha Pont, Robin Bachmann, Kevin Laszewski).


Par Albertine Bourget publié le 30 septembre 2019 - 08:49, modifié 18 janvier 2021 - 21:06