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Fête des vignerons: Michel Voïta et ses Julie si complices 

Publié lundi 8 juillet 2019 à 09:18
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Publié lundi 8 juillet 2019 à 09:18 
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Découvrez Nayah Kohli et Nina Perrenoud, les deux fillettes de 11 ans qui seront tour à tour Julie, le personnage emblématique du spectacle de la Fête des vignerons. Avec un grand-père de taille: le comédien Michel Voïta.
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Enfin les voilà! Elles arrivent sur l’une des Terrasses de la Confrérie des vignerons et leur sourire si frais contrebalance un peu la canicule. Des mois qu’on attendait de connaître l’identité des deux fillettes choisies pour interpréter en alternance la petite Julie du spectacle de la Fête des vignerons, à qui son grand-père explique le cycle de la vigne et plus largement celui de la vie. Un personnage fil rouge, qui traverse tous les tableaux, dont le prénom est un hommage à Julie Hamelin, décédée en 2016, épouse et cocréatrice du spectacle avec Daniele Finzi Pasca.

PHILIPPE.PACHE
C’est la première photo en costume sur l’une des Terrasses de la Confrérie à Vevey. Nina Perrenoud (à g.), Michel Voïta et Nayah Kohli, les Julie et le grand-père, déjà très complices.

«Les vedettes, ce sont elles!» sourit le comédien Michel Voïta, leur grand-père de fiction, en les regardant avec malice. «Elles sont formidables.» Manifestement, le Vaudois est sous le charme et la complicité entre ces trois-là saute aux yeux.

Se méfier de la célébrité

Julie, ce sera donc Nina Perrenoud et Nayah Kohli, 11 ans, qui confient à peine installées qu’elles aimeraient bien dans la vie avoir Michel «comme troisième grand-père». «Vous parlez d’un compliment!» lance l’acteur, visiblement touché, lui-même grand-père de cinq garçons dont l’aîné passait le bac. Et c’est d’ailleurs avec la sagesse d’un aïeul qu’il leur prodigue déjà des conseils. Notamment de «se méfier de la célébrité comme de la peste. C’est un tonneau sans fond, plus tu en mets, plus tu en veux, et plus tu penses que ça va rapporter quelque chose, moins ça te rapporte.»

PHILIPPE.PACHE
Nina et Nayah suivent la même classe danse-études et sont copines. C’est leur complicité, leur énergie, leur grâce aussi qui ont séduit.

Les Julie écoutent attentivement. Le conseil n’est pas anodin; aujourd’hui, c’est leur première interview. Leurs noms étaient le secret le mieux gardé de la république vigneronne. Là, elles sont prêtes à devenir célèbres, mais juste le temps d’une fête, pieds sur terre (avec de jolies bottines rouges) et pas la grosse tête.

D’ailleurs, au début, Nina n’imaginait même pas participer à la «FeVi», comme on dit. Elle rit. «Mon papa voulait que toute la famille parte très loin durant cette période!» Quant à Nayah, les membres de sa famille songeaient à s’inscrire pour être acteurs figurants, avant qu’elle-même n’obtienne le rôle-titre. Une de ses deux petites sœurs chante néanmoins dans le chœur des enfants. L’engagement est important. Les deux Julie enchaînent les répétitions presque tous les jours ces dernières semaines.

Artistes complètes

PHILIPPE.PACHE
Nina et Nayah ont 11 ans, la même taille, et ont été choisies après de nombreux castings pour être tour à tour Julie.

Nina vient de Corseaux et Nayah de Saint-Légier. Elles sont toutes deux des élèves de l’ancienne danseuse étoile Florence Faure, dans la filière danse-études à Vevey. Leur professeure a participé à la fête de 1999, c’est par elle que le lien s’est fait.

Estelle Bersier et Melissa Vettore, les assistantes de Daniele Finzi Pasca, avaient pour mission de dénicher les perles rares, le maître se fiant à leur instinct avant de rencontrer les jeunes artistes. Le cahier des charges impliquait de savoir danser, «mais aussi chanter», précisent les fillettes en chœur. «On a immédiatement été séduites par leur énergie, leur spontanéité, leur complicité aussi», explique Estelle, pour qui le choix de Nayah et de Nina était une évidence.

