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© DARRIN VANSELOW

«On a couru comme des fous pour servir les gens»

Publié mercredi 6 mai 2020 à 08:31
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Publié mercredi 6 mai 2020 à 08:31 
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A la tête d’une petite entreprise de transport, le Vaudois Marc Dufey a fait face à un rythme de travail frénétique. Mais aussi aux plaintes du voisinage. Sixième épisode de notre série sur «Les héros du quotidien».
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La langue de bois, Marc Dufey ne connaît pas. Il y a quelques semaines, ce chauffeur à la tête d’une entreprise de camions a poussé un coup de gueule sur Facebook, dénonçant «l’hypocrisie» et la «stupidité» des gens. La raison de son ire: les plaintes pour nuisances sonores relayées par la commune d’Oron-le-Châtel où se trouve le dépôt de ses véhicules, et qui l’ont «profondément blessé». C’était au cœur de la crise. Sa dizaine de camions tournait avec une «cadence titanesque», lors de journées commençant à 4 heures et se terminant à 22 heures. Alors, face à ces riverains qui se plaignaient d’entendre tourner le moteur ou le vrombissement d’un Kärcher, il a vu rouge.

Quand nous l’interviewons, ce trentenaire de Palézieux se montre sympathique. Et garde son franc-parler. L’hiver, explique-t-il, son entreprise fait beaucoup de salage et de déblaiement de routes cantonales. En temps normal, beaucoup d’agroalimentaire, de l’eau en bouteilles aussi. Depuis le 8 mars, face à la ruée sur les produits alimentaires, lui et son équipe sont allés à la rescousse des Migros et Coop, faisant les va-et-vient entre les centrales d’approvisionnement et les filiales avec des camions tournant «jour et nuit». «Charger à Moudon pour aller en Suisse alémanique et revenir, jamais à vide, par exemple avec des caisses ou des emballages des entrepôts de Bischofszell (TG)… Des pizzas, des raviolis, des pâtes… On courait partout comme des fous pour approvisionner les gens, alors ceux qui se plaignent parce qu’un gars rentré à 4 heures du matin a passé un coup de jet sur son véhicule, ça fait mal.»

Depuis, le rythme s’est gentiment calmé. Marc Dufey préfère «tirer [son] chapeau» à ceux qui ont œuvré au sein même des entrepôts des grandes enseignes. «C’était une logistique de folie. En plus, ils sont super, ils nous ont donné du gel hydroalcoolique quand on n’en trouvait pas.» Il a été consolé par les nombreux messages reçus sur Facebook et au-delà, y compris du chef du Département vaudois de l’économie, Philippe Leuba, qui lui a manifesté son soutien.

>> Lire les cinq premiers volets de la série:

- L'infirmière indépendante vaudoise
- Le pompier de Genève
- La pharmacienne de Courgenay (JU)
- Le boulanger de Courtételle (JU)
- La directrice d'un foyer pour femmes en détresse à Lausanne

>> A voir aussi, la vidéo de «Manon, coursière à vélo entre mondes confinés»:


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