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Prendre soin de sa peau en été, c’est essentiel

Sensible à la chaleur, à l’eau salée et aux UV, notre peau a besoin de soins quotidiens. Quelques conseils pour protéger sa peau, ainsi que pour découvrir quel phototype de peau est le vôtre et vous prémunir ainsi contre les risques de coup de soleil. 

Dossier santé peau

L'été est là et les baignades également. Cette semaine, «L'illustré» élabore un dossier qui explique comment protéger et prendre soin de sa peau. 

Getty Images/Cavan Images RF

Avec le soleil et les baignades, l’été n’est pas tendre avec notre peau. Cet organe est une barrière naturelle entre l’intérieur du corps et l’environnement extérieur. Elle demande notamment à être bien hydratée. Or le sel et le soleil favorisent son assèchement. Néfaste pour l’hydratation, la chaleur n’est également pas idéale pour son film de graisse protecteur. Sans parler des risques à long terme pour les cellules de notre peau que constituent le coup de soleil et une exposition trop forte aux rayons UV. Toute l’année, particulièrement en été, il faut prendre soin de sa peau. On vous explique pourquoi et on vous montre comment.

1. La peau, une barrière naturelle qu’il faut entretenir
Plus grand organe du corps, la peau est aussi un des plus résistants. Avec l’âge, sa capacité de régénération – l’épiderme se renouvelle en moyenne tous les 28 jours – se fait toutefois de moins en moins importante. A force de se répliquer, l’ADN se raccourcit. Quand une cellule meurt, il devient de plus en plus difficile de la remplacer. Au-delà de l’âge, la qualité et la vitalité de la peau dépendent aussi de facteurs internes et externes, car elle sert d’interface entre l’environnement extérieur et l’intérieur du corps.

«Au niveau du mode de vie, l’alimentation et le sommeil sont particulièrement importants pour la santé de cet organe, qui sert de barrière naturelle avec le monde extérieur», commente Olivier Clavel, pharmacien responsable de la Pharmacie populaire Grosclaude, à Genève. La fumée, en produisant de nombreux radicaux libres, mais aussi la consommation d’alcool et le stress accélèrent sa détérioration. En plus du mode de vie et de la génétique individuelle, la peau subit les agressions de facteurs externes, au premier rang desquels on compte le soleil et la pollution. «Une bonne hygiène de la peau commence par un nettoyage adéquat, explique Olivier Clavel. Hydrater le matin avec une crème, nourrir le soir, voire utiliser des produits dermocosmétiques, même légers, pour se débarrasser des composés agressifs comme l’oxyde d’azote, l’ozone ou le monoxyde de carbone, peut aider à entretenir la qualité de la peau.»

2. Sel et chaleur: quand la peau devient sèche et moins grasse
Une des fonctions les plus importantes de la peau est d’éviter que l’eau présente dans notre corps ne s’évapore. Elle utilise pour cela des molécules très imperméables, notamment la kératine et le sébum. En été, si on se baigne dans la mer, le sel peut conduire à amplifier le risque d’assèchement de la peau. «Pour conserver une bonne hydratation de la peau, il y a bien sûr les crèmes, remarque Olivier Clavel. Si on a tendance à avoir la peau sèche, il vaut mieux appliquer de la crème hydratante fréquemment, même en petite quantité. On peut aussi utiliser des vaporisateurs d’eau. Même s’ils sont assez chers et pas forcément écologiques, ces produits sont plus riches en sels minéraux que de l’eau classique. De plus, ils ont un effet apaisant et adoucissant sur la peau.»

Autre barrière naturelle à entretenir pendant les périodes d’été: le film hydrolipidique qui recouvre l’épiderme. Il est formé par du sébum et de la transpiration. Avec la chaleur, ce film protecteur peut être mis à rude épreuve. «Là encore, ajoute le pharmacien genevois, des crèmes, à base de beurre de karité, d’huiles végétales comme l’huile d’argan, de bourrache et d’amande douce, peuvent permettre de maintenir une couche de graisse efficace à la surface de la peau. Pour que celle-ci continue à nous protéger contre les agressions extérieures.»

3. Attendre que cela passe: le remède face au coup de soleil
Essentiel notamment pour la production de vitamine D et pour un bon réglage des horloges internes de veille et de sommeil, le soleil n’en est pas moins nocif pour la peau à trop haute dose. L’irradiation par les rayons UV provoque des changements complexes dans le fonctionnement des cellules de la peau et accélère son vieillissement. Un résultat visible d’une exposition excessive à sa lumière est le coup de soleil. Il apparaît généralement vingt-quatre heures après l’exposition. En plus de la sensation de brûlure, une cloque peut même apparaître. La réverbération de l’eau est par ailleurs un facteur de risque supplémentaire.

«Il n’existe pas de remède miracle pour faire passer la douleur, reconnaît Olivier Clavel. Il faut hydrater la brûlure. On peut également appliquer une lotion contenant des antioxydants avec un peu de cortisone ou un anesthésiant, si la douleur est trop intense. Mais pour que cela passe, il faut attendre et éviter de s’exposer de nouveau au soleil.» Si certains types de peau sont moins sujets aux coups de soleil et que des crèmes permettent de s’y préparer, il est toutefois recommandé de s’exposer progressivement au soleil et d’éviter de s’y montrer entre 11 et 16 heures. A noter que les nuages ne protègent que partiellement des rayons UV.

