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Guide de voyage

Douze destinations de vacances, malgré tout...

Découvrez nos 12 destinations originales pour prendre le large dans de bonnes conditions en respectant la planète. En dépit de la crise sanitaire, il n’est pas interdit de rêver et de préparer nos prochains voyages.

Voyage

«L'illustré» vous propose un guide de 12 destinations originales pour voyager en respectant les consignes sanitaires en cette année spéciale. 

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Se faire oiseau éphémère dans les arbres

Pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour trouver le nid de ses rêves. A deux heures et quelques brindilles de route de Lausanne, quasiment à la frontière entre les départements du Doubs et de la Haute-Saône, peu après le village de Chassey-lès-Montbozon, sur les rives d’un petit lac de Franche-Comté, un gîte aérien vous tend les bras. De ce repaire, vous allez pouvoir littéralement entendre la forêt respirer.

>> Lire aussi: Ces vacances où l'on fait tout faux

Disséminées dans le vaste Domaine des Grands Lacs, perchées dans la canopée, une petite dizaine de cabanes, suffisamment éloignées les unes des autres pour vous garantir l’intimité, sont à votre disposition. Elles ont été construites il y a une dizaine d’années, sans clou ni vis, à l’aide de simples cordages, afin de limiter l’impact sur les arbres qui les accueillent. Accessibles uniquement par des échelles, de petits ponts suspendus ou des tyroliennes, ces nids perchés, sans eau ni électricité mais équipés de toilettes sèches, constituent de prodigieux observatoires. Au pied de l’arbre, la faune de passage, au loin le chant des batraciens, le vol d’un héron cendré, la course d’une poignée de colverts, juste en face une famille de gobe-mouches. Une découverte qui ne s’arrête pas à la porte de votre cabane.

Une fois à l’intérieur de votre cocon, où les branches continuent parfois à croître, c’est toute la vie de l’arbre que vous allez appréhender. Rien de tel qu’une nuit d’orage ou de fortes rafales de vent pour tanguer avec sa cime, vibrer à son rythme, faire corps avec la forêt, couché dans votre lit douillet. Au réveil, il vous suffira de tirer sur une corde pour faire monter le panier en osier qui contient un excellent petit-déjeuner. Si vous voulez prolonger votre éphémère statut d’oiseau, vous pouvez sans autre rester dans votre nid, à plus de 8 mètres du sol, sans regagner le plancher des vaches.

Les repas viendront à vous toujours par l’entremise du petit panier magique. Il suffit de passer commande aux gardiens du lieu, l’équipe du Coucoo Grands Lacs. A noter que ceux qui auraient le vertige peuvent toujours se rabattre sur les options lacustres. Des cabanes flottantes avec spa, accessibles uniquement en barque individuelle, complètent l’offre du séjour aérien dans la canopée.

>> Infos pratiques: accès possible en train.
www.cabanesdesgrandslacs.com


 

Voyage

A cheval entre la Pologne et la Biélorussie, une forêt primaire à découvrir avec un guide.

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La forêt vierge de Bialowieza

Pas forcément besoin de se rendre en Amazonie, en Papouasie ou au fin fond de l’Afrique pour découvrir la forêt vierge. A moins de trois heures et demie de train de Varsovie, vous pouvez partir à la découverte d’une des dernières forêts primaires d’Europe, qui s’étend sur plus de 1000 km2. Resté à l’écart de la plupart des influences humaines, cet espace se situe à cheval entre la Pologne et la Biélorussie. Le petit village de Bialowieza en constitue la porte d’entrée.

Formé il y a 10 000 ans, lors de la dernière glaciation, cet ancien terrain de chasse des tsars russes, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco, recèle une flore et une faune exceptionnelles. On peut appréhender ces contrées sauvages en quelques heures de marche en été, de raquettes ou de traîneau en hiver. Vous aurez peut-être la chance de croiser des tarpans, ces alertes petits chevaux sauvages, des ours, des lynx et même des loups. Autre curiosité, d’ailleurs emblème du parc national de Bialowieza, les tout derniers bisons sauvages d’Europe, qui ont réussi à y survivre. Il ne reste aujourd’hui que 300 spécimens de cet animal mythique qui a peuplé nos forêts jusqu’au Moyen Age.

