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Boogie, la chienne qui repère les crises d’épilepsie

Les chiens, fidèles compagnons de l’homme, disposent de nombreuses aptitudes extraordinaires qui sont de plus en plus mises à profit dans des domaines aussi variés qu’insolites. Rencontre avec Boogie, une chienne qui sait prévenir les crises d'épilepsie.

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Un chien qui détecte l'épilepsie

Boogie est un lagotto qui sait détecter les crises d'épilepsie avant qu'elles ne surviennent.

Darrin Vanselow
Carré blanc
Pauline Bienfait

Le lagotto de 2 ans sait sentir la maladie. «C’est un mélange entre un mouton et un chien», rigolent Jacques et Pauline. La boule de poil affectueuse sautille dans la maison campagnarde de ce couple installé dans le canton de Vaud. Sous ses airs de chien de famille classique, ce canidé d’assistance possède un super-pouvoir: celui d’anticiper les crises d’épilepsie de Léon, benjamin de la famille âgé de 6 ans et atteint du syndrome de Dravet, un trouble neurologique très grave chez l’enfant.

«Vous avez choisi un détecteur de crises, mais vous auriez pu aussi bien le former à déterrer les truffes», plaisante Clementine Baumann, l’éducatrice du lagotto de 2 ans. Blague à part, toutes les races de chiens sont capables de sentir les odeurs de maladies. «Mais il faut choisir un chien qui a envie d’apprendre et qui a l’air bien dans ses pattes», explique Clémentine, directrice du centre Médical Flair, qu’elle a fondé en pleine pandémie avec une amie. «On a choisi une femelle pour son côté protecteur», explique Pauline. L’objectif est de lui apprendre à traduire et à exprimer le message d’alerte à un être humain. «Nous ne formons que des chiens destinés à des foyers et, pour l’instant, on en a 13 en formation», poursuit l’éducatrice passionnée. Un travail qui se fait en parallèle d’un dressage classique avec un entraînement spécial d’une heure par jour pour stimuler son flair.

>> Lire aussi: Elles aident des familles à former leur chien à l’alerte

chiens au travail
Darrin Vanselow

«L’odeur, on la récolte avec des cotons que l’on pose sur tout le corps de Léon quand il fait une crise. Après on conserve tous ces cotons dans un sac de congélo», explique la mère de famille très motivée. Entre un simple coton de maquillage et un coton imbibé de l’odeur, les humains ne sentent aucune différence. «J’aligne cinq pots, dans lesquels je dispose deux cotons à l’odeur neutre, un à l’odeur de crise et deux dans lesquels il n’y a rien», poursuit Pauline. Si Boogie pose son museau sur le bon pot, alors on clique. Tout fonctionne au clic afin de distinguer le signal de réussite de celui de la simple marque d’affection. «C’est difficile de ne pas la féliciter oralement», s’exclament Jacques et Pauline. En guise de récompense, Boogie a droit à une léchée de beurre de cacahuète. Le luxe! Pauline a simulé l’odeur de crise sur son fils la veille. Et ce fut le premier succès de son long entraînement: «J’ai eu des frissons lorsque Boogie est venue appuyer son museau contre ma cheville pour me prévenir.»

La prochaine étape: que l’odeur de crise réveille le chien pendant la nuit. Un rythme de travail très fatigant pour ces chiens qui sont à la retraite vers 10 ans. «Il faut lui donner beaucoup de temps libre et de repos pendant la journée», explique Clémentine. Ce qui est le cas puisque, en semaine, Léon est dans une école spécialisée.

Par Pauline Bienfait publié le 26 août 2022 - 08:32