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© Blaise Kormann

«Notre magasin est un lieu d’échanges»

Publié mardi 2 juin 2020 à 08:50
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Publié mardi 2 juin 2020 à 08:50 
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Eleveurs de génisses à Constantine, dans la Broye vaudoise, Joël et Mélanie Loup se sont lancés dans la vente directe il y a deux ans pour mieux faire connaître leur métier aux consommateurs.
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Les tilleuls qui veillent sur la propriété ont donné son nom à cette belle ferme de Constantine, nichée sur le versant sud du Vully, à mi-chemin entre les lacs de Neuchâtel et de Morat. La famille Loup, nous dit-on, a planté un arbre à chaque nouvelle génération. Joël, 40 ans, appartient à la quatrième. Avec Mélanie, son épouse, il a repris le domaine familial en 2008. Un siècle exactement après que son arrière-grand-père a posé la première pierre de l’exploitation.

Blaise Kormann
Joël et Mélanie Loup, ici avec leurs enfants, Laurane, 9 ans, et Flavien, 7 ans, élèvent des génisses depuis qu’ils ont arrêté la production laitière en 2017.

«A cette époque, les activités s’articulaient autour de la forêt, des vignes et de l’agriculture», explique Joël Loup, sur la terrasse de la ferme. Son grand-père était un passionné de chevaux, son père a développé les grandes cultures. «Une autre époque», souligne l’agriculteur, aujourd’hui papa à son tour de Laurane, 9 ans, et Flavien, 7 ans.

En 2017, la famille Loup a pris la décision d’arrêter la production laitière pour se lancer dans les génisses à l’engraissement. Aujourd’hui, l’exploitation compte 100 places de bétail en stabulation libre. Une partie est destinée à la grande distribution, l’autre est écoulée en vente directe sur le domaine. «Les veaux arrivent chez nous à 1 mois et demi d’âge et partent à l’abattoir autour de 15-16 mois, lorsqu’ils atteignent le poids de 300 kilos de carcasse», explique l’agriculteur. Le Broyard a abandonné il y a quelque temps le tourteau de soja pour du tourteau de colza suisse et affourage ses bêtes avec les céréales produites sur les parcelles familiales.

>> Lire le reportage sur la production de produits laitiers dans le Jura

Sur l’impulsion de Mélanie, le couple a ouvert il y a deux ans un petit magasin en self-service au rez-de-chaussée de leur ferme. «Mon mari était sceptique, mais j’ai fini par le convaincre, sourit l’agricultrice. J’ai le sentiment que la production agricole est parfois dévalorisée. J’avais envie de créer un lieu de rencontres avec les consommateurs pour que nous ayons la possibilité de leur expliquer notre métier.»

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Ouvert il y a deux ans, le magasin de la Ferme des Tilleuls est accessible aux clients sept jours sur sept en self-service.

Leur viande, apprêtée chez un ami boucher de la région, est rassise trois semaines et promet une expérience tendre et goûteuse. «Nous perdons entre 5% et 10% de poids mais y gagnons en qualité, et les clients reviennent», poursuit Joël Loup. Dans les congélateurs du magasin, côtes, entrecôtes et filets côtoient les merguez de bœuf, saucisses à rôtir et steaks hachés. Les «bas morceaux» sont valorisés en saucisses sèches grâce à trois recettes qui ont déjà leurs adeptes. La version aux noix est élaborée avec les fruits du domaine, que les parents de Joël Loup cassent patiemment l’hiver devant la télévision. Une affaire de famille.

Avec le temps, l’offre s’est élargie à d’autres produits. Il y a les œufs, les confitures et sirops, l’huile de noix, les moutardes, les bouillons de légumes, le jus de raisin, les pommes de terre. Tout ou presque est concocté par Mélanie Loup, qui assure l’entier de l’activité du magasin, de la réalisation des produits à la comptabilité, en passant par l’étiquetage et le site internet. Opticienne de formation, elle termine à 36 ans son brevet fédéral de paysanne et forme Angela, leur apprentie en économie familiale.

>> Lire aussi le reportage à Riddes (VS) sur une production de fruits et légumes

Blaise Kormann
Joël Loup et sa fille Laurane avec un veau devant la ferme familiale.

Si l’enseigne est ouverte sept jours sur sept en self-service, Mélanie Loup tient à être présente le vendredi, jour du pain qu’elle cuisine pour la vente. L’occasion de transmettre un peu de sa passion et de tisser des liens avec sa clientèle. «Les gens viennent chez nous pour la traçabilité des produits et les conditions de vie de nos bêtes, qu’ils voient paître dans le parc juste à côté», s’enthousiasme-t-elle.

Blaise Kormann
La viande produite par la famille Loup est rassise trois semaines, avant d’être apprêtée chez un ami boucher de la région, puis vendue dans le self-service attenant à leur ferme.

Depuis quelque temps, Joël et Mélanie Loup proposent aussi des 1/8 de bœuf en vente directe. «Cela représente environ 25 kilos de viande, l’équivalent de deux gros cabas à commissions», explique l’agriculteur. Seules contraintes: posséder un congélateur suffisamment grand pour la conservation et savoir cuisiner d’autres morceaux que les entrecôtes et steaks hachés. «Il y a un côté responsable et durable dans cette démarche, car le client consomme toute la bête, pas uniquement les beaux morceaux», souligne Mélanie Loup.

Fort de son succès, le couple pense déjà à développer de nouveaux canaux de distribution de vente directe pour ses produits. Avec toujours cette même envie: continuer à transmettre son savoir-faire et sa passion auprès de la clientèle.

>> Infos: www.fermedestilleuls.com


La viande suisse en vente directe

Nos agricultrices et agriculteurs suisses travaillent à plein temps afin de produire suffisamment de nourriture pour notre pays. Le site www.a-la-ferme.ch répertorie près de 2000 magasins agricoles qui proposent toute l’année des produits appétissants et colorés.


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