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© Stephanie Borcard & Nicolas Metraux

Suicide sur les voies: «Mon psy m'a sauvé la vie»

Publié vendredi 1 novembre 2019 à 14:11
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Publié vendredi 1 novembre 2019 à 14:11 
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On les appelle pudiquement des accidents de personne. Chaque année, 115 désespérés se jettent sous le train en Suisse. Comment l’éviter? Comment surmonter un tel choc? Témoignage de Iannis McCluskey, 30 ans, qui a été tenté à plusieurs reprises de se jeter sous un train.
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Stephanie Borcard & Nicolas Metraux
Iannis McCluskey.

Pourquoi choisit-on d’en finir de façon aussi brutale? Pourquoi le train et pas une arme à feu ou des barbituriques? «Essayez de vous procurer un pistolet, vous verrez, c’est beaucoup plus difficile, et pour les médicaments il faut une ordonnance», explique Iannis McCluskey, 30 ans, qui a eu le courage de témoigner à plusieurs reprises dans le cadre de son travail du fait qu’il a été tenté plusieurs fois de se jeter sous un train. Iannis a souffert de troubles psychologiques par le passé; aujourd’hui, il est pair praticien.

Un statut intermédiaire entre patient et médecin qui permet d’accompagner une personne qui souffre. La preuve par l’exemple, on peut s’en sortir, même si le Neuchâtelois se considère toujours comme un sujet à risque. «Se trouver au bord d’un quai, sentir le passage du train et la puissance du vent qui arrive dans la figure, c’est quelque chose de fascinant, comme se promener au bord du vide», explique-t-il. D’où l’importance d’être aidé. «Mon psychiatre m’a fait hospitaliser après que je lui ai fait part de mes idées suicidaires. Pour moi, la majorité des tentatives de suicide sont des appels à l’aide et il est important de pouvoir communiquer sans avoir peur du regard des autres. Mon psy m’a sauvé la vie, même si j’ai fait d’autres tentatives par la suite.»

- Lire aussi:

>> Le témoignage d'un pilote de locomotive
>> Le témoignage d'un proche: «On croyait qu'elle allait mieux»


QUE FAIRE EN CAS DE CRISE

Les pensées suicidaires surviennent au pic de la crise et diminuent une fois ce cap passé. Elles ne révèlent pas une véritable volonté de mourir, mais un désir de mettre fin à des souffrances insupportables.

Or ces souffrances peuvent être soulagées par d’autres moyens.
Le suicide n’est donc ni une fatalité ni une solution et chercher de l’aide est une démarche courageuse et positive. Si vous vous inquiétez
pour une personne de votre entourage, voici comment vous pouvez agir.

Aborder franchement le sujet avec elle: demander à quelqu’un s’il pense au suicide ou à se faire du mal n’est pas incitatif. Au contraire, cela sera un soulagement, car il est souvent difficile d’oser en parler soi-même.

Etre à l’écoute: laisser la personne exprimer ses sentiments, sans porter de jugement («c’est lâche de vouloir se suicider»), sans proposer de solutions toutes faites et sans minimiser. Montrer votre soutien et votre empathie («ça doit être difficile de vivre ça, j’ai envie de t’aider à t’en sortir»).

Faire appel à des aides professionnelles: on peut se sentir désemparé face à la détresse d’un proche. Vous pouvez demander des conseils auprès de professionnels et encourager la personne en difficulté à en parler avec un spécialiste.

Numéros à contacter 24h/24 et 7j/7

  • 143: écoute et conseils pour les adultes (La Main tendue)
    147: écoute et conseils pour les jeunes (Pro Juventute)
    144: services médicaux

>> Retrouvez les autres services d’aide en Suisse romande sur: stopsuicide.ch/besoindaide


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