4. Les allergies au soleil, un mal mystérieux
Autre conséquence d’une exposition solaire, l’allergie au soleil se caractérise par l’apparition de petites taches rouges sur des zones bien localisées du corps, comme les bras et les jambes. Les mécanismes de l’allergie sont mystérieux. Elle touche généralement des parties du corps qui ne sont pas exposées au soleil pendant l’hiver et est, semble-t-il, plus fréquente chez les femmes. Généralement bénigne, elle peut durer plusieurs années puis disparaître. «Comme pour le coup de soleil, on peut hydrater la zone concernée et appliquer de surcroît un gel contenant un antiallergique, note Olivier Clavel, même si le seul remède efficace est d’éviter toute exposition au soleil.» Forme plus rare mais plus sévère, l’urticaire solaire forme des plaques rouges qui font penser – précisément – à de l’urticaire. La douleur est dans ce cas tellement intense qu’elle conduit à une visite médicale.

5. Cancers et mélanomes, les vrais risques
Près d’un Suisse sur trois va développer un cancer de la peau au cours de sa vie. Cela s’explique par le vieillissement de la population mais aussi par son niveau de vie, qui permet de voyager dans des pays très ensoleillés. Il existe de multiples formes de cancers de la peau. Ils se distinguent par le type de cellules cutanées qu’ils attaquent. Très grossièrement résumé, on parle de mélanome quand les mélanocytes, des cellules qui donnent leur couleur à notre peau, sont affectés. C’est la forme de cancer de la peau la plus grave. Même si des thérapies innovantes existent, le mélanome tue 300 personnes chaque année en Suisse. Si ce n’est pas le seul facteur en cause, une exposition trop grande au soleil joue un rôle important dans son développement.

Quand des cellules non liées à la pigmentation de la peau sont touchées, les spécialistes parlent de carcinome. Le plus répandu, lié au soleil, est le carcinome basocellulaire. Il se traite par chirurgie ou radiothérapie. Ces différentes formes de cancers, qu’il s’agisse du mélanome ou d’une autre forme de cancer, sont visuellement très difficiles à différencier. En cas de doute, surtout pour les mélanomes, on recommande de se faire dépister une fois par année à partir de 40 ans.


L’ABC des ultraviolets
 

On classifie les ultraviolets en trois catégories, selon leur longueur d’onde.

Les UV-A
Leur longueur d’onde est relativement longue. Les UV-A pénètrent les couches profondes de la peau et sont responsables de son vieillissement accéléré. Une exposition trop importante altère la structure de l’ADN et de protéines comme le collagène et l’élastine. Résultat: des rides, des taches brunes, une perte d’élasticité, etc.

Les UV-B
Ils ont une longueur d’onde moyenne, en partie bloquée par la couche d’ozone. Les UV-B ne vont pas au-delà des couches superficielles de la peau. Ils stimulent la production de mélanine, ce pigment à l’origine du bronzage. Mais ce sont eux qui provoquent les coups de soleil, une réaction inflammatoire de la peau à la suite d’une exposition trop importante.

Les UV-C
Ils ont une longueur d’onde courte et sont très nocifs. Ils sont heureusement bloqués par la couche d’ozone, qui nous protège.


Quel est votre profil de peau?
 

Pour respecter les besoins de sa peau en matière d’exposition solaire, il est bon de connaître son phototype. S’il existe en réalité une infinité de teints, l’échelle Fitzpatrick catégorise six grands types, en fonction de la couleur des yeux, des cheveux, de la peau ainsi que de sa sensibilité au soleil. Attention toutefois: même avec une peau foncée, on peut prendre des coups de soleil!

● Phototype 1 – Type celtique: peau très blanche, cheveux roux ou blonds, yeux bleus ou verts, taches de rousseur. Ces peaux ne bronzent jamais et rougissent systématiquement à chaque exposition.

● Phototype 2 – Type nordique: peau très claire, cheveux blonds, yeux clairs, parfois taches de rousseur. Le bronzage est difficile et la venue de coups de soleil très rapide.

● Phototype 3 – Type caucasien: peau blanche, cheveux blonds ou châtains, yeux clairs. Ces peaux bronzent progressivement mais ne sont pas à l’abri de fréquents coups de soleil.

● Phototype 4 – Type méditerranéen: peau mate et teint hâlé toute l’année, cheveux et yeux bruns. Ces peaux bronzent rapidement et craignent peu les coups de soleil.

● Phototype 5 – Type indien ou africain du Nord: peau brune, cheveux et yeux foncés. La pigmentation de ces peaux change peu au cours de l’année. La peau fonce rapidement et les coups de soleil sont rares.

● Phototype 6 – Type africain: peau noire ébène, cheveux et yeux noirs. Habituées au soleil, ces peaux le tolèrent bien si bien que les coups de soleil sont rarissimes, pour ne pas dire inexistants.

Par Elodie Lavigne publié le 23.07.2021