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Saga

Benjamin de Rothschild, le destin brisé d’un homme pressé

Benjamin, l’héritier des Rothschild en Suisse, a été terrassé par une crise cardiaque la semaine dernière, dans son château de Pregny (GE), à 57 ans. Retour sur la vie romanesque de celui qui voulait être plus que le fils de Nadine et dont les quatre filles prendront, à terme, la succession.

Ariane et Benjamin de Rothschild

Benjamin de Rothschild et son épouse, Ariane, dans leur hôtel particulier de la rue de l’Elysée, à Paris, en 2012.

RAPHAEL GAILLARDE / Le Figaro Magazine

Benjamin de Rothschild adorait la vitesse et rien ne semblait pouvoir arrêter cette passion. C’est finalement une crise cardiaque qui l'a stoppé net le vendredi 15 janvier dans son château de Pregny, à Genève, alors qu’il n’avait que 57 ans. Fils d’Edmond et de Nadine et père de quatre filles, le baron n’avait pas le prénom le plus connu de la prestigieuse famille. Il représentait pourtant la partie de la dynastie la plus fortunée.

Maison de Rothschild à Pregny (GE).

Le baron est décédé vendredi dernier à 57 ans, foudroyé par une crise cardiaque à son domicile, au château de Pregny, à Chambésy (GE).

Boris Nizon
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Les Rothschild, à Genève, c’est d’abord un lieu unique. Il faut s’imaginer le château de Pregny, une bâtisse hors d’âge qui surplombe la ville et offre un point de vue unique sur la rive gauche. Son immense parc, ses pièces en enfilade, avec notamment la salle de chasse, où Benjamin nous a reçus pour des portraits et interviews. Un endroit digne d’un musée d’histoire naturelle, avec des trophées de chasse, des animaux empaillés, des pattes d’éléphant sectionnées «à la bonne hauteur» pour poser votre verre à whisky une fois confortablement assis dans un fauteuil cossu. En passant dans une salle à manger, vous traversez le salon où l’impératrice Sissi a partagé son dernier repas, la veille de sa mort. La légende de la cité passe par ces murs.

Edmond et Nadine de Rothschild

Le baron Edmond de Rothschild et son épouse, Nadine, avec leur fils unique, Benjamin, âgé de 4 ans, dans leur propriété genevoise, en juin 1967.

Rue des Archives

Le maître des lieux, c’était jusqu’à vendredi passé Benjamin de Rothschild, qui comptait parmi les personnalités les plus énigmatiques que nous ayons rencontrées. Son charme opérait vite, car il plaisantait beaucoup et, tout à coup, plaçait dans la conversation une remarque très pertinente sur la vie, la finance ou les grandes affaires du monde. Un être attachant et enjoué qui aimait la provocation et les blagues absurdes. Comme porter une montre à chaque poignet «pour avoir l’heure de Genève et de Paris». Lors de notre première rencontre, en 2003, nous avions beaucoup parlé d’argent. Et pour cause, je m’occupais alors des 300 plus riches pour le magazine Bilan. Il se moquait gentiment de notre estimation: «Mais comment savez-vous tout cela?»

Ce qui l’étonnait encore plus tenait à la manière dont nous parvenions à valoriser une banque, un portefeuille immobilier gigantesque, une ferme qui produit du Brie AOC en région parisienne, des vignobles sur trois continents, des œuvres d’art («Je ne sais même pas ce que j’ai aux murs»), des voitures légendaires, des bateaux qui ont conquis les plus grands défis, bref, un patrimoine sans fin. «Avant, je pouvais vous dire à quoi correspondaient 50 millions de francs. En gros, c’était un bloc d’immeubles. Désormais, on compte en milliards et même moi – un Rothschild! –, je ne parviens pas à visualiser à quoi cela correspond.» Les esprits critiques diront en lisant ces lignes que nous avons été éblouis par l’argent. C’est l’état de solitude pourtant qui frappait chez notre interlocuteur, comme souvent dans ces grandes familles fortunées. Chez Benjamin de Rothschild, il y a plusieurs raisons qui ont poussé à cet isolement.

Le bateau, un passion de Benjamin, tout jeune déjà.

