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Série télévisée 

«La vie de J.C.», une série bénie par l’humour

Zep troque ses crayons contre la caméra pour une série déjantée, à voir en septembre sur la RTS. Inspiré par «Kaamelott», il revisite le Nouveau Testament avec Vincent Veillon en Jésus-Christ. En exclusivité, L’illustré a pu assister au tournage.

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Jésus RTS

Dans cette nouvelle sérié TV, Jésus, incarné par Vincent Veillon, marche sur les eaux du Léman. 

Darrin Vanselow

Riez-en tous, ceci est une série comique livrée pour vous! Inspirée par le rythme narratif de Kaamelott ou par les sketchs déjantés des Monty Python, «La vie de J.C.» ose revisiter les Evangiles du Nouveau Testament. N’y cherchez pas une interprétation fidèle des écrits de la Bible. Il s’agit d’une relecture humoristique en 20 épisodes de trois à quatre minutes de la trajectoire de Jésus, le fils de Dieu pour les chrétiens. Une idée originale née dans l’esprit de Zep lors d’un voyage en TGV il y a cinq ans.

Pour l’occasion, le célèbre bédéiste a troqué son statut d’illustrateur contre celui de scénariste. Derrière la caméra se cache le réalisateur Gary Grenier, un ancien de Léman Bleu, expatrié à temps partiel à Los Angeles. Précisons au passage que c’est la première fois que Philippe Chappuis, le père de Titeuf, dirige des «humains». «C’est déroutant car ce sont des personnages moins dociles que mes dessins, sourit-il. Plus sérieusement, je trouve superbe de travailler avec leur force de proposition, de les voir faire évoluer le texte avec leur jeu.»

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Pour donner vie à cette série de 20 épisodes de trois à quatre minutes, l’équipe de La vie de J.C. a fait des prouesses en matière d’organisation. Ils ont «mis dans la boîte» toutes les images en onze jours de tournage intensif alors que, en général, il faut compter de trois à quatre semaines pour un projet de cette envergure.

Darrin Vanselow

Zep mentionne ici le talent d’improvisation mais surtout d’incarnation des acteurs et actrices qui l’ont rejoint dans cette aventure coproduite par Framevox et la RTS. Pour rattraper ses cours de catéchisme, Vincent Veillon a accepté de porter la toge (et la chevelure) de J.C., Jésus-Christ. «Il est décrit comme un personnage désacralisé, un peu illuminé et fragile, ce qui le rend touchant», réagit l’humoriste lausannois.

Durant sa quête, il est accompagné par une bande d’apôtres marginaux joués par Yann Marguet, Yoann Provenzano et Alexandre Kominek. Les comédiennes Garance La Fata et Véronique Mattana sont, elles, respectivement une Marie-Madeleine féministe et une Vierge Marie possessive. D’autres personnalités apparaissent au fil de l’histoire décalée dont David Castello-Lopes, Joseph Gorgoni, Joël Dicker, Le Grand JD ou encore Blaise Bersinger.

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Il y a cinq ans, Philippe Chappuis (Zep) écrit les premières vannes de cette narration décalée autour des grands événements de la vie de Jésus. Alors que son agent à Paris projette directement une réalisation en dessin animé, le célèbre illustrateur de Titeuf songe plutôt à une fiction avec des acteurs et actrices. Il souhaitait diriger des gens, pas des dessins. Une première dans sa carrière. 

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En feuilletant le synopsis, on saisit rapidement la tonalité de la série avec les titres des séquences: «Judas Guevara», «Maman Tinder» ou encore «Inclusif». Jésus & Co. vont être traversés par des préoccupations contemporaines tout en évoluant dans un décor historique. Pour l’anecdote, la pandémie a quelque peu bouleversé les plans des créateurs et des deux productrices (Véronique Vergari et Agnès Boutruche) puisque, initialement, le tournage de la série était prévu en Italie, à Matera, temple des grands péplums du cinéma, pour davantage de réalisme. «On a finalement transformé la Suisse romande et la France voisine en Galilée», explique Zep.

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La comédienne Garance La Fata a pris les traits de Marie-Madeleine, la compagne du «fils de Dieu» dans la trame de Zep. «Dans ce scénario, elle a un sacré caractère et ça me plaît bien!» dit la Neuchâteloise alors qu’elle se prépare à entrer dans la peau de son personnage.

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Mission accomplie lorsqu’on débarque dans l’un des caveaux du château de Nyon le 18 mai dernier. L’équipe à la scénographie l’a redécoré en taverne poussiéreuse datant du Ier siècle. Dans ce set, on s’imagine aisément dans une ancienne bâtisse en Judée, au cœur de roches sablonneuses. Quant à la fameuse scène de Jésus marchant sur les eaux, le bord du lac Léman à Allaman (VD) a bien fait l’affaire avec ses montagnes rocheuses au loin.

Les costumes de Nathalie Egea nous font également voyager dans le passé. Pour les colorer, elle a utilisé des pigments naturels: du chou rouge pour le voile de Marie qui sort en bleu glacé, du curcuma pour le foulard jaune d’une compagne de la mère du Christ, des haricots noirs pour la robe de Marie-Madeleine ou encore de l’avocat pour les ceintures des disciples qui finissent rosées. Toutes les tuniques des personnages bibliques sont, quant à elles, teintes à partir d’infusions de thé. Chaque détail compte.

C’est d’ailleurs l’engagement méticuleux de l’ensemble des 80 personnes impliquées dans la série – de la technique aux figurants – qui donne un grain particulier au rendu de La vie de J.C. Organisation millimétrée ou miracle divin, ils ont réussi à tout «mettre en boîte» en onze jours de tournage alors qu’il faut normalement le double pour ce type de projet.

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Une pause en 2021 avant de retrouver l’an 33. Vincent Veillon (Jésus dans la série) et Alexandre Kominek (Judas) profitent d’une dernière clope avant de retrouver les décors dans les caveaux du château de Nyon qui les transportent il y a deux mille ans. Silence plateau, moteur, action!

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Retour sur le plateau installé ce jour-là à quelques pas du port d’Allaman. Les passants observent, curieux, le drone survoler les quatre humoristes romands qui pagaient sur leur barque. Une promeneuse de confession chrétienne s’étonne qu’on tourne en dérision à la TV le récit du Christ. «Aujourd’hui, on peut encore rire des cathos, ils ne vont pas s’insurger, contrairement à d’autres croyances!» répond Alexandre Kominek. Vivement la rentrée pour découvrir le résultat. Parce que le rire, c’est sacré.

>> «La vie de J.C.», première diffusion sur la RTS prévue le 18 septembre prochain.

Par Jade Albasini publié le 10 juin 2021 - 08:46