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L'édito

Le sport, baromètre de l’état du monde

Alors que les Jeux Olympiques de Tokyo débutent par ces temps de pandémie, Stéphane Benoit-Godet explicite leur rôle fédérateur en une période où l'humanité tend à se diviser plutôt qu'à se rassembler.

JO

A Tokyo, les Jeux Olympiques ont débuté mais beaucoup de voix se sont élevées contre la tenue de l'événement en période de pandémie. 

Sharifulin Valery/Tass/ABACA

Au moment de commencer les Jeux olympiques de Tokyo, de nombreuses questions se posent. Toutes se regroupent sous une seule bannière: celle du menaçant virus. Est-ce une bonne idée d’organiser un tel événement alors que le monde entier peine à sortir de la pandémie de covid?

Il y a la voix – peu objective – des athlètes, des sponsors et des promoteurs de l’événement, bien sûr. On peut faire supporter beaucoup de griefs au Comité international olympique (CIO), mais organiser les Jeux, c’est dans sa nature et les autorités japonaises – pays hôte de cette édition – se trouvent embarquées elles aussi par ce même impératif. Quand on se lance dans une telle aventure, il faut y croire au-delà des conditions adverses.

Il faut les en remercier. La responsabilité, aujourd’hui, d’organiser une rencontre d’envergure devient écrasante. Les risques de multiplier les faux pas et les vraies erreurs ou fautes – en fonction des conditions sanitaires changeantes – existent et peuvent faire craindre le pire.

Alors oui, il faut faire ces Jeux, sinon une génération de sportifs d’élite va passer du rang d’espoirs à celui de retraités. Oui, il faut faire des Jeux car – comme avec le commerce entre les Etats – quand on arrête de jouer à des combats symboliques, c’est l’animosité qui s’installe entre les peuples plutôt que la saine compétition. Oui, il faut faire ces Jeux car nous avons envie de vibrer, de ressentir des émotions comme nous en avons vécu lors de l’Euro.

>> Lire également notre éditorial du 7 juillet dernier: Un ballon rond dans un monde carré

Alors que tous les vents contraires du racisme et de l’exclusion sont prêts à souffler en ces temps troublés, on a vu dans les stades et en marge du Tour de France des adversaires se prendre dans les bras, des perdants féliciter des gagnants et des situations désespérées trouver une issue. Le sport à son plus haut niveau, c’est bon pour le moral de tous. Et, par les temps qui courent, cette unité de valeur vaut son pesant d’or.

Par Stéphane Benoit-Godet publié le 21.07.2021