Aller au contenu principal
Publicité
© MAGALI GIRARDIN

«Pas question de ramener le virus en caserne»

Publié mercredi 22 avril 2020 à 08:31
.
Publié mercredi 22 avril 2020 à 08:31 
.
Il y a le coronavirus, mais il y a aussi toujours des feux à éteindre ou des inondations. Le Genevois Thibaud Humbert-Droz et ses collègues sont sur tous les fronts. Quatrième épisode de notre série sur «Les héros du quotidien».
Publicité

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il a toujours rêvé d’être pompier. A 26 ans, le Genevois a conscience de vivre du jamais-vu, comme le disent les anciens. On le retrouve dans sa caserne, à Genève, où le coronavirus a changé bien des habitudes. Au sol, des marques qui imposent la distance «afin de diminuer le nombre de personnes lors des repas, les civils ne mangent plus avec ceux en uniforme et on porte un masque dans les camions», explique ce garçon qui a entamé, après sa maturité, un apprentissage en mécanique, avant de réaliser son rêve. Il est d’autant plus fier aujourd’hui de porter cet uniforme. «Le plus bizarre, c’est de garder ces fameuses distances entre pompiers. On a tellement l’habitude de tout faire ensemble.»

Thibaud a choisi ce métier pour la variété des tâches et puis, surtout, pour être utile. Il y a deux semaines, avec ses camarades, il a sauvé une vieille dame restée prisonnière d’un appartement en feu. Car si le virus rôde, il y a toujours des incendies à éteindre, et le fait que la population soit confinée en permanence rend encore plus difficile la tâche des quelque 194 pompiers genevois lors des évacuations. Il faut encore plus d’hommes et de camions. Et, surtout, protéger et se protéger du virus. D’où le port systématique de gants, de masques et de lunettes. En présence de personnes qui ont des symptômes, il faut enfiler la combinaison de protection blanche. «Parfois, certaines personnes ont peur qu’on les touche, nous devons beaucoup rassurer.» Pas question de ramener le virus en caserne: «Nos vêtements sont mis dans des sacs hydrosolubles qui vont directement en machine.» Deux fois par jour, on désinfecte poignées de portes, barrières et glissières.

Les pompiers assistent également les ambulanciers lorsqu’il s’agit d’évacuer une personne par les façades. «Le plus dur pour moi, c’est de ne pas toujours savoir si la personne s’en est sortie, confie Thibaud. Ce sont des moments difficiles à vivre, mais il faut les accepter!»

>> Lire les trois premiers volets de la série:

- La pharmacienne de Courgenay (JU)
- Le boulanger de Courtételle (JU)
- La directrice d'un foyer pour femmes en détresse à Lausanne


Publicité
Publicité
Publicité

Newsletter L'Illustré Recevoir la newsletter L'Illustré