Mais si vous voulez vraiment découvrir l’âme de la forêt primaire, débusquer une infime parcelle de son incroyable richesse, il vous faudra quitter les sentiers battus. Il est impératif pour ce faire de s’assurer les services d’un guide, d’une part parce que les risques de se perdre dans ces dédales forestiers sont grands, d’autre part parce que la biosphère est strictement protégée. Les formules à disposition sont multiples: elles vont de sorties d’un jour avec des spécialistes agréés du parc national à de véritables expéditions de plus d’une semaine, accompagnées de guides naturalistes.

Si le temps vous est compté ou que vous ne voulez pas forcément jouer les Livingstone, vous pouvez vous rabattre sur le passionnant Musée d’histoire naturelle qu’abrite le parc national de Bialowieza.

Vous trouverez à vous loger et à vous restaurer dans les environs de ce parfait résumé de la forêt vierge d’Europe. Les offres ne manquent pas.

>> Infos pratiques: il est possible de s’y rendre en train, mais il faut compter plus d’une journée de voyage. Des opérateurs français comme Voyage Nature Europe le proposent dans leur catalogue: www.voyage-nature-europe.com
Site du parc national: www.bpn.com.pl


 

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La Namibie est l’un des pays les plus beaux et aussi les plus arides du monde.

David Noton

La Namibie pour les amoureux de la nature, du désert et des grands espaces

Le bivouac en pleine nature, installé dans des lieux calmes, permet d’apprécier la beauté environnante. Et la soirée se termine autour du feu de camp, après avoir dégusté des plats locaux fraîchement préparés au feu de bois. Et si vous entendez les gazouillis grinçants des «travailleurs à tête rouge», une sorte de pinson, c’est le signe qu’une nuée vient d’installer ses quartiers de nuit dans un arbre; allez les surprendre à la lueur de la lampe de poche, c’est un spectacle inoubliable!

Et pourquoi ne pas aller à la rencontre des Himbas, la tribu du peuple rouge, en toute simplicité, sans folklore et dans le respect de l’échange? Le bivouac est alors installé à côté de leur village et l’on est invité à partager leur quotidien: traire les vaches, fabriquer colliers et bracelets, sculpter le bois, garder les chèvres, chercher de l’eau, de quoi prendre conscience de la dureté de la vie pastorale dans l’un des pays les plus beaux, mais aussi les plus arides du monde.

>> Infos pratiques: pour des tours de qualité sur mesure, en couple, en famille ou en groupe individuel, dans la sobriété.
www.circuit-randonnee-trek-namibie.com


 

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Dans la province italienne de Brescia, la Valle Camonica recèle l’une des plus grandes collections d’art rupestre préhistorique du monde.

ClickAlps / Michele Rossetti

L’art préhistorique à ciel ouvert (nord de l’Italie)

Si, à l’image de Lascaux, les grottes constituent les véritables cathédrales de l’art préhistorique, elles ne sont de loin pas les seuls espaces où l’on peut admirer les toutes premières manifestations de l’art figuratif. A un jet de pierre du lac d’Iseo, dans la province italienne de Brescia, la Valle Camonica recèle l’une des plus grandes collections d’art rupestre préhistorique du monde. Au milieu d’une nature préservée, entre lacs et montagnes, quelque 300 000 pétroglyphes à ciel ouvert attendent le visiteur. Des dessins gravés sur la pierre durant plus de huit mille ans, entre le mésolithique et le Moyen Age. Des scènes agrestes, des duels, des chasses au cerf, des personnages en tout genre, mais aussi un grand nombre de formes géométriques symboliques, labyrinthes en tête, disséminées sur les deux flancs de la vallée.

Le village de Capo di Ponte est un excellent point de départ de ce qui peut constituer un véritable jeu de piste à travers cette myriade d’incisions rupestres. Il concentre à lui seul un parc national d’art rupestre et deux parcs archéologiques, l’un national, l’autre communal. Mais rien ne vous empêche de jouer les Indiana Jones dans la vaste zone résolument alpine qui, des sommets de la Concarena au massif du Pizzo Badile Camuno, renferme ce véritable trésor inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 1979. Et qui sait, chemin faisant, vous en viendrez parfois à oublier votre quête du passé pour simplement jouir de la beauté du paysage, entre moyenne et haute montagne.

