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L'édito

La vigneronne Marie-Thérèse Chappaz, le retour à la terre

Le rédacteur en chef de «L'illustré», Stéphane Benoit-Godet, rend hommage à la célèbre vigneronne Marie-Thérèse Chappaz qui souhaite retourner à la terre plutôt que d'envisager un développement commercial. Une belle preuve de sagesse et de simplicité en cette période de questionnement sur les enjeux climatiques.

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Marie-Thérèse Chappaz

La célèbre vigneronne valaisanne Marie-Thérèse Chappaz fêtera le 33millésime de son éblouissante carrière avec la vendange 2021.

Sedrik Nemeth

La Suisse romande regorge de gens formidables. Page après page de ce magazine ou de notre site internet, vous découvrez des histoires de héros du quotidien ou de personnes qui se transcendent en donnant le meilleur d’elles-mêmes. Au chapitre des rencontres les plus marquantes qu’il m’ait été donné de vivre, il y a cette discussion entre la vigneronne Marie-Thérèse Chappaz et le chef Franck Giovannini de l’Hôtel de Ville de Crissier.

Ces deux grands artisans figurent au firmament de leur discipline et les deux ont un amour immodéré pour les produits avec lesquels ils travaillent. Il faut les voir s’échanger au «cul du camion» des champignons ou des petites herbes qui font toute la différence dans la composition d’un plat, comme des gamins qui trafiqueraient leurs meilleures billes après l’école. Les entendre parler cinq minutes avec le cœur de leurs combats, de leurs chers disparus et de leur travail pèse bien plus en termes d’humanité que toutes les réunions sur Zoom de l’année écoulée.

Marie-Thérèse Chappaz a désormais envie d’évoluer dans sa carrière et elle emprunte le chemin opposé de celui que prendrait un patron de domaine avec un tel parcours en France ou en Italie. Au lieu de s’engager dans du développement commercial à outrance pour faire fructifier le grisbi, elle émet le simple désir de retourner à la terre. S’occuper de la vigne prend encore plus de sens alors que, à 60 ans passés, elle a expérimenté avec talent tous les aspects de l’odyssée du vin.

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Pour la paysanne qui vit désormais le grand amour, il y a sûrement un sens à tout cela: prendre encore plus soin de son raisin, boucler la boucle au moment où sa fille vient lui donner un coup de main et enfin s’occuper mieux d’elle et des siens. En cette période de COP26 où les enjeux climatiques s’interposent avec urgence entre nous et l’avenir, le fait de savoir que non seulement des décideurs, des experts mais aussi des gens simples mais tellement sages comme Marie-Thérèse s’occupent de la Terre fait un bien fou. Merci à elle, merci à eux.

Par Stéphane Benoit-Godet publié le 4 novembre 2021 - 08:57