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© VALENTIN FLAURAUD

«La soutane passe avant la caravane»

Publié mercredi 27 mai 2020 à 10:39
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Publié mercredi 27 mai 2020 à 10:39 
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Dans le dixième volet de sa chronique «Huis clos», l'humoriste romand Thomas Wiesel est au taquet pour nous avertir que le Conseil fédéral va nous prévenir qu'il va annoncer qu'il avait dévoilé ce qu'il allait dire... ou l'inverse. Bref.
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Mercredi 27 mai, le Conseil fédéral a annoncé l’ensemble des mesures qui seraient en vigueur à partir du 8 juin, dernière étape parmi les trois du fameux plan «lentement mais sûrement mais un peu vite, sans trop se presser mais quand même la moindre» d’Alain Berset.

 

Sauf que le mercredi d’avant, il y avait aussi une conférence de presse, dans laquelle le Conseil fédéral avait annoncé… qu’ils allaient annoncer la semaine suivante ce qu’il allait se passer la semaine d’après. Si quelqu’un vous demande d’expliquer ce qu’est la gestion à la suisse, ce serait un bon exemple pour commencer. Même en situation d’urgence, il y a des étapes, on avertit qu’on va avertir qu’on va bientôt peut-être faire quelque chose. Il faut quand même qu’on ait le temps de se préparer.

Et du coup, quand on se détourne du plan qu’on avait annoncé qu’on allait annoncer, forcément, ça fait des remous. Dans la même conférence de presse où ils ont annoncé qu’ils n’allaient rien annoncer avant une semaine, Alain Berset a quand même annoncé que les lieux de culte pouvaient rouvrir dès le 28 mai, sans que personne comprenne vraiment pourquoi. Sans doute voulait-il pouvoir aller prier que tout se passe bien cet été, et que la deuxième vague se fasse autant attendre que le titre de champion de Suisse de Fribourg-Gottéron. Ou il a peut-être vu les images de ce prêtre américain bénissant les fidèles avec un pistolet à eau, et il a eu pitié pour le clergé.

 

Je trouve pour ma part que c’est une excellente nouvelle. Bien qu’athée, j’ai décidé de m’acheter une soutane et de reprendre ma tournée de spectacles, qui auront exceptionnellement lieu les dimanches matin dans une paroisse près de chez vous. Entrée libre, sortie payante, mettez ce que vous voulez dans le tronc, le Seigneur vous le rendra, et mon manager vous remercie.

D’autres domaines sont moins enthousiastes, se sentant injustement pénalisés par rapport aux lieux ayant pu rouvrir. C’est le cas des zoos, ou des campings, qui voulaient capitaliser sur les deux week-ends prolongés où nous devons rester en Suisse pour tenter d’amorcer la reprise. Mais on n’est pas Hollandais, le camping-car n’est pas un lieu sacré, et ils devront patienter. Pourtant, dans une tente, on met moins de cinq personnes, en tout cas quand c’est moi qui la monte, parce que le résultat ne ressemble jamais à la photo. Tandis qu’en religion, rien qu’avec le Messie et son entourage en pack de douze, heureusement qu’il y avait pas de mesures de distance sociale en Judée. Le miracle de la multiplication des PV aurait moins fait parler de lui.

 

Quant aux zoos, si vous ne pouvez pas tenir jusqu’au 8 juin et devez absolument observer des animaux en cage, une solution de rechange existe: regardez-vous et votre famille dans le miroir.

Je vous laisse, il faut que j’écoute le Conseil fédéral annoncer la date à laquelle il nous informera du moment où aura lieu la conférence de presse qui détaillera la date à laquelle les salles pourront de nouveau être pleines. Je sais pas si ça se sent, mais j’ai hâte, je serai au taquet, avec ma soutane et mon cervelas grillé au bout d’une branche.

>> Lire la chronique de la semaine dernière: «Moi je veux bien aller à l'école»

>> Lire aussi l'interview de Thomas Wiesel: «J'ai adopté un rythme de vie plus serein»


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