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L'éditorial

La pandémie creuse aussi les inégalités de genre

Les inégalités homme-femme se sont creusées avec la crise de coronavirus. Professions de la santé, diagnostics, recherche: partout, il y a des inégalités à combattre. De nombreuses différences hommes-femmes ne sont pas assez considérées dans les prises en charge médicales, comme les femmes elles-mêmes d'ailleurs.

Women protest during a nationwide women's strike in Geneva, Switzerland, 14 June 2019. The strike day intends to highlight, among others, unequal wages, pressures on part-time employees, the burden of household work and sexual violence. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Grève des femmes du 14 juin 2019, ici sur le pont du Mont-Blanc à Genève.

KEYSTONE/Martial Trezzini

Près plus d’un an de cette pandémie, il apparaît que le covid a tout d’une roulette russe. Il y a par exemple ceux qui l’attrapent et ceux qui passent au travers bien qu’exposés. Ceux qui une fois touchés ont des symptômes bénins, voire nuls, quand d’autres vivent des semaines et même des mois compliqués. Sans parler de guérisons comme d’issues fatales parfois totalement inattendues. C’est bien une des raisons pour lesquelles ce virus a si violemment fracturé la société: il y a encore tellement à apprendre à son sujet que nous nous sentons démunis face à tant de questions restées encore à ce jour sans réponse.

Mais il y a une constante: les groupes de population les plus désavantagés avant la crise seront ceux qui paieront le plus lourd tribut au covid. Ainsi, les emplois de première ligne considérés comme essentiels restent, à ce jour, les plus mal payés. De plus, les personnes les moins éduquées seront les moins informées des développements en matière de connaissances sur la maladie. Et si par ailleurs vous êtes une femme, vous continuerez à être moins bien traitée qu’un homme.

>> Lire aussi: Médecine et genre: «Il faut inverser la logique de certaines recherches»

C’est cruel mais implacable. Notre sujet sur les covid longs le montre encore une fois. Trop souvent le professionnel de santé lève les yeux au ciel face à une patiente qui lui confie souffrir d’un mal ne rentrant pas dans une case. La femme reste un continent à explorer pour la médecine au moment où la question du genre commence seulement à faire son entrée dans les cabinets. A cause de stéréotypes solidement ancrés, une femme n’est tout simplement pas assez bien écoutée et sera donc moins bien soignée. Heureusement les choses évoluent et des équipes font œuvre de pionnières dans ce champ de la recherche, au CHUV à Lausanne notamment. Nous ne sommes qu’au début de ce long voyage pour que le secteur de la santé s’intéresse enfin à l’autre moitié de la population humaine.

Par Stéphane Benoit-Godet publié le 10.06.2021
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