Benjamin à bord du Gitana VI, l’un des bateaux emblématiques de la famille, et sa passion.

Yvan Zedda / Gitana SA

Cet écorché vif portait ce nom écrasant qui l’obligeait à réussir. Si son père a beaucoup compté pour lui, Edmond a aussi agi comme un mentor inflexible, demandant toujours plus à son fils unique, comme l’attestent de nombreux témoignages. Malmené à la maison, ultra-sollicité à l’extérieur, Benjamin développera une approche méfiante de la vie. Il aiguisera notamment son «radar», très efficace pour détecter les courtisans, les malintentionnés et autres néfastes attirés par ce nom dont Stendhal le premier avait écrit qu’il symbolisait la richesse.

La vie sociale de Benjamin se rétrécira avec les années et lui, si discret, se moquait souvent de tous ces gens qui se vantaient de le connaître alors qu’il ne les avait croisés qu’une fois ou deux. Pour Didier Bottge, avocat de la famille et ami de quarante ans, «Benjamin passait du temps avec des artisans, des mécaniciens ou des marins-pêcheurs qu’il accompagnait sur leur embarcation. Il était sensible aux gens qui ont l’amour de leur métier, cela correspondait à sa perception du monde.»

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Nadine de Rothschild et Benjamin au Musée du Louvre, à Paris, le 4 juin 1991.

MICHEL CLEMENT

Le baron avait une passion connue de tous, la chasse des grands animaux dans des contrées lointaines où il partait accompagné de son taxidermiste. Mais Benjamin de Rothschild avait aussi de multiples autres centres d’intérêt. De la voile avec Team Gitana – il se demandait toujours pourquoi un bateau rapide restait quelque chose d’aussi compliqué à construire – à la BD, lui qui soutenait de nombreux auteurs. Fan du dessinateur Philippe Druillet, il avait fait refaire à ce dernier beaucoup de son mobilier, à commencer par un bureau de travail. Avec sa belle gueule de caractère à la Vincent Cassel, l’amateur de vitesse et de voitures de sport s’amusait de pouvoir participer à des événements comme le Salon de l’auto sans que personne prête attention à lui. Etre libre semblait être son principal désir. Mais cette liberté n’avait rien d’absolu. La famille a toujours été une cible et les mesures de sécurité s’en ressentaient. Discrètes, mais elles accompagnent forcément la vie d’une telle personnalité.

Benjamin se disait gros fumeur.

Benjamin de Rothschild, chasseur et gros fumeur.

Olivier Buttin

La légende de la famille commence avec la naissance de Mayer Amschel en 1744, en Allemagne, qui s’est arrogé le nom de Rothschild, le «bouclier rouge». Fortune faite, ce dernier a envoyé ses cinq fils (les cinq flèches des armoiries familiales) dans les grandes capitales européennes – Paris, Londres, Naples, Vienne et Francfort – pour prospérer chacun de son côté. Ce qui a continué à créer des tensions des siècles plus tard. Partagée entre la Suisse et la France, la famille de Benjamin compte des cousins dans différents points du globe. Mais chacun a ses activités propres et séparées. La banque d’affaires qui employa un temps Emmanuel Macron à Paris n’a ainsi rien à voir avec le groupe suisse.

En ce qui concerne le futur du groupe bancaire Edmond de Rothschild après le décès de Benjamin, Cynthia Tobiano, Deputy CEO, précise que «rien ne change, la stratégie à long terme a toujours été définie par les deux époux». La plupart des descendants de la dynastie fondée au XVIIIe siècle ont un lien avec la finance, mais la branche helvétique a développé sa propre histoire, dont Benjamin représentait la quatrième génération. Le groupe qu’il présidait figure aujourd’hui parmi les plus importantes banques de Suisse, avec 173 milliards de francs sous gestion et 2600 collaborateurs. Elle n’en comptait que 600 quand Benjamin avait été propulsé, à 34 ans, à la tête de l’établissement après la mort de son père, en 1997.