Autre avantage de la vallée, au retour de vos escapades, vous trouverez une cuisine locale d’une grande richesse, variations autour du fromage, de la châtaigne et de la polenta, vins, nombreuses déclinaisons de charcuterie. Et si vous avez soudain des envies lacustres, n’hésitez pas, à l’aller ou au retour, à faire une halte sur les rives du très beau lac d’Iseo, porte d’entrée de la Valle Camonica, à moins de deux heures de route de Milan. Moins connu que ses voisins de Garde ou de Côme, il vaut largement le détour, à commencer par la petite île de Monte Isola, magiquement placée en son centre et qu’on ne peut gagner qu’en bateau.

>> Infos pratiques: possibilité de s’y rendre en train. Informations générales sur les incisions rupestres: www.parcoincisioni.capodiponte.beniculturali.it


 

BeckerBredel

Le site de Völklingen, un labyrinthe industriel classé au patrimoine mondial de l’Unesco, avec centre d’art contemporain, théâtre et musique.

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Revivre l’âge d’or de la sidérurgie européenne (Allemagne)

La Sarre, vous connaissez? Le plus francophone des länder allemands a, au même titre que la Ruhr, longtemps constitué l’un des hauts lieux de l’industrie européenne. Et pour cause, riche en charbon et en minerai de fer, cette région voisine de la Moselle française a, des décennies durant, fait de la sidérurgie son produit phare. Völklingen, à moins de 10 kilomètres de Sarrebruck, en est le lieu le plus emblématique.

Dès la fin du XIXe siècle, un gigantesque centre de production de fonte y a été créé. Un conglomérat d’usines qui a fini par couvrir plusieurs dizaines d’hectares. A la fin des années 1980, frappé de plein fouet par la crise qui touche ce secteur, ce site occupant plus de 17 000 ouvriers ferme définitivement ses portes. Le land de Sarre rachète les installations désaffectées. A l’inventaire: six hauts-fourneaux, une cokerie, une salle de compresseurs ainsi que la gare de chemin de fer, les logements de fonction des cadres et des contremaîtres et la villa du directeur qui lui sont associés. Un ensemble immédiatement classé monument culturel pour empêcher son démantèlement ou sa dégradation. Un témoin exceptionnel de l’industrie de transformation du fer et de l’acier, le seul dans le monde à avoir été conservé dans son intégrité.

Classé au patrimoine culturel mondial de l’Unesco, le Völklinger Hütte est, depuis une vingtaine d’années, ouvert au public. Durant près de trois heures, le visiteur peut librement déambuler dans cet incroyable labyrinthe qui va des profondeurs de l’usine jusqu’à la plateforme du haut-fourneau le plus élevé, à près de 30 mètres du sol. Un parcours de plusieurs kilomètres à travers ce véritable lieu de mémoire avec, à chaque détour, le sentiment que les ouvriers qui s’y sont affairés si longtemps viennent de le quitter. Les sous-sols du complexe abritent désormais un centre d’art contemporain ouvert aux arts plastiques, au théâtre et à la musique.

Par ailleurs, malgré cette forte présence humaine, la nature a largement repris le dessus, faisant des abords immédiats des installations sidérurgiques un riche espace sauvage dans lequel on peut vagabonder. Cette reconversion touristique n’a pas pour autant escamoté le passé parfois discutable du site. Une exposition est notamment consacrée aux milliers d’ouvriers forcés qui ont fait tourner les hauts-fourneaux durant la Seconde Guerre mondiale.

>> Infos pratiques: accessible en train depuis la Suisse.
Site de l’usine sidérurgique de Völklingen:  www.voelklinger-huette.org/fr/bienvenue


 

Voyage

Eastbourne, c’est le calme du bord de mer et aussi l’accès au parc naturel des Seven Sisters aux paysages saisissants.

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Les blanches falaises de l’Angleterre de la Belle Epoque

Pourquoi ne pas séjourner quelques jours à Eastbourne, la belle endormie? Construite au XIXe siècle à l’abri des impressionnantes falaises de craie, l’impératrice des stations balnéaires vous ravira. Tout est resté figé, comme à la Belle Epoque: un front de mer constitué d’une succession d’hôtels victoriens et de pelouses impeccables, une immense plage de galets (6 km), un kiosque à musique et une jetée en bois blanc de 300 mètres qui s’élance dans la mer (le Pier).

Eastbourne, c’est aussi l’accès au parc naturel des Seven Sisters, soit 280 hectares de falaises de craie, de vallées fluviales sinueuses et de prairies de craie ouvertes: une grosse bouffée d’air pur et des paysages étonnants.

