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L'éditorial

Une génération décomplexée aux JO

Notre journaliste Christian Rappaz revient sur les triomphes olympiques des athlètes suisses. Une «génération décomplexée» vient tordre le coup à l'histoire. 

JO

Une joyeuse bande de filles et de garçons en or qui nous font lever la nuit et chauffer la touche «replay» avec, en prime, du bonheur et des larmes, alors qu’on pensait suivre ces JO présumés au rabais d’un œil distrait, écrit notre journaliste. 

Ennio Leanza/Keystone

Douze médailles à l’heure d’écrire ces lignes, quatorze, quinze ou plus, peut-être, au moment où vous les lirez. Avec le vent d’euphorie qui souffle sur la délégation helvétique au pays du Soleil levant, qui sait si nos athlètes, cavaliers, beach-volleyeuses, golfeuses ou cyclistes sur piste ne feront pas exploser les compteurs cette semaine? Lorsque la confiance s’allie à l’ambition, tous les rêves sont permis. Une leçon dont se souviendra Swiss Olympic, qui évaluait la moisson de ses champion·ne·s à sept breloques. La légendaire modestie suisse, sans doute. A moins que nos dirigeants n’aient pas vu venir cette génération totalement décomplexée et désormais prête à en découdre avec les meilleur·e·s.

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Car, s’il y a déjà un enseignement à tirer de ces joutes nipponnes, c’est bien celui-là. L’époque où nos représentant·e·s jouaient petit bras et se contentaient d’accessits est révolue. Les footballeurs l’ont démontré lors de l’Euro, nos athlètes le confirment un mois plus tard. Les succès remportés par Jérémy Desplanches et Noè Ponti en natation et l’extraordinaire performance signée par Ajla Del Ponte et Mujinga Kambudji sur 100 m, des disciplines où l’on n’avait jamais eu voix au chapitre auparavant, en sont les preuves les plus éclatantes.

Une joyeuse bande de filles et de garçons en or qui nous font lever la nuit et chauffer la touche «replay» avec, en prime, du bonheur et des larmes, alors qu’on pensait suivre ces JO présumés au rabais d’un œil distrait. Des filles survoltées qui démontrent que, à conditions d’entraînement et d’encadrement égales, elles sont capables d’écraser la concurrence masculine.

Il y a une semaine, dans nos colonnes, la musicienne Estelle Revaz et la conseillère nationale Céline Amaudruz déclaraient à l’unisson qu’aimer son pays, c’est le faire rayonner à l’étranger. Autant dire que Nina, Belinda, Viktorija, Nikita, Jolanda, Jérémy, Noè, Mathias, Sina, Linda et Marlen ont glorieusement rempli leur mission et donné une belle preuve d’amour.

Par Christian Rappaz publié le 04.08.2021