Benjamin de Rothschild avait aussi ses démons intérieurs, qui le poussaient à tester ses limites. Comme marcher sur des braises brûlantes lors d’une chasse en Afrique, par exemple, peu de temps après que nous l’avions rencontré et alors que nous nous étonnions de sa claudication. Mais il cumulait aussi toutes sortes d’excès et d’addictions qui l’ont mené à se retirer de plus en plus de la vie publique. Son entourage prenait soin de le protéger pour éviter d’éventuels dérapages.

En 2007, il s’est trouvé pris dans un épisode saugrenu. Dans son hôtel particulier parisien qui longe l’Elysée, le baron a un jour visé avec un laser une policière en faction devant le bâtiment de son prestigieux voisin. Se sont ensuivis une garde à vue et pas mal d’efforts de la famille pour étouffer l’affaire, sans succès. Si le banquier avait été une rock star, l’anecdote aurait construit sa légende. Comme c’était un Rothschild, la mauvaise blague d’ado attardé a fait polémique.

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Benjamin de Rothschild, son épouse, la baronne Ariane de Rothschild, et Noémie, l’une de leurs quatre filles, au château Mouton Rothschild en 2016.

Bertrand Rindoff Petroff

Jeune homme turbulent, il avait effectué ses études à l’Université Pepperdine, en Californie, dont est notamment issu John Lasseter, l’inspirateur des studios Pixar. Au début de sa carrière, il a préféré travailler à distance de son père en fondant une compagnie révolutionnaire – baptisée de son prénom – dans le domaine des dérivés, des produits financiers complexes. Cet esprit vif, pas du tout doué en ronds de jambe et que la gestion de fortune n’inspirait aucunement, avait un côté entrepreneur qui le destinait à tâter de l’innovation et de la technologie dans tous les domaines.

Il rencontra celle qui allait devenir sa femme en 1993. Dans leurs relations professionnelles, elle était ce que l’on appelle sa contrepartie chez AIG. Elle deviendra sa «partie tout contre», comme il aimait à le dire. Ariane a elle aussi un sacré tempérament. Quand elle entre dans la pièce, cette femme de caractère emplit tout l’espace. C’est une fan de rap qui en écoute «à fond les ballons, tous les matins, un souvenir de ma période new-yorkaise». Une belle nature qui rit à gorge déployée et n’aime pas les conventions. On comprend qu’Ariane aura plus tard bien des difficultés à se glisser dans le moule de la finance suisse, comme Benjamin à ses débuts. Elle a passé une partie de son enfance en Afrique, que son mari adorait lui aussi, à cause de sa fascination pour les animaux. La quinquagénaire apprécie par ailleurs le côté sophistiqué de la finance et se donne sans compter pour sa famille.

Ariane et Benjamin Rothschild

Benjamin de Rothschild, son épouse, la baronne Ariane de Rothschild, étaient unis par une très forte complicité.

DR

Les deux avaient tout pour s’entendre. Selon Didier Bottge, «il aurait été impossible de glisser entre eux deux ne serait-ce qu’une feuille de papier à cigarette. Je l’ai connu il y a plus de quarante ans et ils sont ensemble depuis presque trente ans: ils formaient une véritable équipe.»

Détestant le politiquement correct, Benjamin parlait cash, comme celle qui allait devenir sa femme. Rien qui ne pose problème en soi, sauf que le milieu financier déteste cela. Quand Ariane déclare dans une interview qu’elle est la blonde de la finance suisse et son ami Tidjane Thiam (ancien patron de Credit Suisse) le Noir, cela ne peut que plaire à Benjamin, qui aime casser les codes. Les banquiers suisses traditionnels, de Zurich à Genève, apprécient moins.

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En janvier 1990, dans le bureau de son père Edmond. Sept ans plus tard, celui-ci décédera d’une crise cardiaque à 71 ans, faisant de Benjamin son héritier à seulement 34 ans.

