1. Home
  2. Actu
  3. Les dessous de la rédaction: Du mur végétal aux chasses au trésor, les idées folles des journalistes

Les dessous de la rédaction

Du mur végétal aux chasses au trésor, les idées folles des journalistes

Le centenaire de «L’illustré» a régulièrement animé les briefings de la rédaction depuis plus d’une année. Souvenirs de projets avortés et ressuscités.

11.09.2021 Expo et stand avec apero pour L'illustre a Vevey. Photos Darrin vanselow © 2021 Phillipe Clot

A Vevey pour la dernière de nos chasses au trésor, en marge des expositions gratuites qui se tiennent dans cette ville jusqu'au dimanche 3 octobre.

Darrin Vanselow

Quand on fait partie d’une rédaction, il faut avoir des idées. Des idées d’articles, bien sûr, qu’il s’agit de «vendre» comme si sa vie en dépendait. Des idées de sujets de couverture aussi, surtout quand l’actualité est calme. Il est bien vu encore d’avoir des idées de nouvelles rubriques, de nouveaux formats digitaux, de nouveaux suppléments, etc. Les rédactrices et rédacteurs, photographes, graphistes et vidéastes doivent en effet plus que jamais développer un petit côté entrepreneurial en ces temps d’expérimentation numérique permanente. Et la rédaction en chef, de son côté, n’est bien sûr jamais satisfaite de la force de proposition de l’équipage.

L’année passée, alors qu’il s’agissait de préparer le 100e anniversaire de L’illustré, notre rédacteur en chef de l’époque, Michel Jeanneret, avait lancé un concours d’idées. Qu’allions-nous organiser pour marquer le coup, pour remercier nos abonnés et nos lecteurs, pour faire briller la marque séculaire de mille feux, pour attirer des sponsors? Tout le monde y était allé de ses propositions. Toutes furent qualifiées de ringardes et balayées par le boss. Le seul projet qui avait trouvé grâce à ses yeux était le sien: un invraisemblable scénario d’urban farming sous forme de ferme verticale. Les idées du chef sont généralement saluées par de serviles grognements d’approbation. Mais cette fois, je me souviens du silence assourdissant de l’assemblée face à cette permacultrice perspective. Aucun d’entre nous n’osait croiser le regard d’un collègue: le risque de fou rire était trop élevé. Je suis sûr que nous avions tous à l’esprit quelque chose comme un mur de légumes divers et variés – choux-fleurs, salsifis, chicorées, courgettes, rutabagas, etc. – dessinant le logo de L’illustré sur un immense support vertical érigé sur un parking face à une foule d’abonnés et de lecteurs désemparés face à une telle audace conceptuelle.

>> Toutes les festivités de notre anniversaire: Nos expositions à Vevey

Michel s’en est allé fonder le site romand du Blick en fin d’année passée et c’est Stéphane Benoit-Godet qui a hérité de la supervision des festivités. Et certaines de nos idées «ringardes» ont eu droit à une seconde chance, dont la mienne: l’organisation de classiques chasses au trésor (ou jeux de piste), divertissements simples et familiaux, dotés de prix épatants.

J’ignorais que ces aimables jeux de plein air allaient me coûter dix ans d’espérance de vie. Mon sens déjà très relatif de l’organisation a en effet été confronté durant des mois aux contraintes administratives réglant l’usage du domaine public. Et le contexte covid n’a fait que rendre plus ardue encore l’obtention des autorisations officielles pour ces chasses au trésor. Finalement, ces sept jeux de piste, de Saint-Ursanne à Martigny, de La Chaux-de-Fonds à Vevey, ont pu avoir lieu. Et le plaisir communicatif des participants, des enfants notamment, a largement compensé tous ces soucis. Mais pour les 200 ans du magazine, je proposerai une ferme verticale.

Par Clot Philippe publié le 17.09.2021