Elles sont ravissantes dans ce costume bleu, qu’elles n’ont le droit de mettre que pour la photo. «Attention à ne pas vous asseoir sur le tablier», prévient Giovanna Buzzi, costumière en chef, qui surgit tout à coup pour s’assurer que ses précieuses créations sont traitées avec tout le respect qui leur est dû. Aussi surveillées qu’une parure de Chopard.

>> Lire: «Dans les secrets des costumes de la Fête des vignerons»

Les deux Julie n’ont pas réfléchi longtemps avant d’accepter ce rôle. «C’est une opportunité extraordinaire, on a dit oui tout de suite!» s’exclament les fillettes. «Surtout que je sais que je ne pourrai pas faire la prochaine», ajoute Nina, très enjouée. Devant notre air étonné, elle explique: «Parce que j’aurai 31 ou 36 ans, l’âge d’avoir des enfants en bas âge, je serai trop occupée!» Rire de Michel Voïta. «Vous voyez, Nina est super organisée, son futur mec devra bien se tenir!»

«On a frôlé la catastrophe!»

PHILIPPE.PACHE
Nayah et Nina ont 11 ans, la même taille, et ont été choisies après de nombreux castings pour être tour à tour Julie.

«Pour l’instant, je n’ai pas du tout le trac, mais je ne sais pas comment ça sera de jouer devant 20'000 personnes», confie Nayah, très à l’aise sur scène, et dont les beaux yeux bleus pétillent quand elle évoque son rôle. «Où est-ce qu’on pourra regarder si on a un problème quand il y aura des gens partout?» s’inquiètent les deux jeunes artistes. Michel Voïta les rassure:«On va voir ça ensemble, on va se donner deux ou trois repères. Ne vous inquiétez pas, je serai toujours là pour vous aider.» Lui-même a déjà joué avec des enfants au cinéma. Sa crainte, c’était de se retrouver face à des gosses maladivement poussés par des parents en mal de reconnaissance, «ce qui arrive dans 99% des cas. Heureusement, là, les mamans sont juste formidables. Leurs filles n’ont pas d’autres responsabilités que celles de leur âge et c’est important. On est plusieurs à veiller là-dessus.»

Ce natif de Cully, qui a fait un apprentissage de vigneron, connaît le travail de la terre et sa rigueur formatrice. Il était aussi «régisseur porte nord» lors de la fête de 1977. Puis Jean-Jacques Rousseau dans celle de 1999. Celle de 1977 restera gravée dans sa mémoire, pour des raisons évidentes. Il y a rencontré sa femme, Laurence, découvert la force du spectacle populaire, compris qu’il y avait quelque chose de lui dans cette fête. «Toute ma carrière a ensuite été façonnée par ça. L’idée qu’on peut être aussi bien sur Arte que sur TF1.»

>> Voir la vidéo: «José Romanens, "Lyôba" de frère en frère»

Mais il a bien failli aussi y laisser sa peau. «C’était après le Lyoba, un soir où j’étais sous les gradins. Tout le monde s’est levé d’un coup, les arènes ont bougé pratiquement de 20 centimètres, toutes les cales ont fait du bruit, les ingénieurs couraient partout. Heureusement, il ne s’est rien passé, mais lors des représentations suivantes, il a fallu dire au public de rester assis! Ce n’est que quelques jours plus tard qu’on s’est rendu compte qu’on avait frôlé la catastrophe!»

>> Voir la galerie de photos des répétitions des acteurs figurants

L’heure passe, il est temps de rejoindre la répétition dans les arènes qui jouxtent les terrasses. Nina la malicieuse, qui n’a jamais sa langue dans sa poche, lance soudain à Michel Voïta: «Si tu as rencontré ta femme en 1977 et que tu l’as épousée en 1999, qu’est-ce qui va arriver en 2019? Elle ne va pas te quitter, j’espère?» Une petite flamme s’allume avec un sourire dans les yeux de ce dernier. Il montre son alliance, qui fait partie du costume du grand-père, tout comme la montre. «D’ordinaire, je n’en porte pas. Mais ma femme est persuadée que je vais continuer à en porter une après la fête. Je crois qu’elle a raison!»

>> Voir la galerie de photos dans les coulisses de la construction de l'arène


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