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L'édito

COP26: Le climat a besoin d’apaisement

Philippe Clot, journaliste à «L'illustré», s'étonne que la COP26 soit considérée comme un énième fiasco. Comme Bertrand Piccard, il pense qu'au contraire, nous sommes plus proches que jamais d'un monde nouveau plus respectueux de l'environnement, il ne tient qu'à nous de le créer en prenant en main notre quotidien.

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Selon la quasi-totalité des commentateurs, la dernière conférence mondiale sur le climat se solderait par un fiasco.

AFP

Une fois de plus, selon la quasi-totalité des commentateurs, la dernière conférence mondiale sur le climat se solderait par un fiasco. Ce n’est pourtant pas le cas (lire l’analyse par Bertrand Piccard). Des progrès décisifs ont été réalisés grâce à ces négociations, grâce à ces centaines de discussions officielles et officieuses. Jamais les nations n’ont partagé un tel consensus sur les causes du réchauffement climatique. Jamais l’état d’urgence écologique ne s’était imposé comme une telle évidence, en transcendant les différences culturelles, les inégalités
économiques et les intérêts divergents qui divisent depuis toujours les peuples et les Etats.

Il est donc temps de changer de rengaine maintenant que le risque d’effondrement collectif est admis. Le défaitisme et les rancœurs sont des impasses. Pour trouver la sortie du long tunnel carboné dans lequel s’empoisonne l’humanité depuis la révolution industrielle, il faut maintenant inventer des solutions réalistes et fédératrices. Certaines pistes sérieuses existent déjà et ne demandent qu’à être mises en œuvre. D’autres ont encore besoin d’être dessinées. Mais il faut pour cela une atmosphère moins lourde, moins hostile. Entre l’écologisme utopique hargneux et la technophilie hypocrite et vénale, il existe un immense territoire de créativité pour inventer à plusieurs un monde sans énergie fossile, moins gaspilleur, plus solidaire et même plus joyeux.

Bertrand Piccard incarne à notre sens cette attitude positive, réaliste et tolérante, qui manque cruellement dans le débat écologique actuel. Il a notamment le bon goût et la modestie d’admettre que sa démarche ne suffira pas pour infléchir les indicateurs écologiques qui montrent tous le rouge vif. Le défi des transitions (énergétique, économique, sociale) à entreprendre est bien trop colossal pour être aisément résolu. Mais au lieu de hurler à la mort, de désigner des méchants ou d’invectiver les dirigeants, il s’efforce avec sa Fondation Solar Impulse de promouvoir des solutions concrètes et attractives, des comportements raisonnables et durables. Il serait judicieux de faire pareil, chacune et chacun, à l’échelle de sa vie et de ses moyens.

Par Philippe Clot publié le 18 novembre 2021 - 09:11