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© LAURENT CROTTET

Ces «marathoniennes» candidates aux fédérales

Publié mardi 1 octobre 2019 à 08:50
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Publié mardi 1 octobre 2019 à 08:50 
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Jamais les femmes n'ont été aussi nombreuses à se présenter aux élections fédérales. A quoi ressemblerait une députation romande entièrement composée d'élues? Voici l'une des 6 catégories qui vous présenteront les 49 femmes réunies par L'illustré en vue des élections du 20 octobre.
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Lisa Mazzone: l'étoile verte

Candidate sortante au National, Verts/GE.

élue au Conseil des Etats

Entre le National, ses engagements associatifs, la vice-présidence des Verts et sa présence médiatique, elle est sur tous les fronts. Autant dire qu’avec elle, les écologistes genevois ont de grandes chances de conserver leur siège à la Chambre des cantons après le départ de Robert Cramer. Une ascension fulgurante pour celle qui est arrivée chez les Verts en 2008; elle est élue en 2011 au Conseil municipal du Grand-Saconnex puis au Grand Conseil. Elle en démissionne le 12 novembre 2015 pour devenir la plus jeune élue de la dernière législature: elle n’avait alors que 27 ans. Cette année, Lisa Mazzone et son compagnon ont accueilli leur fils Béla au mois de mai. Avant un nouveau bonheur?

Mon combat

«Un véritable congé parental, comme dans les pays nordiques, pour éviter que la naissance d’un enfant ne creuse les inégalités. C’est bon pour l’enfant, pour la santé de la mère et son accès au travail, pour le père et sa participation à la famille, et pour l’économie en réduisant la fluctuation du personnel.»


Keystone
Ada Marra.

Ada Marra: La successeure annoncée

Candidate sortante, PS/VD. 

élue au National, battue aux Etats

Elle a succédé à Géraldine Savary à la vice-présidence du PS. Et, après trois législatures au National, elle compte bien faire de même à la Chambre haute.

Mon combat

«Faire en sorte que le budget pour les primes d’assurance maladie soit moins lourd pour les ménages. Personne ne devrait payer plus de 10% de son revenu en primes. Il faut aussi donner moins de marge de manœuvre aux assureurs maladie. La santé n’est pas un bien commercial comme un autre.»


DR
Fabienne Freymond Cantone.

Fabienne Freymond Cantone: L’économiste féministe

Municipale à Nyon, PS/VD. 

non élue

L’ex-députée (2003-2018) s’était lancée dans la course pour le ticket du Conseil d’Etat en 2016. En 2011, cette mère de trois enfants a souffert d’un cancer du sein. Une battante.

Mon combat

«L’égalité entre humains et, plus globalement, le respect des équilibres entre l’environnement, l’économie et nos sociétés. Je crois et travaille à nos nécessaires prises de responsabilités environnementales, économiques et à une meilleure solidarité sociale.»


Keystone
Céline Amaudruz.

Céline Amaudruz: La dure à cuire

Candidate sortante, UDC/GE. 

élue au National, battue aux Etats

A 40 ans, Céline Amaudruz est une experte de la politique fédérale. Après avoir commencé sa carrière politique au Grand Conseil genevois, elle est élue à deux reprises au Conseil national, et vise désormais la Chambre haute. Cette année, elle a assumé d’être «parfois en décalage» avec le parti dont elle est vice-présidente depuis 2016, particulièrement sur le thème de la violence faite aux femmes. Dans le sillage de l’affaire Buttet à la fin de l’année 2017, elle révélait avoir été, elle aussi, victime de harcèlement sexuel au sein du parlement.

Mon combat

«La lutte contre la violence faite aux femmes. Les gestes irrespectueux voire brutaux dont certains se rendent coupables doivent être punis sans faiblesse. Les spécificités culturelles ne peuvent servir d’excuse aux mâles violents. Tolérance zéro, la seule réponse adaptée aux comportements sexistes.»


Keystone
Brigitte Crottaz.

Brigitte Crottaz: La discrète

61 ans, conseillère nationale sortantem, PS/VD. 

élue

Cette médecin spécialiste en diabétologie-endocrinologie à Lausanne a remplacé Jean Christophe Schwaab en cours de législature, en 2018. A Berne, elle s’engage pour les patients avec des interpellations sur la cherté des médicaments ou le non-acharnement thérapeutique.

Mon combat

«Le système de santé suisse est excellent mais son coût très élevé. Des acteurs profitent de la commercialisation de la santé alors que la majorité de la population croule sous le poids des primes. Ma priorité sera de trouver des solutions pour un système de santé qui reste accessible à tous.»


DR
Laurence Fehlmann Rielle.

Laurence Fehlmann Rielle: L’experte

64 ans, candidate sortante, PS/GE.