Vous voici au milieu de nulle part, aucun promeneur à l’horizon, aucun village en vue, sur l’une des plus belles côtes intactes de Grande-Bretagne. Parcourez les crêtes des falaises de craie blanche qui plongent à pic et vous offrent des paysages époustouflants et de beaux points de vue. Les sentiers traversent les pâturages où paissent les moutons, les lièvres bondissent parmi les fleurs et les papillons. Descendez dans les vallées fluviales sinueuses pour observer les échassiers sur les plages, ainsi que le monde marin dans les piscines formées par la marée basse. Ce parc naturel attire aussi les amateurs d’ornithologie, de vélo, de canoë et de paddle.

Eastbourne, enfin, est merveilleusement bien située. Une ligne de bus desservant le littoral vous dépose à l’un des accès aux Seven Sisters ou vous emmène à la station à la mode, Brighton, très fréquentée le week-end et dont l’ambiance et la vie nocturne trépidante tranchent avec la calme Eastbourne. Vous y trouverez même des magasins spécialisés dans la vente d’articles véganes improbables (souliers, vêtements, etc.). Il y a aussi le train, qui vous amène par les mystiques landes au charmant village médiéval de Rye, abritant l’une des plus jolies rues d’Angleterre.

>> Infos pratiques: des lignes de bus desservent tout le littoral, dont Brighton et Eastbourne, et vous déposent aux portes du parc naturel des Seven Sisters. Le train vous amène d’Eastbourne à Londres en une heure et demie et à Rye en un peu moins d’une heure.
Site du parc naturel des Seven Sisters: www.sevensisters.org.uk


 

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Le Vale do Pati, une vallée sauvage accessible uniquement à pied, où un périple de plusieurs jours avec guide vous mène à travers cols, sommets et vallées, avec de délicieux arrêts cascades.

imageBROKER / Harald von Radebrecht

Au cœur de la Chapada, le diamant bahianais (Brésil)

Vous rêvez d’exotisme, loin du pré carré européen? Alors mettez sans hésiter le cap sur le Brésil. A 400 kilomètres à l’est de Salvador, dans les terres de l’Etat de Bahia, la dérive des continents africain et sud-américain, survenue il y a 100 millions d’années, fait de cet espace un coin de terre riche en diamants. Attirés par ces joyaux, les colons s’y sont pressés dès le XVIIe siècle. Aujourd’hui, il ne reste de cette opulence minière plus que le nom: la Chapada Diamantina. L’extraction de diamants y est d’ailleurs désormais totalement interdite.

Ce territoire de quelque 1520 km2 se caractérise par des montagnes hiératiques aux contours circulaires formant de larges plateaux sur ses sommets et de profonds canyons constellés de chutes d’eau. Une beauté naturelle sans pareille qui n’a pas échappé aux autorités brésiliennes. En 1985, elles ont d’ailleurs élevé la région au rang de parc national.

En son cœur se trouve la petite bourgade de Lençois, ensemble colonial du XIXe siècle aux bâtisses colorées et aux rues pavées. Elle constitue le point de départ idéal pour se lancer à la découverte des nombreux sites d’exception de la Chapada. Parmi les destinations remarquables, optez sans hésiter pour le Vale do Pati, une vallée sauvage uniquement accessible à pied, où vivent encore une quinzaine de familles approvisionnées seulement par des muletiers. Un périple de plusieurs jours accompagné d’un guide vous mène à travers cols, sommets et vallées, avec de délicieuses haltes sous des cascades. Il y en a plus de 300. On apprécie aussi des baignades dans des jacuzzis naturels aux eaux tantôt noires, tantôt rouges, tantôt cristallines, au milieu des orchidées, des joubarbes, des fougères ou des philodendrons. Aux étapes, accueil chez l’habitant. C’est rustique, mais tellement chaleureux. Et la cuisine est savoureuse: jus d’acérola, crêpes de tapioca, ratatouille de courge, feijoada, compote d’ananas.

Et s’il vous reste un peu d’énergie pour quelques heures de marche de plus, il est possibile d’explorer les très nombreuses grottes – plus de 130 répertoriées et cartographiées – qui jalonnent le parcours. Certaines contiennent des peintures rupestres. Bref, sur terre comme dans les profondeurs, la Chapada Diamantina est un véritable paradis.

