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Tout un roman(d)

Guillaume Luyet a failli perdre une main à cause d'une fondue et d'un ours

Le Valaisan Guillaume Luyet, qui travaille avec QoQa, a eu l’idée il y a dix ans de faire le buzz dans une vidéo... avec un ours. L’expérience a failli très mal tourner.

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Guillaume Luyet

 Il y a dix ans Guillaume Luyet a tourné une vidéo avec un ours.

Julie de Tribolet
Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef
Stéphane Benoit-Godet

«Il y a tout juste dix ans, nous venions de lancer un passeport loisirs qui permettait de faire du ski à deux pour le prix d’un. Nous cherchions à faire du buzz autour de cette offre. Nous nous sommes dit que ce serait drôle de faire une vidéo marrante avec… un ours qui serait mon compagnon.

Je commence alors des recherches sur internet et je tombe sur le site de Frédéric, un dresseur français avec quarante ans d’expérience, notamment dans le cinéma. Il veut bien entraîner son ours à tourner une vidéo. C’était le point de départ. La chute devait être une séquence amusante où je partageais une fondue avec le plantigrade.

Avant le jour J, Frédéric m’avait bien expliqué les gestes que je devais faire. Il répétait depuis une semaine avec la bête pour qu’elle ne se sente pas agressée quand je lui tendrais ma fourchette. Le dresseur m’avait même montré qu’il pouvait manger dans sa gueule sans danger. Aucune crainte à avoir, donc. Mais rien que d’entendre l’ours bouger dans le véhicule qui le transportait me fichait les jetons! Mais bon, tout s’annonçait bien.

Il est donc 8 heures du matin et nous nous trouvons à table dans la salle d’un restaurant avec le caquelon et une petite arvine. Frédéric m’avait dit: «Surtout, ne mets rien de sucré à portée de l’ours», et cela ne m’a absolument pas fait tilt quand j’ai servi le vin. Quand l’ours s’installe, je n’en mène vraiment pas large: il est énorme! Mais il faut y aller, la bestiole n’aura pas la patience de faire une seconde prise. Je croise les doigts pour que la séquence soit vite dans la boîte.

Problème, je sens que l’ours détecte immédiatement la présence du sucre dans le vin. Il plante son nez dans le verre, trois fois trop petit pour lui. Ce dernier explose et le liquide coule sur la table dans ma direction. La bête s’avance pour lécher. Je vois le dresseur qui tire sur la laisse derrière pour le retenir et son assistante s’approchant pour calmer le jeu. Je sais que l’animal peut traîner une voiture de 2 tonnes sans effort! Frustré, il s’agite, bouge dans tous les sens, puis, soudain, me lance un coup de patte qui passe tout près de ma main. Quelques centimètres de plus et je me retrouvais avec un moignon. Mes camarades qui se tenaient derrière moi se sont tous enfuis, la terreur au ventre.

Le dresseur garde son calme et fait descendre l’animal. Il le gronde et me dit qu’il faut remettre cela tout de suite si on veut faire la vidéo. Je n’ai qu’une envie: partir! Je crains alors que l’ours ne se souvienne de moi comme celui qui lui a piqué son verre et qu’il veuille m’en remettre une! Mais ce serait vraiment un sacré ratage de ne pas tourner. On remet donc tout en place, sauf le vin, et, fort heureusement, tout se passe bien.

Quels enseignements je retiens de cette expérience? Rien que d’en parler, ça me fait flipper! J’avoue que j’en ai longtemps rêvé. Même si vous êtes prévenu, un ours a une rapidité d’exécution inimaginable. Ensuite, c’est sûr que partager une fondue avec un plantigrade n’était pas une bonne idée. Ah oui, aussi, les ours aiment la petite arvine!

Est-ce que je suis sorti traumatisé de cette expérience? Comme c’est une situation qui ne va pas se reproduire, il n’y a pas de difficulté à «dézoomer». Mais même si on se repasse parfois la vidéo avec des amis, je ne suis pas sûr que je le referais. Un regret? Pas beaucoup de gens ont partagé une fondue avec un ours sur cette terre. Je suis même persuadé que je suis le seul. J’aurais donc dû faire venir le «Guinness Book».» 

Son actualité:


QoQa a investi son nouveau siège, le QCenter, à Bussigny, qui accueille aussi des start-up, des sociétés orientées vers l’innovation et un restaurant, le Stamm, qui ouvrira au public en octobre.

Par Stéphane Benoit-Godet publié le 2 octobre 2022 - 09:25