élue

Députée au Grand Conseil, conseillère municipale, présidente de parti et enfin conseillère nationale, Laurence Fehlmann Rielle n’a plus à faire ses preuves. 

Mon combat

«Que chacune et chacun ait une rente digne au moment de sa retraite! Il faut absolument renforcer l’AVS, qui est son pilier le plus solidaire. La Confédération doit consacrer des montants plus importants au fonds AVS. Il faut aussi prélever une taxe affectée à l’AVS sur les transactions financières.»


La Liberté
Valérie Piller Carrard.

Valérie Piller Carrard: La protectrice incontestée de la famille

41 ans, conseillère nationale sortante, PS/FR.

élue

En congé maternité pour la naissance de son deuxième garçon, l’employée de commerce surprend par son élection au National en 2011. Aujourd’hui, personne ne conteste plus la légitimité de la Broyarde et de son engagement pour une politique familiale forte et des soins accessibles.

Mon combat

«Ma priorité est de protéger la population contre l’augmentation perpétuelle des primes d’assurance maladie, qui ont plus que doublé ces vingt dernières années. Je soutiens donc avec force l’initiative populaire du PS visant à les limiter à 10% du revenu, comme le fait déjà le canton de Vaud.»


keystone-sda.ch
Isabelle Moret.

Isabelle Moret: La locomotive qui a vu passer l’orage

48 ans, conseillère nationale sortante, PLR/VD. 

élue

Cette mère de deux enfants arrivée sous la Coupole en 2006 devrait présider le Conseil national en 2020. Rappelons qu’en 2015, cette avocate, qui a abandonné le barreau pour se consacrer à la politique, était, avec 65 351 suffrages obtenus, «le/la meilleur·e élu·e de Suisse romande». Les années 2017-2018 seront plus dures: violente campagne pour le Conseil fédéral, polémique sur sa situation fiscale… Celle qui siège à la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique et préside la faîtière H+ a laissé passer la vague pour se concentrer sur son cheval de bataille, la santé.

Mon combat

«Pour un système de santé de qualité, pour toutes et pour tous, au meilleur coût! L’une des clés pour juguler les primes à terme: la prévention. Il est grand temps de mettre en place un catalogue de prestations de prévention remboursées et un agenda des dépistages.»


Keystone
Adèle Thorens Goumaz.

Adèle Thorens Goumaz: La reconquérante

47 ans, conseillère nationale sortante, Verts/VD. 

élue aux Etats

Douze ans après son arrivée à Berne, celle qui fut coprésidente des Verts entre 2012 et 2016 a été logiquement choisie par les siens pour partir à la reconquête du siège perdu à la Chambre des cantons il y a quatre ans.

Mon combat

«Je m’engagerai prioritairement pour le climat, comme je le fais déjà depuis plus de vingt ans. La transition écologique du secteur financier me paraît particulièrement importante en la matière: nos investissements doivent aller aux technologies propres plutôt qu’aux énergies fossiles.»


julie de tribolet
Jacquelline De Quattro.

Jacqueline de Quattro: La magistrate qui rêve de faire «ippon»

Conseillère d’Etat, PLR/VD. 

élue

En 2006, cette avocate trilingue avait axé sa campagne pour le Conseil d’Etat sur sa qualité de femme, conviant même Patrick Juvet à venir chanter Où sont les femmes?. Depuis, elle a su se construire une image d’élue enjouée et proche des gens, et a été bien réélue en 2012 et 2017. En coulisses, celle qui a présidé les femmes PLR suisses (2008-2010) a fait grincer des dents en annonçant très vite sa candidature à Berne tout en disant sa volonté de rester à la tête du Département du territoire et de l’environnement, qu’elle dirige depuis 2014, jusqu’aux élections. Son printemps a été marqué par la parution d’un livre pamphlet bloqué par la justice et d’une plainte pénale dans l’affaire Orllati-Nicod. Vivement le 20 octobre!

Mon combat

«La politique climatique. Nous devons prendre des engagements forts qui se traduisent par des décisions fermes. Des décisions qui bénéficient aussi bien à notre environnement qu’à notre économie. C’est parfaitement réalisable si nous savons surmonter les clivages partisans et les positions dogmatiques.»


Alain Wicht
Marie-France Roth Pasquier.

Marie-France Roth Pasquier: La centriste qui se bouge

Conseillère communale et députée au Grand Conseil, PDC/FR. 

élue

Le départ annoncé de Dominique de Buman a redistribué les cartes. Le PDC de la Gruyère a choisi cette licenciée en sciences politiques, mère de trois enfants et coprésidente du parti fribourgeois, pour aller à Berne. Conseillère communale de la ville de Bulle depuis 2011, où elle s’engage pour la mobilité publique, elle est également active dans la politique cantonale depuis 2016 et son élection au Grand Conseil.

