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© Pierre Montavon

«Jamais je n’avais vendu autant de thermomètres!»

Publié mercredi 15 avril 2020 à 08:28
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Publié mercredi 15 avril 2020 à 08:28 
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Exerçant depuis une décennie à la Pharmacie Neukomm, à Courgenay (JU), Sandrine Nappez, voix douce et rassurante, mesure en première ligne les effets du coronavirus. Troisième volet de notre série «Les héros du quotidien».
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Avec 145 cas de Covid-19 recensés au 3 avril, le Jura limite la casse, malgré la proximité de Mulhouse, foyer d’infection majeur en Alsace. Mais en Ajoie comme ailleurs, il a fallu répondre aux inquiétudes et sollicitations de la population.

>> Lire le témoignage: «Nous avons l'impression que notre grand-mère a été abandonnée»

A la Pharmacie Neukomm, à Courgenay (JU), le personnel, en majorité féminin, a retroussé ses manches, «travaillant de manière efficace et solidaire», souligne Sandrine Nappez (49 ans). «Ce que j’ai constaté très vite, c’est un afflux de monde. J’ai trouvé difficile de ne pouvoir, dans un premier temps, satisfaire la demande en gel hydroalcoolique ou en masques», confie-t-elle. Depuis, hormis pour les masques, ça va mieux. La pharmacie a été autorisée à produire elle-même du gel en quantité. «Jamais cependant je n’avais vendu autant de thermomètres!»

«En termes de prévention, on a fait le maximum», indique cette fille d’agriculteurs formée à l’Université de Lausanne, qui exerce depuis 1995. Désinfection générale des locaux, gel hydroalcoolique à disposition, plexiglas jusqu’au plafond sur le comptoir, masques et gants pour le personnel, bandes repères au sol, etc. «Cela n’a pas empêché un patient positif de débarquer sans avoir téléphoné... pour ressortir aussitôt! On lui livre son traitement à domicile.»

Mère célibataire de trois enfants – Léa, 16 ans, Evan, 14 ans, et Ilana, 12 ans –, résidant à Boncourt, Sandrine Nappez vit avec le risque, même infime, de contaminer les siens: «Je ne porte pas de masque chez moi, mais quand je rentre, je me change complètement et je me douche.» La vie de famille est intense, mais elle lui laisse quand même le temps d’aller s’aérer à vélo, y compris avec ses enfants, et elle se réjouit d’avance de «recevoir à nouveau des amis».

«Maintenant, il va falloir tenir sur la distance et vivre avec ce virus en attendant un vaccin», dit-elle. Ce qui l’inquiète? «Les conséquences économiques. Je crains que beaucoup de monde ne doive repartir de zéro.»

>> Lire les 2 premiers volets de la série:
- Le boulanger de Courtételle (JU)
- La directrice d'un foyer pour femmes en détresse à Lausanne


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