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Editorial sportif 

Beach-volley: le bikini a encore de belles heures devant lui

Lors d'une épreuve de beach-handball, les athlètes norvégiennes ont refusé de porter le bikini, jugé dégradant. Notre journaliste analyse cet événement. 

JO

Photographie des athlètes suisses Anouk Vergé-Dépré et Joana Heidrich, lors de l'épreuve de beach-volley aux Jeux olympiques de Tokyo. 

Sean M. Haffey

Chère lectrice, cher lecteur,

Les Jeux olympiques, c’est aussi la fête des corps. Athlétiques bien sûr, mais aussi plus ou moins dénudés. Surtout ceux des filles, jusqu’à flirter avec les limites du voyeurisme. Aux Jeux de Tokyo, les caméras s’attardent complaisamment sur courbes et muscles exhibés. Dans ce contexte, la discipline du beach-volley tient une place à part. On est à la plage sans y être. Les athlètes féminines livrent une intense performance sportive vêtues de bikinis aussi sexys qu’ultracourts qui rappellent les vacances à la mer.

>> Lire aussi: Le beach-volley, bien plus qu'une affaire de bikini

Une seule question: si les instances dirigeantes du CIO étaient composées de femmes, la situation serait-elle semblable? Pas sûr du tout, et les beach-handballeuses norvégiennes ont déjà répondu: refusant de porter ce bikini obligatoire, qu’elles jugent dégradant, elles ont écopé d’une amende honteuse de 1500 euros.

Les beach-volleyeuses suisses, elles, ont l’air de se résigner. «Le port constant du bikini m’a aidée à apprivoiser mon physique», lâche même Anouk Vergé-Depré dans notre reportage, comme si elle prêtait des vertus thérapeutiques à ce statut. Et nous? Dans ces pages Sport, ces athlètes apparaissent certes en maillot, mais il s’y ajoute une dimension historique; ces vêtements sont délicieusement vintage. Ils ont fonction de mémoire, ils rappellent les débuts d’un sport aujourd’hui extraordinairement exigeant alors qu’on l’a longtemps associé aux loisirs estivaux.

Ambivalence? A vous de juger, car ces images sont superbes. La beauté magnifiée, féminine comme masculine, animait déjà les Grecs de l’Antiquité. Même si le sable chaud ne légitime pas tout.

Par Marc David publié le 29.07.2021