Mon combat

«Je soutiens un développement économique durable qui crée de la valeur et des emplois en restant conscient de sa responsabilité sociale et environnementale. Il faut assurer un système de formation dynamique, ne pas prétériter nos entreprises par nos lois et permettre un équilibre entre vie professionnelle et familiale.»


DR
Anne Froidevaux.

Anne Froidevaux: La surprise

34 ans, députée, PDC/JU.

non élue

La colistière de Jean-Paul Gschwind pourrait créer la sensation dans le Jura. Elle l’avait déjà fait en accédant, en décembre 2017, à la présidence du parlement, grillant la politesse à la candidate officielle. C’est à 19 ans que la jeune femme, issue d’une famille d’éleveurs de chevaux franches-montagnes, s’engage en politique, au sein des Jeunesses démocrates-chrétiennes. Elle a été élue députée en 2014.

Mon combat

«Une solution doit être trouvée aux coûts de la santé, qui ne cessent d’augmenter. Notre système de prévoyance, les questions climatiques et environnementales ou encore les relations avec l’Union européenne sont également des thèmes importants.»


DR
Isabelle Chevalley.

Isabelle Chevalley: La libérale qui a le vent en poupe

Sortante, également candidate aux Etats, V’L/VD. 

élue

A Berne, où elle a été élue en 2011, elle reste la seule Vert’libérale romande. En Suisse, cette chimiste de formation plaide pour les éoliennes. En Afrique, elle se bat pour sensibiliser les populations au traitement des déchets. Elle a d’ailleurs créé et préside l’intergroupe parlementaire Suisse-Afrique.

Mon combat

«Il y a vraiment urgence à agir pour lutter contre les changements climatiques. Cela implique des changements de mode de vie mais pas une diminution de la qualité de vie. C’est aussi une chance pour l’innovation et notre économie. Nous ne pouvons plus attendre pour agir.»

>> Lire aussi les portraits:

- des «jeunes pousses»
- des entrepreneuses
- des «étoiles montantes»
- des «militantes»
- des «atypiques»


L'éditorial: Parce qu'un Suisse sur deux est une femme

Par Albertine Bourget

Les élections fédérales du 20 octobre battent des records en termes de nombre de candidats. Surtout de candidates, puisqu’elles sont près de 40% à se présenter sur l’ensemble du pays (43% à Genève, 40% à Fribourg et à Neuchâtel).

Dans une année marquée par la mobilisation autour du 14 juin et du réchauffement climatique, cette hausse nous a donné une idée un peu folle: si seules des femmes étaient élues, à quoi ressemblerait la prochaine législature? Pour en dresser les contours, nous nous sommes basés sur la députation romande qui siège actuellement au Conseil national, en prenant en compte les sortantes, la répartition des sièges par canton et en excluant les sièges alémaniques à Fribourg et en Valais. Nos calculs sont ensuite devenus un véritable casse-tête: nous aurions voulu vous présenter la répartition la plus équitable possible, mais les candidatures féminines, tous âges confondus, sont bien plus nombreuses à gauche et au centre qu’à droite. A titre d’exemple, à Fribourg, l’UDC ne présente pas une seule femme. Le résultat final: un panel largement teinté de vert et qui penche à gauche.

Ce tableau forcément subjectif déplaira peut-être à certain-e-s. Tant pis. A l’heure où nos élues ne représentent que 31,7% du National et 13% des Etats (qui compte autrement dit 87% d’hommes), il est plus que temps de s’engager pour une meilleure représentativité de la population suisse. Sans passer par des quotas, mais en votant, tout simplement. Quitte à privilégier les noms féminins dans l’urne, sachant qu’au-delà de sa propre appartenance partisane, être femme influence le vote: voir par exemple le congé paternité ou l’égalité salariale. Le changement passera par là.


Le «making of» de la Une de L'illlustré

La Une de L'illustré no 39, du 25 septembre 2019.

Réunir 49 candidates au Conseil national alors qu’elles étaient en pleine campagne électorale: un véritable tour de force. Au total, 40 d’entre elles ont pu réorganiser leur agenda afin
de monter sur notre échafaudage dans une halle du Palais de Beaulieu à Lausanne le vendredi 13 septembre.

Nos invitées ont été priées de se répartir sur la structure mesurant 6 mètres en fonction de leur degré de vertige. Le tour de force était également technique pour notre photographe et ses assistants, afin que toutes les candidates soient soigneusement éclairées et mises en valeur par le biais d’une juste disposition.

>> Voir aussi la vidéo du montage en accéléré:

(Photo Sébastien Agnetti. Production Marion c/o Minuit Pile et Natalia Mottier. Assistants Natacha Pont, Robin Bachmann, Kevin Laszewski).


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