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Jeux olympiques, épisode 6

Pour celles qui suivront, Rachel Moret ouvre la voie du tennis de table

Depuis les Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, la Suisse n'avait pas de représentant en tennis de table. Pour l'édition tokyoïte des Jeux, c'est la Vaudoise Rachel Moret qui a réussi à se qualifier. Rencontre avec cette sportive suisse qui tente de combler le fossé générationnel qui a cours dans sa discipline. 

Rachel Moret

«Je le fais pour les filles, nous sommes trop peu en Suisse à faire du ping-pong», déclare Rachel Moret, athlète suisse qui représentera le pays à l'épreuve de ping-pong des Jeux olympiques. Une première depuis les Jeux d'Atlanta, il y a vingt-cinq ans. 

Valentin Flauraud

Nous sommes à la fin du mois de juin. Dans la salle de tennis de table flambant neuve au sol rouge carmin de la Vaudoise Arena, Rachel Moret enchaîne les rencontres… avec les médias. Voilà plusieurs mois que la Morgienne n’avait pas mis un pied en Suisse. Son temps, elle le passe à Nîmes, où elle est sociétaire du club de la ville, «et, comme l’Occitanie s’est retrouvée sur la liste rouge de l’OFSP pendant un bon moment, je n’ai pas pu rentrer».

Cela fait vingt-cinq ans, depuis les Jeux d’Atlanta, que la Confédération n’a pas été représentée en tennis de table. Un rêve se réalise donc pour la pongiste, 87e au classement mondial, qui a dû passer par des épreuves de qualification particulièrement compliquées cette année. «Lorsque tout s’est arrêté en mars 2020, nous étions à deux semaines des qualifications, tout a été annulé, reporté et jusqu’au dernier moment nous n’étions pas au courant de comment allaient se passer ces épreuves.»

>> Lire également notre éditorial: Le sport, baromètre de l’état du monde

Outre l’organisation, la difficulté d’une qualification en individuel pour les JO réside aussi dans les quotas imposés par continent, soit six ou sept places seulement pour l’Europe. «Mais c’est fait, et aujourd’hui je suis particulièrement heureuse de représenter la Suisse. C’est aussi quelque chose que je fais pour les filles, nous sommes trop peu nombreuses à faire du ping-pong, il y a un trou générationnel immense. Celles qui me suivent au classement en Suisse ont 12 ans, les autres arrêtent car le niveau est assez bas en Suisse et, dès qu’elles commencent des matchs à l’international, elles enchaînent les défaites.»

C’est aussi l’histoire de Rachel Moret qui, après avoir tout raflé en Suisse, perd «pendant des années» mais ne se décourage pas. «J’étais tellement passionnée!» explique-t-elle. Cette passion, c’est celle qui a commencé tout à fait par hasard un jour d’été alors que la native de Préverenges, 13 ans à l’époque, était à la piscine avec sa mère. «Un tournoi était organisé, je n’en avais jamais vraiment fait à part dans mon jardin avec mon petit frère, j’ai voulu y participer et je l’ai gagné.» Récompense? Un abonnement d’un an au club de ping-pong de Morges!

>> A suivre l'épreuve olympique de tennis de table à partir du samedi 24 juillet.

Par Camille Pagella publié le 23.07.2021