>> Infos pratiques: les agences locales offrent de nombreux circuits de randonnée, en particulier dans la vallée du Pati et dans la partie nord du parc, entre Palmeiras et Lençois.
Association des guides de Lençois: www.acvlencois.com.br


 

Voyage

Découvrir la mer Egée en deux-mâts, le rêve!

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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (Grèce)

Découvrez la mer Egée, en famille ou avec des amis, en embarquant sur un deux-mâts. Une aventure originale et fort sympathique qui vous permet de choisir vos compagnons de bord et de définir votre parcours. Rêvez-vous d’une traversée romantique, sportive ou culturelle? Le capitaine est à votre écoute pour concocter la croisière de votre choix, à travers des paysages et des sites somptueux.

Le voyage commence par une courte étape, le temps d’acclimater les estomacs au roulis de la mer. Les surprises ne tardent pas: vous voilà déjà en train de déguster des spécialités grecques sur le pont, au pied du cap Sounion, en admirant le temple de Poséidon dont les colonnes de marbre luisent au soleil.

Chaque jour, vous jetez l’ancre dans des criques paisibles, à l’écart des foules, pour découvrir des coins sauvages et idylliques. Le programme varie au fil du voyage. Il peut comprendre la visite de sites archéologiques, Epidaure et son théâtre, Délos, la Pompéi de l’Egée, découverte tôt le matin avant l’arrivée du flot des touristes. Mais aussi des îles aux villes blanches, Egine, Syros, ou des sites naturels comme l’île de Moni, recouverte d’une pinède et dont le silence est troublé par les stridences des paons et le brame des cerfs.

La vie sur le bateau offre ses propres plaisirs: baignades dès le lever, petits-déjeuners roboratifs, lecture sur le pont, siestes, plongeons dans des eaux limpides, et même la main à la barre sous l’œil du capitaine. Celui-ci est l’artisan du bonheur du voyage: excellent cuisinier, il s’ingénie à préparer des plats typiques composés d’ingrédients frais et locaux. En plus, quelle encyclopédie! Mythologie, histoire, géographie, navigation, rien ne lui est étranger. Secondé par un moussaillon, il se préoccupe constamment de faire plaisir aux passagers et de rendre leur voyage inoubliable.

>> Infos pratiques. Un couple de Romands qui vous propose deux bateaux au choix pour composer l’itinéraire en fonction de vos rêves et de vos possibilités, tout en restant dépendant des conditions météorologiques: www.patmosailing.com


 

Voyage

De Collioure à Cadaqués, un magnifique périple pédestre.

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A pied de la côte Vermeille à la Catalogne de Dalí (France et Espagne)

D’abord, il y a Collioure, perle de la côte Vermeille, sa douceur de vivre, son incomparable lumière. Collioure, berceau du fauvisme sublimé par Matisse et Derain. Dans les petits bistrots de ce port de l’extrême sud méditerranéen français, on trouve encore, de-ci de-là, quelques toiles laissées en gage par des artistes qui ont suivi ces deux peintres dans leurs aventures. A Collioure, faites le plein de sa bonhomie, elle vous sera utile pour affronter les cinq étapes pédestres – entre quatre et cinq heures de marche quotidienne – qui vous attendent afin de rallier Cadaqués.

La première va vous conduire à Banyuls, soit par le bord de mer, soit par les hauteurs, selon votre bon vouloir, mais toujours en promeneur léger. Le lendemain, en quittant les derniers vignobles français, vous allez découvrir la rudesse des tout premiers contreforts pyrénéens. Ce sera d’abord la gare bout du monde de Cerbère, puis le col qui la domine, marqué par le monument à l’exil des républicains espagnols. Vous laisserez dans votre dos la douleur encore perceptible malgré les décennies passées, pour plonger ensuite sur Portbou. Un premier contact vivifiant avec la Catalogne et sa cuisine roborative.

A partir de là, par un sentier côtier qui vous ouvre un monde inaccessible au tourisme routier, vous entrez dans le charme discret des calas, ces merveilleuses criques de la Costa Brava. Après une halte au village de Llança, on monte le lendemain au très beau monastère roman de Sant Pere de Rodes. Souvenirs inoubliables que cette abbaye du Xe siècle et la très belle chapelle Santa Helena qui la précède, avec pour seul décor le paysage méditerranéen que rien n’entrave. En contrebas, le village de pêcheurs de Port de la Selva vous attend. Il sera la dernière étape avant de partir pour Cadaqués.