Anna Clopet

Les impératifs concernant la sécurité personnelle et familiale, la communication emprisonnante liée à une marque sur le fronton d’un établissement coté en bourse jusqu’en 2019 et une relation pour le moins complexe avec une mère très médiatisée ont fait du baron le prisonnier d’une dynastie. Sa femme avait repris en 2015 déjà la direction de l’établissement, préparant avec lui sa succession pour leurs quatre filles, avec toutes les questions que cela pose. Que deviendra le nom de la famille? Les jeunes femmes feront-elles de bonnes dirigeantes d’un empire qui compte des investissements dans de multiples secteurs sur tous les continents?
Selon un proche de la famille, «les choses ont été si bien faites qu’elles ont les meilleures cartes en main pour choisir leur destin». Les jeunes baronnes ont désormais entre 18 et 25 ans, la benjamine vit à Genève et l’aînée travaille pour les parfums Caron, prestigieuse maison rachetée en 2018. Au début des années 2000, Benjamin nous confiait tout «penser par quatre» dans la perspective de l’héritage. Comme les domaines viticoles qu’il avait achetés de par le monde afin que chacune de ses filles puisse avoir le sien: «Elles en profiteront plus que moi», annonçait celui qui n’aimait rien plus qu’innover dans la tradition.

Le nom de Rothschild, parce qu’il reste l’un des plus emblématiques de la réussite dans le monde, s’est vu attaqué par les complotistes et antisémites à toutes les époques. Il suffit de lire les commentaires sur les réseaux sociaux qui ont suivi l’annonce de la mort du baron ce week-end pour mesurer combien la peste a regagné en vigueur. Un thème qui touchait particulièrement Benjamin de Rothschild. Son grand-père avait été sénateur à Paris au début du siècle dernier, ce qui n’avait pas empêché la France de destituer la famille de sa nationalité en 1940 parce qu’elle était juive, comme il nous le révéla dans une interview.

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Naviguer (photo non datée), était l'une des passions de Benjamin de Rotschild.

YANN RIOU /POLARYSE / GITANA S.A

Ce nom, il devait aussi le partager avec sa mère. Nadine de Rothschild, ancienne actrice dont Edmond tomba éperdument amoureux dans les années 50, et qui devint la prêtresse des bonnes manières avec ses guides et son omniprésence dans les médias durant les années 80. Jointe samedi, la baronne ne nous confiera que quelques mots au milieu de ses larmes: «Une mère ne peut vous dire qu’une chose, qu’elle a aimé son fils…» Avec Benjamin, les relations étaient devenues détestables, au point que Nadine a préféré, il y a quelques années, placer sa fortune chez un autre banquier de la place après avoir quitté Pregny.

La raison de cette animosité familiale n’a jamais été rendue publique, mais des proches parlaient après l’annonce du décès de Benjamin d’un «immense gâchis» qui n’aura jamais eu le temps d’être réparé. De nombreuses rumeurs courent aussi au sujet de la tension entre la mère et la belle-fille. Personne ne confirme, mais il en va des histoires des Rothschild comme de celles des grandes cours d’Europe. Parfois, la réalité dépasse la légende.

Le jeune Benjamin aux sports d'hiver.

Benjamin, skieur à Megève, station lancée par sa grand-mère, Noémie de Rothschild, en 1920.

Yvan Zedda

La dynastie n’a pourtant pas besoin de folles histoires pour établir sa réputation de dignitaires qui fascinent, avec un statut à mi-chemin entre celui des familles royales et des Kennedy aux Etats-Unis. La branche helvétique des Rothschild a ainsi investi massivement dans de nombreux domaines philanthropiques. Des soutiens anciens, comme la création de l’hôpital ophtalmique à Genève, en 1874, jusqu’à, plus récemment, les multiples initiatives pour l’enfance d’Ariane de Rothschild.

Si cette famille de légende perd aujourd’hui un fils, elle pourra plus que jamais compter sur la relève assurée par des femmes puissantes, avec Ariane à la barre et ses quatre filles. Ces dernières se situeront-elles dans la lignée de grandes aïeules de la famille, à l’instar de Léonie – la grand-mère de Benjamin – qui, il y a cent ans, investissait Megève, en Haute-Savoie, pour la transformer en station réputée? L’histoire de la branche helvétique des Rothschild s’écrira, quoi qu’il en soit, désormais au féminin pluriel.


Ses amis rendent hommage à Benjamin

Nombreux sont ceux qui ont connu Benjamin de Rotschild, à Genève, à Los Angeles ou ailleurs. En répondant à L’illustré depuis le monde entier, tous ont manifesté leur affection pour un garçon intelligent, généreux et fidèle.