Bien à l’abri des rochers pyrénéens, c’est Port Lligat, sa porte d’entrée, qui vous accueillera. La ferveur de Dalí y est encore vibrante. Vous n’aurez d’yeux que pour la maison blanche du grand Salvador, devenue musée, hérissée de ses œufs et de ses fourches. Véritable point d’orgue de ce magnifique périple pédestre, le surréalisme flamboyant du maître trouve à Cadaquès un écrin rêvé.

>> Infos pratiques: toutes les agences qui proposent la randonnée vous apportent vos lourds bagages à chaque étape.
Pedibus: www.pedibus.org ou La Rébenne: www.larebenne.com


 

Voyage

La vallée du Haut-Rhin moyen se visite aussi bien en bateau qu’en train ou à vélo.

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Là où le Rhin devient une île (Allemagne)

On aurait tendance à l’oublier, le Rhin, avant les 1200 kilomètres qui vont le conduire jusqu’à la mer du Nord, prend sa source en Suisse, dans les Grisons plus précisément. S’il constitue l’indéniable colonne vertébrale de l’Europe, traversant pas moins de neuf pays, c’est vraisemblablement dans les montagnes schisteuses de Rhénanie, au cœur de l’Allemagne, qu’il est le plus romantique. Guère plus de 70 kilomètres entre Bingen et Coblence, mais un parcours ponctué par de nombreux châteaux et forteresses surplombant des villages aux maisons à colombages, entre rochers escarpés et tendres vignobles.

Il n’est pas étonnant que ce Rhin-là soit devenu le berceau du romantisme allemand. Dans cette portion, le fleuve est parfois si mystérieux qu’on imagine aisément y voir apparaître les ondines et leur or si chers à Wagner. La vallée du Haut-Rhin moyen se visite aussi bien en bateau qu’en train ou à vélo. Pas besoin donc de louer une voiture pour en profiter. Aux étapes, la vie de château n’y est d’ailleurs pas un vain mot. De la tour la plus étroite à la forteresse la plus imprenable, pas moins de 40 de ces édifices historiques ont été transformés en hôtels.

Mais pour prendre toute la dimension du Rhin romantique, c’est vraisemblablement à pied qu’il faut l’appréhender. Les promenades ne manquent pas, et ce, sur les deux rives du fleuve, d’ailleurs reliées entre elles par pas moins de six ferrys le long de notre itinéraire. C’est évidemment en hauteur qu’on jouit des coups d’œil les plus spectaculaires sur la vallée et notamment sur les ébouriffants méandres du Rhin. Au coude de Boppard, à moins de 20 kilomètres en aval du fameux rocher de Lorelei, un petit télésiège vous permet de gagner les hauteurs du Hirschkopf, qui surplombe la ville.

De ce surprenant point de vue, soudain le Rhin devient une île. C’est comme si la rive d’en face avait, pour un très court instant, absorbé toutes les eaux du fleuve. Un bluffant trompe-l’œil que rien ne vous empêche de prolonger en poursuivant votre randonnée sur quelques kilomètres. Pour vous remettre de vos émotions, de retour sur la rive, et quel que soit le chemin suivi, rien de tel qu’un verre de riesling local. Le sous-sol schisteux du vignoble dont il est issu, le Bopparder Hamm, qui surplombe la bourgade, confère à ce cépage un caractère tout particulier. Une autre façon d’apprécier les richesses rhénanes et leurs méandres.

>> Infos pratiques: possibilité de s’y rendre en train.
Un site parmi de nombreux autres: www.loreley-info.com


 

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Près de Göteborg, se balader sur les îles de granit et se baigner dans des eaux limpides.

Martin Wahlborg

D’une île à l’autre aux portes de Göteborg (Suède)

Ville de culture à la vie nocturne très animée, Göteborg est une cité estudiantine pleine de charme avec ses nombreux parcs, ses quais animés, ses canaux, sa vieille ville et sa gastronomie innovante. Le quartier à la mode, c’est le district de Haga, un ancien quartier ouvrier aux maisons de briques et de bois, avec ses rues pavées, ses boutiques, ses friperies, ses antiquaires et ses coffee shops d’où s’échappe l’odeur des épices.

Mais Göteborg, c’est surtout la porte ouverte vers la nature telle qu’elle est célébrée dans les pays nordiques, avec un petit plus: des balades sur des îles de granit et des baignades dans une eau limpide, dans un coin de Suède plutôt ensoleillé et accessible en transports publics. Un tram amène les visiteurs du centre-ville à Saltholmen, point de départ des ferrys qui rallient plusieurs fois par jour les îles de l’archipel sud (Brännö, Vrångö, Asperö, Styrsö, Donsö) – il est donc possible de visiter plusieurs îles en un jour.

Le bateau se faufile entre les îlots rocailleux auxquels s’accrochent des maisonnettes en bois rouge et blanche. Toutes les îles se ressemblent: les coquettes résidences secondaires en bois ont été construites sur une seule partie afin de préserver la flore et la faune et les voitures y sont interdites. Les réserves naturelles offrent une grande diversité de paysages, où affleurent les roches et les rivages escarpés. De nombreux sentiers permettent de faire le tour de l’île tout en offrant de beaux points de vue.

Faites une halte sur l’île de Vrångö, la plus sauvage et la mieux préservée, qui fait le bonheur des amateurs d’ornithologie et de kayak. A peine débarqué, empruntez le sentier qui vous éloigne rapidement de la foule; il serpente le long du littoral, tout en vous ramenant parfois à l’intérieur des terres, dans la forêt bien ombragée. Et lorsque vous découvrirez les petites criques isolées, laissez-vous tenter par une baignade.

>> Infos pratiques: il est possible de se rendre à Göteborg en train depuis la Suisse.
www.goteborg.com/en/archipelago
Horaires des ferrys se rendant sur les îles du sud (hors saison): www.vasttrafik.se/en/tickets


 

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Près d’Amsterdam, le polder et les digues qui le protègent, ponctués de phares, ici le phare Paard van Marken. On loue un vélo, on prend le ferry et on sort des sentiers battus.

Westend61 / David Santiago Garcia

Amsterdam autrement (Pays-Bas)

Amsterdam, son Musée Van Gogh, son Red Light District, ses croisières sur les canaux, ses coffee shops, la maison d’Anne Frank, son marché aux fleurs… Difficile certes d’en faire l’impasse. Et pourtant, si, lors de votre prochaine escapade dans la capitale néerlandaise, vous poussiez votre curiosité au-delà de ces grands classiques, vous découvririez une réalité tout simplement vitale: le polder. Fruit d’une technique dont les origines remontent au XIIIe siècle déjà, le polder et les digues qui le protègent ont permis aux Bataves de se prémunir des constantes inondations, mais aussi d’arracher à la mer de vastes territoires. A tel point que, aujourd’hui, un quart de l’aire néerlandaise se trouve sous le niveau de la mer.
Vous voulez voir ça de plus près? Rien de plus simple. Louez un vélo et prenez le ferry qui se trouve derrière la gare et, en cinq minutes, vous êtes sur l’autre rive. A quelques kilomètres de pédale, vous entrez dans le polder de Beemster.

Un modèle du genre, créé en 1612, qui constitue aujourd’hui un paysage agricole harmonieux de champs, de routes, de canaux et de digues. Un parcours ponctué aussi par de très beaux villages, à l’image de Middenbeemster ou de Zuidoostbeemster, aux nombreux monuments protégés, une succession d’édifices religieux, de bâtiments résidentiels et industriels, de fermes, ainsi que cinq forts qui faisaient partie de la ligne de défense d’Amsterdam au XVIIe siècle.

Conçu initialement pour la production céréalière, le polder a progressivement été utilisé comme pâturage. Il sert aujourd’hui principalement à la production laitière, à l’horticulture sous serre, à la culture d’arbres fruitiers et à la production de plantes à bulbe. Si votre escapade est printanière, le cliché sera parfait: bandes multicolores de tulipes avec moulins en arrière-plan. A l’origine, ces derniers ont été construits non pas pour moudre le grain mais essentiellement pour drainer les polders.

Ultime conseil: ne revenez pas à Amsterdam sans avoir dégusté le fameux beemster, ce fromage de lait de vache à la couleur jaune caramel caractéristique du polder visité.

>> Infos pratiques: Amsterdam est accessible en train depuis la Suisse.
Location de vélos à la gare centrale d’Amsterdam, les loueurs y sont légion.
Logement: 600 moulins ouvrent leurs portes au public le deuxième samedi du mois de mai de chaque année et certains vous accueillent pour la nuit durant toute l’année.

Par Muriel Thalmann et Jean de Preux publié le 16.04.2021
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