Jean Todt

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Le président de la Fédération internationale automobile (FIA) Jean Todt, à Paris, en novembre 20210.

JOEL SAGET

• Jean Todt, 74 ans, ex-directeur de l’écurie de formule 1 Ferrari et président de la FIA, membre du «board» Edmond de Rothschild SA, depuis Riyad, Arabie saoudite.

«Je suis effondré. Nous avions une relation très amicale. Il y a vingt-cinq ans, il avait demandé à me rencontrer en Italie lorsque j’étais chez Ferrari. Nous partagions la passion des voitures. Il avait aussi celle des belles choses, de l’architecture, des meubles, des œuvres d’art; le goût du beau. Il était généreux, intelligent, drôle, délicat et élégant et en même temps «low profile», timide et spontané. A travers ses fondations, notamment pour l’enfance en milieu médical, lui et Ariane ont fait beaucoup. Benjamin faisait, mais il ne le disait pas. Il ne suffit pas d’avoir de l’argent, le tout est de savoir ce que l’on en fait. Nous devions dîner ensemble et en apprenant sa disparition, cela m’a profondément affecté. C’était totalement inattendu.»

David Brolliet

Son ami David Brolliet.

David Brolliet.

Facebook

• David Brolliet, 60 ans, collectionneur d’art contemporain et producteur audiovisuel, depuis Dakar, Sénégal.

«A Genève, Jean, mon père, était l’administrateur des sociétés d’Edmond de Rothschild. Avec Benjamin, nous nous sommes connus enfants, puis à l’Institut Florimont. Il aimait rigoler; c’était un farceur. Je lui avais rendu visite, adolescent, à l’Université Pepperdine, à Malibu. Il avait adopté un boa qu’il avait mis dans une cage. Un jour, en voyant la porte de la cage ouverte, je lui ai dit: «Que s’est-il passé?» Il m’a répondu: «Le boa a foutu le camp!» J’ai dit: «Je fous le camp aussi!» Nadine, sa mère, est une amie très chère. Elle n’avait plus de contact avec Benjamin. Un jour, je lui ai demandé comment je devais faire pour renouer avec Benjamin et elle m'a répondu: «David, je pense que cela sera impossible.» Je suis si triste pour elle.»

Alex Berger

Son ami Alex Berger.

Alex Berger.

Canal+

• Alex Berger, 58 ans, homme d’affaires, producteur de cinéma et télé, concepteur dans les médias, depuis Paris.

«J’ai connu Benjamin à Los Angeles, vers 17 ans. Il était hyperactif, physiquement et intellectuellement. Nous avions fondé une société de production, Real to Reel Filmworks, avec Edmond, son père, et lui. Nous réalisions des courts métrages que nous vendions aux câblo-opérateurs américains émergents. Ils diffusaient nos productions afin que les films commencent à l’heure.

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A Malibu, en Californie, les adolescents Benjamin de Rothschild et son ami Alex Berger (4e et 5e) apprennent à dompter les vagues.

DR

Plus tard, Edmond, qui possédait la Compagnie du jouet en Europe et notamment les maquettes Revell, nous a demandé de créer un concept. Avec Benjamin, nous avons imaginé les Robotech, des robots qui s’emboîtent, devenus des personnages de courts métrages. C’étaient les Transformers avant l’heure. Fort de ces succès, Edmond nous a dit: «Vous devez apprendre un vrai métier: la finance.» Benjamin et moi nous sommes installés à Genève, à la Banque Rothschild, rue de Hesse. Nous habitions à Pregny, où nous avions recréé notre maison de Californie dans les anciennes étables du château. J’ai poursuivi dans l’audiovisuel (ndlr: «Rapido», «Burger Quiz», la fusion Vivendi-Universal, «Le Bureau des légendes»). Benjamin, lui, la banque et les relations étaient dans son ADN. J’ai eu de la chance de l’avoir comme ami parce que, pour reprendre une formule de Pierre Lescure, nous nous étions choisis.»

Par Stéphane Benoit-Godet et Didier Dana publié le 22.01.2021
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